INTERVIEW DU SECRETAIRE D'ETAT A LA JEUNESSE, AUX SPORTS ET A L'EDUCATION CIVIQUE Dr Berne PAUL AVEC LE NOUVELLISTE

Publié le 2005-01-12 | Le Nouvelliste

Formation, infrastructure et développement sont les maitres-mots du Secrétaire d'Etat aux Sports , le Dr Paul Berne qui fait le point sur son programme de gestion. Le Nouvelliste: Après avoir milité durant plusieurs années en tant que dirigeant et médecin sportif, vous voici promu Secrétaire d'Etat à la Jeunesse, aux Sports et à l'Education civique. Comment avez-vous accueilli ce choix porté sur votre personne? Dr Paul Berne : Je dois vous avouer que les premiers jours ont été caractérisés par une certaine appréhension mais le fait que ma philosophie m'oriente toujours vers la carrière, j'imagine toujours d'aller le plus loin possible dans les différents domaines où j'ai évolué. Sitôt, les moments de stupeur et d'émotion passés, je suis revenu avec beaucoup de réalisme pour poser les questions relatives à ce secteur comportant ses prérogatives et attributions. L. N. : Votre nomination à lPacot prend la forme d'un médecin de profession appelé justement au chevet d'un malade qui n'est autre que le sport haïtien dans son ensemble. Comment comptez-vous agir? P.B.: Je confirme que les problèmes retrouvés à la Secrétairerie d'Etat à la Jeunesse, aux Sports et à l'Education civique reflètent la situation générale du pays. En ce qui concerne le Sport, nous sommes conscients que les facteurs essentiels devant garantir la pratique régulière et constante du sport dans le pays n'existe pas. Il faut résoudre d'abord les problèmes liés à l'absence d'infrastructures sportives, au manque de ressources humaines et à l'inexistence d'un cadre légal sportif. Naturellement, vu le temps qui nous est imparti, nous ne prétendons pas que nous allons pouvoir réaliser ce miracle durant cette période de 14 mois environ, mais nous allons essayer au moins d'implanter les bases et permettre que le prochain gouvernement puisse trouver les moyens pour y parvenir. L.N.: Quels vont être, d'après vous, les grandes priorités sous votre direction? P.B.: Sincèrement, en tant que sportif militant, je ne serais pas du tout heureux, si au moins le minimum n'est pas tenté et en ce sens les trois (3) volets que j'ai cités plus haut vont être considérés: Il s'agit d'encourager la formation des ressources humaines (spécialiste en Education Physique et Sportive - entraineurs - arbitres - médecins sportifs etc...) et déjà en partenariat avec le rectorat de l'Université on pense à l'implantation de l'Institut National d'Education Physique et Sportive. Une commission mixte constituée par les deux entités est en train de travailler sur la possibilité, les mécanismes et les moyens d'aboutissement. Concernant les infrastructures sportives, certains parcs et terrains vont être réhabilités pour faciliter la tenue de compétitions, mais les coordonnateurs départementaux sont instruits de la nécessité de rechercher des terrains et espaces de terre appartenant à l'Etat dans leurs départements respectifs, au niveau des chefs-lieux de département, des communes et autres. Cette première démarche, à mon avis est indispensable car elle servira de stimulation pour la suite qui consistera à trouver des ressources locales gouvernementales, internationales et des Haïtiens de la diaspora. - Le Premier ministre Gérard Latortue en accord avec le président provisoire va consentir d'énormes sacrifices pour rénover les parcs St Victor du Cap, des Gonaïves et de St-Marc. Une étude va être réalisée avec le Président de la Fédération pour rechercher d'autres priorités dans le Football. Dans les autres disciplines sportives, le problème est similaire, il faut réparer les gymnasiums qui sont tous en mauvais état et penser à créer d'autres espaces de jeu pour faciliter la pratique du volley-ball - du basket-ball - de l'athlétisme - etc.. Donc en clair, le problème des infrastructures sportives doit être abordé très sérieusement pour espérer arriver à une quelconque solution aux problèmes du sport. Et le 3e volet intéresse le cadre juridico-légal aussi important que les deux autres. Car il viendra règlementer, orienter et stabiliser la pratique du sport. Très prochainement, la commission spécialisée verra le jour en vue d'aboutir à la décision finale de sortir enfin une règlementation sur la pratique du sport en Haïti. Vous imaginez que tout ceci concerne des problèmes de fond