Coupe du monde de football féminin U17 de la FIFA / Uruguay 2018 / Éliminatoires zone caribéenne

Haïti sur la route de l'Uruguay 2018

Du 16 au 22 octobre 2017, Haïti accueillera la Coupe caribéenne U17 de football féminin comptant pour la 2e étape des éliminatoires de la Coupe du monde de football féminin de la Fifa/Uruguay 2018. Jamaïque, Cuba, Porto Rico, Trinidad, Bermudes viendront rejoindre Haïti pour défendre quatre billets disponibles pour la phase Concacaf. À un mois du coup d’envoi de cette phase finale, le président de la fédération fait le point.

Publié le 2017-09-12 | Le Nouvelliste

Sport -

Le Nouvelliste : Dans un mois, Haïti accueillera la Coupe caribéenne des nations U17 de football féminin. Où en est-on avec les préparations?

Yves Jean-Bart : On est assez avancé dans la préparation de l'équipe. Les filles ont d'abord été à un grand tournoi aux USA à la fin du mois de juillet où elles ont été, tout simplement brillantes, gagnant avec la manière et des scores imposants dans tous les matches disputés. Par la suite, elles sont restées une semaine à Minnesota à l'invitation du département d'État américain et ont continué à travailler. De retour au pays, elles ont eu une semaine de vacances mais ont repris les entraînements le 11 août pour la préparation de ce championnat de la Caraïbe. Pour cause de disponibilité et pour des raisons pratiques, nous avons décidé de confier la gestion des équipes nationales U20 et U17 à une seule direction technique dirigée par le coach Fiorda Charles qui se fait aider de tous les plus expérimentés de nos cadres techniques. Nous misons beaucoup sur ces deux groupes. Les U20 avaient raté le Mondial de Jordanie in extremis et malgré les nombreuses blessées, les nouvelles recrus ont un potentiel énorme.

Le Nouvelliste : Les filles reviennent de vacances, elles reprennent le chemin de l'école. Ont-elles repris les préparations?

YJB : Nos filles ont repris leur préparation. Actuellement, elles sont engagées dans un entraînement foncier poussé avec plusieurs randonnées et des séances de travail sur les pentes ardues du Morne à Cabri 2 à 3 fois par semaine. Pour l'école, on est encore dans l'attente des moyens nécessaires pour la reprise car on a de grosses dettes vis-à-vis des professeurs et cela laisse des doutes sur l'ouverture de l’école CAMP NOUS à brève échéance. On est dans l'attente d'une subvention du ministère de l'Éducation nationale qui s'était engagé à prendre en charge le salaire des professeurs de l'école mais qui depuis 2013 n'a pas pu honorer cet engagement.

LN : Quel est le programme prévu pour les rendre compétitives avant la compétition?

YJB : En réalité, elles sont constamment en préparation parce qu'elles sont en pension complète toute l'année. On fait des ajustements à l'approche des rendez-vous importants. Autant dire que c'est une équipe constamment compétitive. Elles jouent deux à trois matches la semaine soit contre des groupes de filles du centre, soit contre de jeunes équipes de garçons. Mais elles devraient être, d'ici octobre, hautement compétitives et difficiles à battre.

LN : Les exigences de la Concacaf pour que les clubs aient leur licence Concacaf pour leurs joueurs s’appliquent-elles aussi au football féminin ? Si oui, risque-t-on d’avoir des problèmes de licence Concacaf pour les jeunes filles ?

YJB : Il n'y a pas encore de compétitions Concacaf de clubs féminins. Cependant, les clubs de football féminin sont astreints aussi à l'obligation de licence avec des critères d'organisation moins contraignants.

LN : La semaine dernière, vous avez évoqué au micro de Legupeterson d’autres menaces qui planent sur le football haïtien. Ces menaces planent-elles aussi sur l'organisation de la Coupe caribéenne des nations U17 féminin ?

YJB : Le football, comme tout ce qui se fait en Haïti, est constamment en danger. Je dirais que toutes les activités se déroulant en Haïti sont fragiles en ce qui concerne leur suivi. L'existence du football par sa dimension nationale et de par les énormes investissements qu'il demande en clubs de toutes divisions est très précaire. Chez les jeunes et au niveau international le football demande de grands moyens. Songez que la somme dépensée récemment par Paris pour l'acquisition de Neymar pourrait financer toute l'économie haïtienne durant deux mois et vous mesurez l'étendue de notre dénuement. Alors que pour nous tous, le football, démuni ou pas, c’est le même maillot, les mêmes chaussures, la même vitamine. En cas de blessures, c’est la même chirurgie pour un joueur du Bayern que pour celui du Racing Club Haïtien. Bref, les mêmes obligations, mais la nuit et le jour en termes de ressources disponibles. On paie un ticket de match à Paris dans les 1000 euros* alors qu'ici à 50 gourdes tout le monde veut entrer sans payer.

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