Dits et non dits

Publié le 2005-02-11 | Le Nouvelliste

Latortue au Carnaval 2005 Il était dans son élément, notre Tortue dans le cortège carnavalesque où la lenteur est de mise, où une tempête d'applaudissements couvraient sa voix, quand, aux micros de nos médias, il exposait les raisons de sa présence inattendue parmi cette foule bigarrée et de confessions politiques diverses. Capitaine courageux a bien savouré son triomphe, une victoire d'autant plus remarquable qu'on était loin de s'y attendre... Tout est donc bien qui finit bien surtout que peu après ce défilé ministériel, les langues se déliaient sur les balles qui sifflaient sur le parcours carnavalesque, en provenance du quartier chaud de Bel-Air. Et alors on s'interroge : un Premier ministre, investi même en tandem de la délicate charge de conduire son pays à bon port, peut-il se permettre de risquer sa vie en pleine période d'insécurité où la mort rode et frappe sans choisir ses victimes ? Que serait-il arrivé si une «balle marron» mettait fin à ses jours ? Nos alliés qui nous prêtent une main secourable dans tous les domaines, accorderaient-ils la même confiance à son remplaçant ? Dans l'affirmative, pareil contre-temps ne serait-il pas de nature à occasionner un long retard dans l'exécution d'un plan en pleine phase d'exécution ? Autant de questions qui portent à réfléchir et qui nous inclinent à nous étendre sur la personnalité de ce touche-à-tout génial qui a déjà tâté du cinéma sans se convaincre aujourd'hui que le septième art n'est pas la vie réelle où le sang n'est pas la sauce de tomate et les balles tirées à blanc... Sois gentil Gégé, ne recommence plus. Carnaval échec cuisant ? Malgré toutes les précautions prises par le gouvernement pour éviter des règlements de compte au Carnaval, cette grande fête populaire a failli se révéler un fiasco. Elle le serait à moins. Quand trois des plus grandes banques haïtiennes (voir Les Dits du 9/2/05) ne cotisent que 500 dollars haïtiens par banque l'équivalent de 65 US, le torpillage saute aux yeux et tous les déhanchements de ce bon vieux peuple ne peuvent faire oublier que certaines forces occultes règlent leurs comptes à ce malheureux pays. Qu'on le veuille ou non , en effet, le Carnaval représentait, avec le football, deux valeurs sûres de la tradition haïtienne. Voir s'effondrer ces valeurs avec un score de 6 à 0 pour Haïti et des stands quasi-vides au Carnaval 2005 n'est pas de nature à nous réjouir... Vous me rétorquerez que les tirs de la soirée de lundi avaient jeté une certaine panique parmi les bandes. Raison peu valable dans la mesure où les précédents carnavals avaient aussi connu des tirs d'armes automatiques sans réduire le nombre des participants. Nous avons cru aussi que les forces de l'ordre n'étaient peut-être pas aussi présentes qu'on l'espérait. Elles étaient en nombre suffisant pour prévenir tous désordres. Aussi faut-il féliciter l'Etat dont les Banques et les Départements ministériels ont fait bonne figure à ce Carnaval, ainsi que CAM, Société de transfert, sans oublier l'irréductible «Comme Il Faut» qui n'ont pas ménagé leurs efforts pour sauver ce carnaval d'un échec cuisant... sans compter le clou du dimanche gras consistant en la présence du Premier ministre dans le cortège. Le nouveau ministre de l'Intérieur : Georges Moïse Notre seule consolation à l'annulation de la nomination de notre ami d'enfance Michel Bernadin au Ministère de l'Intérieur demeure la désignation à ce poste d'un autre ami gonaïvien, M. Georges Moïse, dont le père Stephen Moïse me tenait lieu de père adoptif jusqu'à sa mort.... J'ai connu Stephen durant un séjour aux Gonaïves dans les années 40 où je me rendais à la cité de l'Indépendance pour la promotion de mes livres : Ce que chantent les vagues, Pétales de roses, etc. Trois personnalités gonaïviennes amies de mon grand-père se disputaient l'honneur d'héberger le petit-fils de leur ami borgnelais Georges Bennett : St-Rémy, Antoine Geffrard et Stephen Moïse... Ma préférence alla plutôt à Stephen Moïse dont la passion littéraire me paraissait convenir plus que les autres férus de commerce... Et c'est la photo du nouveau ministre de l'Intérieur, Georges Moïse, parue en première page de «Le Matin» du 9 fév. 2005, «tête coupée» de son père qui réveilla ces