pouvant garantir l'avenir du Sport national mais à très court terme, nous prenons à coeur le rôle de l'Etat et faisons tout ce qui est de notre possibilité pour encadrer et donner l'assistance nécessaire aux Fédérations et Associations nationales sportives. L.N.: Certains dirigeants de Fédérations et d'Associations sportives préméditent que vous allez privilégier le football. Qu'avez-vous à répondre? P.B.: Très sincèrement, je peux même avancer que leur perception est légitime. Imaginez-vous que je suis militant du football depuis que j'étais chez les Frères de l'Institution Chrétienne au Cap-Haïtien - puis au Lycée et à la Faculté de Médecine. Ma carrière de dirigeant a réellement commencé à 19 ans quand durant les vacances d'été à Limonade, commune natale de mon père, je fus élu président de l'équipe de foot-ball représentative de la région au championnat de Radio Citadelle. Mon passage au Racing Club Haïtien et à la Fédération Haïtienne de foot-ball est connu de tous. C'est pourquoi j'imagine l'ampleur des appréhensions qui m'attachent, à raison, au foot-ball. Mais je l'ai déjà dit, j'ai fait l'effort mental nécessaire et utilisé les rapports privilégiés qui existaient avec les présidents des autres fédérations et le Comité Olympique pour établir un certain équilibre. Cependant, je dois avouer que toutes mes intiatives s'inscrivent dans le cadre de leur conformité avec les attributions essentielles de la Secrétairerie d'Etat à la Jeunesse, aux Sports et à l'Education civique, c'est-à-dire, l'encadrement, l'orientation de notre jeunesse, la valorisation du sport national sans exclusion et la promotion d'une éducation civique et patriotique. L.N.: Face à cette grave crise que traverse le pays, comment allez- vous y prendre pour satisfaire cette grande famille sportive en quête de matériels et surtout de ressources humaines et financières? P.B.: L'identification des besoins du secteur sportif était essentielle. C'est pourquoi deux mois après mon installation , je suis en mesure, à travers des études et recherches, la mise en évidence de certains facteurs et hypothèses, de donner des impressions réelles qui reflètent l'état des situations financières, la décision finale de sortir enfin une règlementation sur la pratique du sport en Haïti. Vous imaginez que tout ceci concerne des problèmes de fond pouvant garantir l'avenir du Sport National mais à très court terme, nous prenons à coeur le rôle de l'Etat et faisons tout ce qui est de notre possibilité pour encadrer et donner l'assistance nécessaire aux Fédérations et Associations Nationales sportives. L.N.: Peut-on s'attendre à ce que sous votre direction soit réactivé ce brulant dossier du projet de loi sur le Sport? P.B.: Cela fait partie d'un de mes axes prioritaires et je suppose que le Gouvernement après que la commission spécialisée aura achevé son travail de consultation des entités concernées, pourra prendre connaissance de ce projet - Le suivi sera assuré en temps opportun. L.N.: Et pour ce qui a trait à la coopération externe? P.B : En matière de coopération externe la Secrétairerie d'Etat à la Jeunesse, aux Sports et à l'Education Civique a eu le privilège de rencontrer la majorité de ses partenaires à l'occasion de la conférence des ministres et hauts cadres sur l'Education Physique et Sportive qui s'est tenue à Athènes du 6 au 8 décembre 2005. Nous avions profité de l'opportunité pour renforcer certaines relations, surtout avec les pays d'Afrique - Cuba - le Canada - la France et avec certaines organisations internationales telles l'UNESCO - l'AMA - la CONFEJES, la Francophonie. Sur le plan pratique, des acquis concrets ont été obtenus du Bénin, de Cuba, de l'AMA et de l'UNESCO. Bénin et Cuba vont nous permettre de puiser des ressources humaines tandis que l'UNESCO et l'AMA ont promis leurs aides dans la mise en place d'une organisation anti-dopage. Le Nouvelliste: Après avoir milité durant plusieurs années en tant que dirigeant et médecin sportif, vous voici promu Secrétaire d'Etat à la Jeunesse, aux Sports et à l'Education civique. Comment avez-vous accueilli ce choix porté sur votre personne? Dr Paul Berne : Je dois vous avouer que les premiers jours ont été caractérisés par une certaine appréhension mais le fait que ma philosophie m'oriente toujours vers la carrière, j'imagine toujours d'aller le plus loin possible dans les différents domaines où j'ai évolué. Sitôt, les moments de