Forte baisse de recettes pétrolières

Publié le 2017-04-07 | Le Nouvelliste

Les recettes pétrolières de l’État haïtien ont considérablement baissé. Pour les six premiers mois de l’exercice, d’octobre 2016 à mars 2017, ces recettes ont été de l’ordre de 658 463 637,19 gourdes. Ces recettes semestrielles sont par exemple en deçà des rentrées d’un seul mois, octobre 2015, soit 827 882 922, 22 gourdes, selon des données statistiques de l’Administration générale des douanes auxquelles le journal a eu accès. La saignée est importante au point que, pour les mois de février et mars 2017, les recettes pétrolières sont respectivement de 28 895 736, 38 gourdes et 22 618 518, 19 gourdes. Pour ces mêmes mois, en 2016, en février, les recettes pétrolières étaient de 963 424 730, 00 et de 850 767 727, 00 gourdes. « La situation, au bout du compte, est intenable pour le Trésor », a confié, off the record, une source au ministère de l’Économie et des Finances. Avant cette période difficile, chaque mois, les recettes pétrolières étaient entre 900 000 000 et 1 000 000 000 de gourdes et plus. Ces recettes représentaient autour de 1/6 des ressources internes du budget de la République avant ces temps de difficultés. Au début de l’administration Martelly, le change est passé de 40 à 42 gourdes pour un dollar à 70 gourdes pour un dollar aujourd hui, et après une période de baisse, le cours du pétrole s’est quelque peu apprécié sur le marché international. Le non-ajustement à la hausse de prix à la pompe est une forme de subvention donnée par l’État aux consommateurs. Grosso modo, l’État subventionne à hauteur de 75 gourdes chaque consommateur qui achète un gallon d’essence. Ce ne sont pas les malheureux qui bénéficient de cette subvention, a soutenu cette source. « Il faut faire en sorte de mitiger le coût du transport pour les couches défavorisées », a-t-elle indiqué. Le statu quo, susceptible de creuser encore plus de déficit budgétaire, aura des « effets terriblement inflationnistes », a-t-elle souligné. Un choix à faire Si l’État persiste à dépenser ce qu’il n’a pas et à subventionner les produits pétroliers, c’est la BRH qui va financer le déficit. Cela va alimenter les pressions inflationnistes dans l’économie, a confié l’économiste Kesner Pharel, P.D.G. de Group Croissance. Il y a des choix à faire entre augmenter les prix de l’essence, diminuer la subvention et prendre l’inflation à travers la dépréciation de la gourde par rapport au dollar. On ne peut pas subventionner et garder le même niveau du dollar par rapport à la gourde, a-t-il dit, soulignant que l’État a été bien obligé de revoir ses pressions de recettes internes à la baisse, en dessous des 60 milliards, après avoir tablé en début d’exercice sur 75 milliards. Moins de ressources domestiques, la baisse de l’aide externe, l’indisponibilité des niveaux de crédits jadis importants de PetroCaribe impliquent moins de services, a indiqué Kesner Pharel, qui attend toujours les grandes orientations, les chiffres après le discours du 7 février du président Jovenel Moïse, après la déclaration de politique générale, après la feuille du route du ministère de l’Économie et des Finances. Le Trésor, le prix de la paresse Pour l’économiste Jean-Claude Paulvin, l’État a eu tort de ne pas laisser appliquer le décret de 1995, mis en application en 2005 pour augmenter les prix de l’essence quand le cours est à la hausse sur le marché international et baisser le prix de ce produit quand le cours est à la baisse. Il a tancé le MEF. Il aurait fallu que le Trésor mît en place la discrimination favorable aux petites bourses. Les gens du Trésor sont trop paresseux parce qu’ils n’ont pas mis en place un système pour collecter là où ils doivent collecter et subventionner là où ils doivent subventionner. Quelqu’un qui roule une BMW, une Land Cruiser n’a pas besoin d’une subvention. Il peut payer son essence, a indiqué Jean-Claude Paulvin. « Le gouvernement n’a pas pris le temps de mettre en place un programme discriminatoire, il pénalise tout le monde et perd de l’argent », a insisté l’économiste. Contre la hausse... « Nous sommes contre la hausse des prix de l’essence », a indiqué Duclos Bénisoit, coordonnateur général de la Plateforme des syndicats nationaux (FIDEL), affiliée au mouvement des transporteurs haïtiens. Le syndicaliste veut qu’on lui explique le bien-fondé de cette situation, susceptible,a-t-il dit, d’affecter la population. Le président Jovenel Moïse a fait ses promesses en pensant monter les prix de l’essence à la pompe, a dit Duclos Bénisoit, affirmant que des émissaires de Jovenel Moïse avaient approché le président provisoire Jocelerme Privert en vue de réviser à la hausse le prix de l’essence avant de laisser le pouvoir. Duclos Bénisoit a dénoncé des réunions avec des syndicalistes autour de l’augmentation des prix de l’essence.
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