souvenirs vieux d'un demi-siècle. Mon départ d'Haïti et nos nombreuses occupations ne nous permirent pas de fréquentes rencontres, mais dès que l'occasion se présente, nous prenons plaisir à évoquer la silhouette de ce grand haïtien qui était notre père à tous deux. Mains blanches de riz En France, tout finit, dit-on, par des chansons. En Haïti aussi où tout survit par des jeux de mots, ces «grues métaphysiques» pour reprendre l'expression de Lafargue. Ainsi après « Le riz assassiné» une expression utilisée dans «Les Dits» pour évoquer le rôle de l'âne de la fable joué par notre ami Sassine, c'est notre confrère Haïti Progrès qui se découvre, depuis longtemps d'ailleurs, un sens très poussé de l'ironie et de l'humour en évoquant ces «mains blanches de riz» avant de s'étonner de toutes ces révocations. Issa Saieh sur Kiskeya Nous souhaiterions que Lilianne reprenne cet entretien (du dim. 6/2/05) avec l'artiste aux dons multiples qu'était Issa Saieh, déjà parti pour l'au-delà. Ce personnage haut en couleurs, un tantinet mégalomane et dans l'ensemble très génial, ce passionné, amateur de peinture et de musique, qui a côtoyé les plus grands, demeure l'un plus connus des levantins de notre pays qui l'aimait bien et lui vouait un culte à la mesure de son étourdissante faconde : A Papa Doc qui l'a fait enfermer un mois à Fort-Dimanche, il demeure, dit-il, reconnaissant pour le régime amaigrissant de ce cachot qui lui a fait perdre 36 livres, un exploit que son médecin traitant Jenny Craig n'a pu accomplir... Et quant à son copain Graham Green, l'auteur de «Les Comédiens» - ceci expliquant peut-être cela - qu'il avait accepté d'accompagner dans un bordel de Carrefour, sans doute à l'idée d'une enquête sur les maisons closes, le grand écrivain prit tout simplement, bras dessus bras dessous avec une pute dominicaine, la direction de la chambre... Le Sida n'était pas encore à la mode car Green aurait écrit plus tôt son roman «Pour qui sonne le glas»... Compte tenu de tous ces dons de l'artiste Issa Saieh et de son amour de son pays, pourquoi ne pas accéder à son souhait qu'une rue du pays - pourquoi pas Petit-Goâve où il a pris naissance - porte son nom ? Après tout, Saieh-Ville ne sonnerait-elle pas mieux que Petit-Goâve ? Et n'est-il pas avec Lilianne P. Paul parmi les plus célèbres des Petits-goâviens ? Au pays des plus vieux Papys et Mammies Notre article sur les gens les plus âgés du monde qui se recrutent parmi les Haïtiens et échappent au Guiness des records, d'après une enquêteuse américaine, a été lu par M. Cléogène Pierre originaire de Boucan Michel - section du Borgne, ma ville natale. Ce concitadin m'apprend que son grand-père Fleurinord Fleuridor est encore vert malgré ses 110 ans bien sonnés. Rappelons que la liste de nos mathusalem s'établit ainsi, d'après l'enquêteuse américaine : 1er Grann Yaya léogânaise 132 ans, Omelvil Madon Jacmel 125 ans, Canus Auguste 124 ans ( en l'an 2000) et bien sur le nouvel impétrant Fleurinord Fleuridor (110 ans). Pardon Grann Yaya pour avoir révélé ton âge car si une femme qui dit son âge est capable de tout dire, celui ou celle qui le propage mérite l'ablation de sa langue. La bicyclette la plus rapide C'est celle, enfourchée par Sam Whitting Ram Canada, qui a atteint la vitesse de 81 mille par heure (13 Kms heure) sur sa bécane «Varona Diabolo» le 5 octobre 2002. Souvenirs du tan lontan Au moment où nous fêtons le carnaval sous le thème «Dantanm se kinanm» (une ineptie) voici des anecdotes caractéristiques de cette incroyable période : «M. Millet succombera des suites d'un attentat criminel qui visait son bon ami M. Edmond Mangonès, alors maire de Port-au-Prince en 1921. M. Millet adversaire résolu de l'occupation américaine de son pays avait été atteint au foie, il refusa de se faire soigner à l'hôpital des Américains et il mourut chez lui dans d'atroces souffrances, huit jours après l'attentat... Port-au-Prince disposait de l'Electricité depuis 1910. Maurice Sam, fils de Villebrun qui avait ordonné le massacre de 1915 à la prison de Port-au-Prince, épousera la fille du rescapé Louis Saint-Surin Zéphyrin. Si je ne me trompe, notre Premier Ministre Latortue a aussi épousé la petite-fille de ce grand sénateur du Nord. (Inform. Tirées en partie du 2e Tome de «Debout les