Fêtes de fin d\'année

Insécurité, insalubrité...

Le centre-ville de Port-au-Prince offrait, à la veille des fêtes de fin d\'année et du nouvel an, l\'image d\'une ville en demi-teinte. Le moment n\'était pas à la fête. Chez commerçants et détaillants, c\'était le désarroi total, conséquence du phénomène d\'insécurité qui bat son plein à la capitale depuis le lancement de l\'Opération Bagdad le 30 septembre 2004.

Publié le 2005-01-04 | Le Nouvelliste

Des rues piétonnes bondées de détritus, des portes de magasins fermées ou demi-ouvertes, des visages crispés, des tréteaux remballés, tel a été le triste panorama du centre-ville de Port-au-Prince, le 31 décembre 2004. En début de matinée, un vent de panique soufflait dans les rues limitrophes de Bel-Air, où allait avoir lieu une manifestation organisée par des proches du régime déchu pour exiger le retour physique de l\'ex-président Jean-Bertrand Aristide. Des tirs sporadiques ont été entendus à Poste-Marchand, Bel-Air, rue Montalais et Macajoux, près de la Cathédrale de Port-au-Prince. A 12 h, certains commerçants qui avaient bousculé leur peur de s\'aventurer au bas de la ville se voyaient obligés de fermer boutique. Un responsable d\'un magasin de prêt-à-porter au centre-ville ne souhaite pas que cette année soit pire que l\'année dernière. \'\'On passe presque toute la période de fêtes sans vendre un article. C\'est malheureux. On a grand peur d\'être rançonné ou kidnappé par des bandits\'\', déclare ce commerçant. Pour un autre commerçant, la situation n\'est pas différente. Derrière son comptoir, il crache sa colère devant la situation qui prévaut dans le pays depuis que des bandits armés imposent leur loi dans la capitale. Il révèle avoir été rançonné deux (2) fois au cours de la période de Noël par des bandits armés. Selon les témoignages de certains étalagistes, le \'\'pays vit l\'ère d\'une descente vertigineuse aux enfers\'\'. Ils ont signalé que depuis la chute de Jean-Claude Duvalier en 1986, le pays n\'a jamais vécu une telle situation d\'insécurité au point que les gens craignent de descendre en ville, soit pour ouvrir leur magasin, soit pour faire des emplettess. Ces petits détaillants s\'en prennent aux autorités politiques du pays qui, selon eux, n\'ont pas la volonté de résoudre le phénomène de l\'insécurité qu\'ils qualifient de plaie sociale. Ils demandent aux responsables de prendre des mesures qui s\'imposent pour éviter le pire au cours de cette nouvelle année. Des détritus ! Dans ce même ordre d\'idées, des piles d\'immondices en pleine décomposition jonchant les rues du centre commercial de Port-au-Prince enlaidissent le visage de la capitale. Le décor n\'a pas encore changé depuis le début du mois de décembre, selon les propos des étalagistes. Dans chaque coin de rue, les amoncellements d\'immondices s\'imposent comme des acteurs incontournables. Commerçants et étalagistes se sont accoutumés aux immondices que les autorités concernées ont peine à enlever. Au niveau de presque toutes les rues du centre-ville, c\'est comme une marque d\'identification. Que ce soit devant les magasins comme c\'est le cas aux rues du Peuple, Macajoux, Bonne Foi, au Boulevard Jean-Jacques Desssalines, au Marché en fer et près du magasin Acra ou encore à proximité de détaillants qui vendent des produits alimentaires aux rues Traversière, des Césars et des Miracles, partout, c\'est le même spectacle désolant. L\'état d\'insalubrité est fonction de l\'absence de sécurité qui n\'existe pas dans le pays ces derniers jours, rétorque un étalagiste de la rue Traversière. \'\'On vit avec les ordures. On mange dessus comme si de rien n\'était. C\'est devenu un fait quotidien. J\'estime que la faute ne revient pas simplement au SMCRS ou au CNE, car il y a une certaine crainte chez les gens de venir ramasser les détritus de peur d\'être agressés par des bandits armés\'\', déplore cet étalagiste. Depuis le déclenchement de l\'opération Bagdad, le centre-ville de Port-au-Prince ne passe une semaine sans être le théâtre de tension provoquée. Ayant vécu ce qu\'ils appellent \'\'un décembre noir\'\', commerçants et étalagistes souhaitent que les autorités actuelles résolvent dans le plus bref délai le problème de l\'insécurité qui a eu des répercussions considérables sur les activités commerciales au cours de la saison de Noël et des premiers jours de la nouvelle année.
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