stupeur et d'émotion passés, je suis revenu avec beaucoup de réalisme pour poser les questions relatives à ce secteur comportant ses prérogatives et attributions. L. N. : Votre nomination à lPacot prend la forme d'un médecin de profession appelé justement au chevet d'un malade qui n'est autre que le sport haïtien dans son ensemble. Comment comptez-vous agir? P.B.: Je confirme que les problèmes retrouvés à la Secrétairerie d'Etat à la Jeunesse, aux Sports et à l'Education civique reflètent la situation générale du pays. En ce qui concerne le Sport, nous sommes conscients que les facteurs essentiels devant garantir la pratique régulière et constante du sport dans le pays n'existe pas. Il faut résoudre d'abord les problèmes liés à l'absence d'infrastructures sportives, au manque de ressources humaines et à l'inexistence d'un cadre légal sportif. Naturellement, vu le temps qui nous est imparti, nous ne prétendons pas que nous allons pouvoir réaliser ce miracle durant cette période de 14 mois environ, mais nous allons essayer au moins d'implanter les bases et permettre que le prochain gouvernement puisse trouver les moyens pour y parvenir. L.N.: Face à cette grave crise que traverse le pays, comment allez- vous y prendre pour satisfaire cette grande famille sportive en quête de matériels et surtout de ressources humaines et financières? P.B.: L'identification des besoins du secteur sportif était essentielle. C'est pourquoi deux mois après mon installation , je suis en mesure, à travers des études et recherches, la mise en évidence de certains facteurs et hypothèses, de donner des impressions réelles qui reflètent l'état des situations financières, la décision finale de sortir enfin une règlementation sur la pratique du sport en Haïti. Vous imaginez que tout ceci concerne des problèmes de fond pouvant garantir l'avenir du Sport National mais à très court terme, nous prenons à coeur le rôle de l'Etat et faisons tout ce qui est de notre possibilité pour encadrer et donner l'assistance nécessaire aux Fédérations et Associations Nationales sportives. L.N.: Peut-on s'attendre à ce que sous votre direction soit réactivé ce brulant dossier du projet de loi sur le Sport? P.B.: Cela fait partie d'un de mes axes prioritaires et je suppose que le Gouvernement après que la commission spécialisée aura achevé son travail de consultation des entités concernées, pourra prendre connaissance de ce projet - Le suivi sera assuré en temps opportun. L.N.: Et pour ce qui a trait à la coopération externe? P.B : En matière de coopération externe la Secrétairerie d'Etat à la Jeunesse, aux Sports et à l'Education Civique a eu le privilège de rencontrer la majorité de ses partenaires à l'occasion de la conférence des ministres et hauts cadres sur l'Education Physique et Sportive qui s'est tenue à Athènes du 6 au 8 décembre 2005. Nous avions profité de l'opportunité pour renforcer certaines relations, surtout avec les pays d'Afrique - Cuba - le Canada - la France et avec certaines organisations internationales telles l'UNESCO - l'AMA - la CONFEJES, la Francophonie. Sur le plan pratique, des acquis concrets ont été obtenus du Bénin, de Cuba, de l'AMA et de l'UNESCO. Bénin et Cuba vont nous permettre de puiser des ressources humaines tandis que l'UNESCO et l'AMA ont promis leurs aides dans la mise en place d'une organisation anti-dopage. L.N. :Sans oublier la rémunération des Directeurs techniques nationaux (DTN) par l'Etat haïtien? P.B : Le dossier des Directeurs techniques nationaux est entrain d'être examiné. Faudra-t-il envisager un directeur technique pour chaque discipline sportive ou la mise en place d'une commission. Nous devons rencontrer à nouveau la structure actuelle en vue d'une décision finale. L.N. : Le dossier du Sport Scolaire? P.B. : Le Sport Scolaire constitue l'une des voies importantes à utiliser pour rationnaliser la promotion du sport. Les championnats interscolaires dans les différentes disciplines et au niveau des départements, débuteront le mois prochain. L.N. : Combien de pourcentage du budget de la SEJSEC est alloué au développement des activités sportives? P.B : Le gouvernement a pris la décision d'allouer 100,000.00 gourdes aux activités sportives. Et je vous rappelle que toutes les fédérations sont intéressées par les subventions pourvues qu'elles soient organisées, reconnues ou affiliées au Comité Olympique Haïtien. Une question importante à laquelle je