Haïti / Qualité de l'eau

L'eau, vecteur de maladies

En Haïti, 4.000. 000 milions de personnes n'ont pas accès à l'eau potable et 80% des maladies sont d'origines hydrofécales, selon un rapport de l'Organisation Panaméricaine de Santé (OPS)...

Publié le 2005-04-06 | Le Nouvelliste

Sans détour, la relation entre la consommation d'eaux infestées par les déjections animales, humaines et autres sources de contaminations et les problèmes de santé publique, est établie lorsque l'on considère que 4.000.000 de compatriotes n'ont pas accès à l'eau et les origines hydrofécales d'environ 80% des maladies rencontrées. En effet,lorsque l'eau est souillée ou infestée d'organismes pathogènes, elle devient meurtrière. Etant le vecteur de virus, de parasites et de toutes sortes de bactéries, elle provoque de terribles maladies comme la poliomyélite, l'hépatite virale. Les plus répandues et les plus meurtrières restent les maladies diarrhéiques (gastro-intestinales comme la dysentrie, le choléra). S'il faut remercier le ciel de l'absence pour le moment du bacille vibrio cholerae, identifié par Robert Koch en 1883, responsable du choléra, les diarrhées et la thyphoïde restent en Haïti des maladies endémiques. Et ce en dépit de différentes campagnes de sensibilisation menées depuis plusieurs décennies sur l'eau, sa qualité et sa consommation. Si, dans certaines régions du pays, le problème d'accès à l'eau potable est plus criante, dans d'autres, son accessibilité ne garantit pas forcément sa qualité. Dans cette catégorie, se retrouve la zone métopolitaine. Mais, au fait, quels sont les critères d'évaluation de la qualité de l'eau? Dans les manuels de science et d'hygiène, on savait lire que l'eau, pour être potable, devait être inodore et incolore. Aujourd'hui, les critères sont plus exigents. Pour qualifier une eau de potable, elle doit avoir subi avec succès des analyses physico-chimiques et bactériologiques. Avec le temps, les techniques de traitement de l'eau évoluent. Les traitements classiques consistant à la clarification, à la décantation puis à l'affinage, avec l'utilisation de l'ozone, font place à des techniques plus poussées utilisant des bassins contenant de l'air pressurisé. En Haïti, le traitement de l'eau fort souvent se fait par des procédés physico-chimiques. Les autres techniques répresentant des coûts financiers assez élevés pour le budget des institutions qui exploitent l'eau telles que la CAMEP. L'utilisation du chlore à des proportions bien évaluées est une bonne alternative, apprend-on. Par ailleurs, pourquoi la zone métropolitaine se trouve dans la catégorie des régions dont l'accès à un minimun de service en eau n'implique pas forcément des garanties de qualité? Les besoins en eau de la zone métropolitaine sont couvert à 48% par la CAMEP. Pour le reste, les riverains se débrouillent comme ils le peuvent pour avoir accès à l'eau dont l'utilisation est indispensable à la vie. Toutefois, la qualité de l'eau de la CAMEP et de camions-citernes est très décriée, surtout pour la boisson. En effet, dans nombre de quartiers, des équipements de traitement de l'eau par osmose inverse font leur apparition depuis environ trois ans afin de partager un marché très large et pas obligatoirement bien exploité. Selon des experts en hydraulique et en assainissement, le déficit de qualité de l'eau de la CAMEP est surtout due à la vétusté des réseaux d'adduction. Et à un degré peut-être moindre, mais non négligeable, à la contamination systématique des sources et de la nappe phréatique de la plaine du Cul-de-Sac dont la compagnie puise 30% de sa production journalière ,soit 22.7 à 30.000 m3 d'eau. S'agisant de la contamination de la nappe de la plaine par infiltration,les effets des latrines, des industries qui déversent de l'eau usée de manière sauvage, des garages et en dernier ressort la décharge publique de Truitier, sont très nocifs. D'un autre coté, un autre ingénieur hydraulique et militant vert dans l'âme regrette le fait qu'aucune étude n'aie été effectuée avant d'installer la décharge publique dans le périmètre de la nappe. Une décharge recevant en moyenne 12.271,31 m3 de détritus par quinzaine de jours venant des communes de Delmas et de Port-au-Prince. Soulignons que les chiffres concernant Carrefour, Pétion -ville et Croix -des - Bouquets n'étaient pas encore disponibles au moment où nous avons rencontré un jeune ingénieur de la section DPO du SMCRS. Interrogé sur les risques de contamination que la décharge de Truittier pouvait avoir sur la nappe de la plaine du Cul-de-Sac, ce dernier a souligné que le SMCRS, comme le sigle l'indique, est un service de collecte de résidus solides. Pour le traitement, on devrait s'adresser au ministère de l'Environnement, a- t-il indiqué. Si ce jeune ingénieur a communiqué ces donnés dans le respect du principe de tranparence devant régir le fonctionnement des institutions et les services publics, son intervention a permis de mettre en lumière l'absence de passerelles, de courroie de transmission entre des services tels que la CAMEP,le Service national des ressources en eau SNRE, du SMCRS et en dernier lieu le ministère de l'Evironnement. Entre-temps, les importants dysfonctionnements de ces services, symptomatiques d'un Etat qui passe à coté de sa mission élémentaire consistant à oeuvrer au bien-être des citoyens et citoyennes, n'augure aucune amélioration dans la gestion des ressources en eau et de leur qualité. Pendant longtemps encore, on devra s'habituer à la "gestion" en catastrophe d'épidémies de diarrhée , de typhoïde. Du reste, Dieu merci que le choléra épargne Haïti. On se remet au miracle ,à la providence. N'est-ce pas... Roberson Alphonse ------ Références bibliographiques -L'eau source de vie, source de conflits Le marchand(Véronique) Edition Milan,2003,63 pages. -Situation du secteur Eau Potable Assainissement(WASAMS) 2002 OPS/OMS.
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