morts» de Georges Michel). Drôles de navigateurs Le temps le plus long passé à la dérive sur mer est d'environ 487 jours par le capitaine japonais Oguri Jukichi et un de ses marins, Otokichi. Leur bateau a été endommagé au cours d'un orage sur les côtes japonaises en octobre 1813 et ils dérivaient sur le Pacifique avant d'être secourus par un bateau américain le 24 mars 1815. Qui dit mieux ? Au paradis des assassins Si vous craignez d'être assassiné, ne séjournez pas longtemps aux Pays-Bas qui comptent 17 meurtres 6 pour 100.000 habitants, rendez-vous plutôt en Finlande qui affiche seulement 0,7. La déliquescence des moeurs aux Pays-Bas expliquerait-elle à elle seule ce record peu enviable ? Dans quelle fourchette se situe Haïti ? Le mot de l'énigme Sous le titre « Secrets officiels : Richard Breitman, un spécialiste de l'holocauste» publié chez Calman Levy un livre fort bien documenté qui prouve que Londres et Washington n'ont pas bombardé les camps nazis parce qu'ils savaient tout dès les premiers mois. La première alerte date de la fin de juillet 1941 et provient du chauffeur du chef de la Gestapo de Prague qui travaille pour le gouvernement tchèque en exil à Londres : « Les nazis tuent des centaines de milliers de Juifs dans les territoires occupés à l'Est». Du coup, Churchill tire en public la sonnette d'alarme : « Depuis les invasions mongoles du XIIIe siècle, il n'y a jamais eu une boucherie méthodique et impitoyable d'une telle ampleur.» C'est en décembre 1942 qu'une déclaration officielle des Alliés dénonce la perspective d'extermination complète des Juifs d'Europe. Son auteur : Anthony Eden, le ministre des Affaires étrangères, le bras droit de Churchill. Après une longue valse d'hésitation, les organisations juives américaines se réveillent. Le 6 octobre 1943, 400 rabins orthodoxes défilent du Capitole à la Maison-Blanche et protestent contre l'inaction du gouvernement face à l'holocauste. Enfin Henri Morgurthau, secrétaire d'Etat au Trésor, le seul Juif du cabinet, un confident de Roosevelt, ordonne au Bureau d'aide aux réfugiés de guerre. Des prêts financiers aideront 2000 Juifs français a se frayer un chemin vers la Suisse et l'Espagne et c'est tout. Bref, l'Holocauste n'est pas une priorité. Une véritable conspiration du silence l'entoure autant en Allemagne que chez les alliés et j'ai honte d'écrire le nombre des victimes de la Shoah, cette vaste entreprise d'extermination des juifs par les nazis. Inutiles d'ajouter que le monde subit encore les conséquences de cette shoah. Pour se faire pardonner, les alliés par le truchement de l'ONU (nov. 1947) divisent la Palestine en deux Etats arabe et juif... Et, depuis cette époque, Bonjour les dégats même pour les autres Etats du monde ! (Inspiré d'un article de Paris-Match no 2905) La première motocyclette Elle a été construite en 1885 par Gottlieb Daimler sous le nom de Einspur en Allemagne. Cette machine à cadre en bois avait une vitesse de 12 miles par heure ou 19 km/h et développait 0,5 cheval vapeur grâce à son cylindre unique de 264-cc, un moteur à 4 temps tournant à 700 tours minute. Elle disparut dans un incendie en 1903. Paix à son âme ! Insécurité : le don d'ubiquité Y a-t-il un distinguo entre «partout» et «n'importe où» ? A première vue, et les deux expressions signifient « en tous lieux» et «en tous endroits» sont des termes synonymes. hé bien non si l'on en croit un intervenant sur Radio Kiskeya dans son émission du dim. 6 fév. 05 (11 h. a.m.) : « L'insécurité, dit-il, peut être partout sans être n'importe où». Bien sûr qu'il n'a pas su définir de différence entre les deux expressions, mais n'est-ce pas déjà fort joli d'abuser du temps d'antenne d'une des plus populaires de nos stations de radios ? Il est tout de même heureux que nos journaux ne disposent pas d'assez de place dans leurs colonnes pour ces intrépides grammairiens que l'on trouve partout dans les médias et à n'importe quelle heure... Thalassa, mon amour Savez-vous que le plus vaste océan, à l'exclusion des mers adjacentes, est l'océan Pacifique qui représentent 45,9 % de tous les océans du monde et couvre 64.186.000 miles ou 166.241.700 km2 ( 600 fois la superficie d'Haïti). La moyenne de profondeur en est de 3940 mètres. Dans ce même océan, se trouve la partie la plus profonde