m'attends est le pourcentage qui va être octroyé au foot-ball. Il dépend des activités du foot-ball tant su rle plan national qu'international. Nous prenons aussi en compte les dossiers de toutes les autres fédérations que le Comité Olympique avait transmis. Il faut ensuite ajouter les demandes de subvention qui fusent de toutes parts et toute autre forme d'activités sportives. L.N. : Qu'en est-il du programme d'activités pour l'année 2005 au niveau de la SESJEC? P.B. : Les activités sont nombreuses si l'on doit tenir compte des perspectives: - Institutionnelles consistant à réaménager les structures de la Secrétairerie d'Etat à la Jeunesse, aux Sports et à l'Education Civique de manière à les déployer sur toute l'étendue du territoire de la République en vue d'assurer le bon fonctionnement et l'efficacité de l'institution. - Sur le plan infrastructurel; nous pensons retrouver et créer des espaces de jeu avec comme objectif la construction des complexes sportifs et de maisons de jeunes dans tout le pays. - Des activités sont entreprises pour: * acheminer des subventions aux fédérations, au Comité Olympique Haïtien et aux clubs de foot-ball; *démarrer les travaux de réhabilitation de certaines infrastructures sportives (Cap - St-Marc - Gonaïves) Centre Polyvalent de la Croix-des-Bouquets - Gymnasium Vincent - Centre Sportif Dadadou, etc... * réorientation des Brigadiers et de AMC; * commémoration des grandes manifestations, des fêtes nationales et traditionnelles; * participation au carnaval de jeunes; * réouverture des projets d'intégration socio-économique de jeunes. - Elaboration et organisation des états généraux du Sport. - Mise à la disposition des fédérations d'un local pour loger (la maison des fédérations ou maison olympique). - Encadrer les fédérations dans l'organisation des séminaires et ateliers de formation de: a) Dirigeants de clubs sportifs (basket-ball, volley-ball, foot-ball, athlétisme, tennis, etc...) en organisation - gestion et développement de ces entités. b) Entraîneurs en fonction des programmes des directions techniques nationales. c) La presse sportive sur des questions relatives à l'éthique, la psychologie, la sociologie et le rôle de la presse dans le développement du sport. - Au terme de cette période on pourra: * déposer les projets de loi régissant le fonctionnement du secteur; * permettre et faciliter le fonctionnement de l'Ecole nationale de l'Education physique et sportive; * finaliser les démarches relatives à l'intégration de l'Education Physique et Sportive comme matière d'enseignement dans les écoles et universités du pays; * déterminer depuis les Etats Généraux et à l'aide des résolutions avec tous les spécialistes du sport, les fédérations - la presse sportive - les partis politiques. Une politique sportive naitonale de consensus à appliquer sur 10 ans. L.N. :Que diriez-vous pour conclure ? P.B. : Le mot de la fin: je le réserve à l'Education Physique et Sportive qui doit être instutionnalisée dans notre pays. D'autres débats viendront cooborer et soutenir cette initiative. En tant que structure étatique, nous attendons l'appui et les contributions des organisations sportives non gouvernementales (Comité Olympique Haïtien, Fédérations et Associations nationales sportives - ligues et clubs sportifs) ainsi que les organismes qui favorisent la participation de leurs membres aux activités sportives et récréatives (mouvement de jeunesse, association d'étudiants, syndicats organisations féminines). Nous nous attendons déjà à des difficultés d'ordre budgétaire, mais nous devons faire de notre mieux pour apporter le moyen de renforcer la qualité de notre éducation globale et contribuer à une meilleure formation de l'haïtien de demain. Je ne peux oublier les femmes que nous réclamons très fortement dans toutes les sphères de notre sport national. Je leur demande d'intégrer les comités, de participer aux concours de formation pour entrainneurs, arbitres administrateurs sportifs, asthlètes ce dans le but d'établir un certain équilibre et une certaine harmonie sociale. Je recommande enfin la pratique du sport sans tricherie en privilégiant la bonne préparation et la meilleure condition physique possible. On aboutira à la bonne performance et au meilleur des résultats sans dopage qui est strictement défendu dans toutes ses dimensions. Propos recueillis par Emmanuel Bellevue
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