MINUSTAH/Ex-FAD'H/Affrontement

Quatre morts et douze blessés : Un bilan sujet à suspicion

Publié le 2005-03-21 | Le Nouvelliste

Des informations contradictoires circulent autour de la double opération menée par la MINUSTAH à Petit-Goâve et à Terre-Rouge au cours de laquelle deux (2) soldats Onusiens et deux (2) militaires démobilisés haïtiens ont été tués selon le bilan officiel présenté ce lundi 21 mars 2005 par les responsables de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti. Selon Damian Onses-Cardona, porte-parole de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), l'opération a été décidée « à la demande du gouvernement haïtien ». « Un soldat de la MINUSTAH appartement au contingent Sri Lankais a été tué à Petit-Goâve et un autre du contingent népalais a été tué à Terre-Rouge au cours d'échanges de tirs avec des militaires démobilisés », ont précisé des responsables onusiens à Port-au-Prince au cours d'une conférence de presse ce lundi. Le Sri Lankais répond au nom de Wjesingha H. M. et le Népalais s'appele Moha Singeh Kga. Ma. Ils avaient tous deux (2) le grade de caporal, précise le colonel marocain Boulbars Elouefi qui retraçait pour la presse le film des événements. Le porte-parole de la MINUSTAH, Damian Onses-Cardona, et le colonel marocain, Boulbars Elouefi, ont présenté, au cours de cette conférence de presse, une version de cette double opération et établi le bilan qui se chiffre officiellement à quatre (4) tués dont un Népalais et un Sri Lankais. « Il est toujours difficile d'annoncer la mort de quelqu'un qui a laissé sa vie loin de chez lui », a lancé d'entrée de jeu le porte-parole de la MINUSTAH qui a demandé aux journalistes d'observer une minute de recueillement à la mémoire des soldats étrangers tués au cours de cette double opération. Selon le bilan officiel présenté par le colonel marocain, Boulbars Elouefi, les deux (2) opérations ont fait au total quatre (4) morts et douze (12) blessés. On dénombre également trente-sept (37) arrestations dans les rangs des militaires démobilisés. Parmi les blessés civils, on relève un journaliste de 26 ans. Six (6) parmi les évadés du 19 février 2005 de la Prison civile de Port-au-Prince sont parmi les militires démobilisés capturés à Petit-Goâve, précisent les conférenciers. Tous les blessés en état de recevoir des soins ont été transportés d'urgence par voie aérienne à Port-au-Prince. Six (6) fusils, deux pistolets, un (1) Uzi et deux (2) pistolets de fabrication locale communément appelés ''zam kreyòl'', cinq appareils de communication de la marque Motorola et trois (3) téléphones portables ont été confisqués au cours de cette opération meurtrière qui a eu lieu en l'absence du représentant spécial des Nations Unies en Haïti, l'ambassadeur chilien Juan Gabriel Vades. Ce dernier qui est actuellement à New York a adressé ses condéances aux parents des soldats victimes, a fait savoir M. Cordona. Tous les militaires démobilisés capturés dans le cadre de cettte opération l'ont été à Petit-Goâve. Aucune arrrestation n'a été enregistrée dans les rangs des militaires démolisés de Terre-Rouge, ont fait remarquer les responsables onusiens. Les militaires démobilisés de Terre-Rouge ont pu disparaître dans la nature avec leurs armes mais des dispositions sont prises pour empêcher qu'ils reviennent à Terre-Rouge. D'ailleurs, ils seront traqués jusque dans leur retranchement, si l'on doit croire sur parole les conférenciers du jour. Après cette ''importante'' opération, Petit-Goâve qui était jusque-là sous le contrôle des militaires démobilisés depuis la prise du commissariat de police de cette ville dans la nuit du 29 au 30 août 2004, a été restituée aux forces de l'ordre et ce sont des policiers haïtiens qui occupent actuellemnt le commissariat de police de Petit-Goâve, affirme M. Cardona. Le sous-commissariat de police de la localité de Terre-Rouge situé non loin de Mirebalais sera bientôt remis à la police, a poursuivi le porte-parole de la MINUSTAH. Le colonel Boulbars Elouefi affirme que les troupes de la MINUSTAH ont, à plusieurs reprises, sommé les militaires démobilisés à Petit-Goâve de déposer les armes. Mais ils n'ont pas optempéré et ont préféré tirer sur les soldats Onusiens. A partir du moment où l'on commençait à compter mort et blessés dans les rangs de la force internationale, ils ont riposté. A Terre-Rouge, deux (2) patrouilles de la mission ont été prises en chasse par les anciens soldats démobilisés. Les combats ont duré plusieurs heures. Jusqu'à ce lundi matin, les fusillades se sont poursuivies à Terre-Rouge, a souligné M. Cardona au cours de cette conférence de presse. D'un autre côté, en ce qui concerne le commandant autoproclamé des militaires démobilisés, Ravix Rémissainthe, Damian Onses-Cardona affirme que ce dernier est un danger et une menace à la sécurité du pays. Les militaires démibilisés de Terre-Rouge ont tous replié avec leurs armes. Des dispositions seront prises et le contrôle sera renforcé au niveau de la frontière haïtiano-dominicaine pour éviter qu'ils se rendent de l'autre côté de l'île, affirme M.Cardona. M. Cardona a fait remarquer que cette opération n'est pas une guerre lancée contre les ''anciens militaires''. Ce serait plutôt un message lancé à tous les ''groupes illégalement armés'' opérant en Haïti. Interrogé autour de l'évolution de la situation dans d'autres régions du pays comme le Bel-Air à Port-au-Prince, le porte-parole de la MINUSTASH a fait remarquer qu'une nette améliration a été enregistrée ces derniers jours. Cette zone qui était depuis le 30 septembre 2004 un ''no man's land'' est petit à petit fréquentée par des piétons et des véhicules de transport en commun, a fait remarquer le responsable Onusien. « Moi, dernièrement, j'ai été en voiture au Bel-Air. Et ma voiture n'est pas un blindé », a tenu à préciser le responsable. Parallèlement des informations contradictoires émanant de correspondants de presse locaux laissent croire que le bilan serait plus lourd que celui présenté par les conférenciers de la MINUSTAH. Selon des témoignages du correspondant de Radio Galaxie à Petit-Goâve, des membres de la population civile seraient parmi les victimes. Un envoyé spécial de cette station à Terre-Rouge a également rapporté d'autres cas où des civils seraient victimes. Parmi eux, l'un d'eux a succombé à ses blessures au sous-commissariat de la localité, a rapporté Radio Galaxie. Toutefois, les responsables Onusiens n'en démordent pas et campent derrière le bilan qu'ils ont préalablement présenté. Après cette double opération, le chef des militaires démobilisés dans le Plateau central, le sergent Joseph Jean-Baptiste, a demandé à ses frères d'armes de pratiquer la guerilla contre les soldats de la MINUSTAH qu'il accuse de s'adonner à la guerre en lieu et place de leur mission de stabilisation en Haïti.
Samuel Baucicaut samuelbaucicaut@lenouvelliste.com Auteur

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