d'une profondeur de 10.911 mètres dans la fosse des Marianes. Elucubration renanienne L'unique divagation de mon auteur français préféré : Ernest Renan, extrait de son ouvrage «Souvenirs d'enfance et de jeunesse» : « Mariez le prêtre et vous détruisez un des éléments les plus nécessaires, une de ces nuances les plus délicates de notre société. La femme protestera car il y a une chose à laquelle la femme tient encore plus qu'à être aimée, c'est qu'on attache de l'importance à l'amour. On ne flatte jamais plus la femme qu'en lui témoignant qu'on la craint. L'Eglise en imposant pour premier devoir à ses ministres la chasteté, caresse la vanité féminine en ce qu'elle a de plus intime». Serait-ce, en effet, pour cette raison que les femmes juste après le mariage, semblent dire à leurs maris : «Mardigra mwen pas pè ou». Lapsus linguae Qu'a-t-on envie de répondre à la gentille présentatrice de RFI qui souhaite «Bonne journée à Vous tous qui nous écoutent (sic) (mardi 8 fév. 05, 7 :30 a.m.)» ? «Bonne journée aussi à Vous qui nous enchantez». Aimez-vous les voiliers ? Capitaine Météo, notre regretté Renan Jn Louis, parti pour l'au-delà et nos connaissances de la météo pratiquement nulles, voici les conseils d'un expert Olivier de Kersauzin tirés de ses « Mémoires salées». A bord d'un monocoque, il faut que ce soit l'enfer pour que cela devienne dangereux, durant une tempête. Une fois la toile réduite, on peut aller dormir sans pilotage automatique. En cas de chavirage de toute façon le bateau sera remis debout par le poids de la quille. Un multicoque KO sur le dos, dans le mauvais temps, c'est fini, cela ne se redresse plus, c'est cassée et coulée par la mer en quelques minutes. Sur la tombe de M. Herman Corvington : l'éloge funèbre de sa petite fille Mlles, Mmes, MM, Grand-père, Je suis venue pour te dire adieu, mais aussi et surtout t'avouer combien je t'aime et combien tu vas me manquer, toi qui as été le seul à me comprendre, à essayer de trouver les mots justes, l'attitude adéquate à mon comportement parfois cavalier. Il faut dire que toi aussi, tu as été un original et c'est ce qui explique en partie ton exclusion du cercle familial. Aussi, on comprend bien pourquoi nous étions attachés l'un à l'autre, inséparables dirions-nous ; comme un père peut aimer sa fille et qui le lui rend bien. En effet, jusqu'à tout récemment, grand-père, tu me considérais comme un enfant de 2 ans, me prenant sur tes genoux et me berçant tout comme autrefois. Je ne peux oublier ces moments de joie indicible qui resteront gravés dans mon coeur jusqu'à mon dernier souffle. J'aurais bien voulu te rendre la pareille, t'accorder toute l'affection que tu mérites, mais les aléas de la vie m'ont projetée loin de toi au moment où tu avais le plus besoin de ma présence. Il est vrai que je me préparais à venir spécialement te voir et j'ai même écrit une lettre pour t'annoncer ma venue et te dire aussi combien je t'aime, mais je n'étais pas pressée, car disais-tu, la mort n'allait pas venir si tôt, malheureusement la cruelle qu'elle est n'a pas entendu tes voeux et voilà qu'aujourd'hui, c'est à tes funérailles que je suis venue assister. Je suis triste, triste à en mourir ; d'une part parce que tu es mort, d'autre part par pur égoïsme car maintenant je n'ai personne sur qui épancher ma peine et ma tristesse. Je sais que tu me comprends, grand-père, car durant toute ta vie sur cette terre tu as été un solitaire n'ayant personne avec qui partager tes joies ou tes souffrances. Aujourd'hui, grand-père, tu es auprès de Dieu, celui qui sait tout, qui comprend tout et qui est tout AMOUR, aussi dans ma peine je me réjouis car je sais que tu peux maintenant t'épancher, te laisser aller ; en effet tu as trouvé quelqu'un sur lequel tu peux compter et ainsi tu es en paix et dans la joie éternelle. Aussi, grand-père, je te dis Adieu et repose en paix dans la maison du SEIGNEUR. Raimonde Heise Pour nous consoler de cette occupation qui cache son nom La vérité, écrivait Frantz Fanon dans « Les damnés de la terre», c'est qu'aucun pays colonialiste n'est aujourd'hui capable d'adopter la seule forme de lutte qui aurait une chance de réussir : l'implantation prolongée de forces d'occupation.
Ernest Bennett Auteur

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