L'AGCRDDM satisfaite de la réussite du projet « Wouze pou demen Miyò » financé par l'USAID

Publié le 2017-09-05 | Le Nouvelliste

Economie -

La toute jeune Association de gestion du centre rural de développement durable de Montrouis (AGCRDDM) a mis fin à son tout premier projet dénommé « Wouze pou demen Miyò ». Financé à hauteur de 334 000 dollars par l’USAID, ce projet a été réalisé par l'AGCRDDM sur une période de deux ans. Pour cette première expérience, les différents protagonistes se sont dits très satisfaits des résultats. Ces derniers ont été doublés par rapport aux objectifs visés.

Lancé en septembre 2015, le projet « Wouze pou demen Miyò » avait pour objectif de sécuriser les infrastructures d’irrigation notamment dans les 1re et 2e sections communales de de la commune de St-Marc : Délugé et Bois neuf, et ceci tout en renforçant les capacités de l’Association des irrigants de la côte des Arcadins (AICA), organe responsable de la gestion des infrastructures.

Permettre une gestion responsable des systèmes d’irrigation à travers une AICA renforcée est en somme la vision que poursuivait ce projet. Pour parvenir à cette fin plusieurs activités ont été réalisées, parmi lesquelles : la protection des berges des canaux d’irrigation, le reboisement des micro-bassins versants, la correction des ravines, la formation continue des membres de l’AICA, la sensibilisation à la prise en charge de l’entretien des périmètres par les usagers.

L’agronome Jean Junior Auguste, directeur exécutif du CRDDM a, lors de la cérémonie de clôture du programme, présenté le bilan chiffré des résultats obtenus pour les deux années durant lesquelles le projet s’est déroulé. Selon lui, la grande réussite de « Wouze pou demen Miyò » est en majeure partie due à l’implication des usagers tant au niveau des membres des associations que ceux des comités gérant les périmètres. «Toutes les décisions ont été prises de concert avec la population dans ce projet. La participation des citoyens et des autorités locales a été très forte dans l’exécution et la mise en œuvre du programme », se félicite le directeur exécutif.

D'un autre côté, l’agronome a fait savoir que durant la première année du projet, ils sont parvenus à la protection d’environ 6 000 mètres linéaires de canal à partir de structures biologiques particulièrement avec le vétiver. Plus de 215 ha de sous-bassins ont été protégées à partir d’arbres fruitiers et forestiers. Il y a eu la correction de 4 460 mètres linéaires de ravines avec la pose de 290 mètres cube de gabion.

Sur l’ensemble des deux années 16 949 plantules ont été mises en terre, dont 83 % de réussite pour celles plantées sur les 12 premiers mois du projet et 78% sur le total des 24 mois, s’est enorgueilli l’agronome, qui, encore une fois, a précisé que le mérite revient à l’implication des membres de la population. Il en a profité pour appeler les bénéficiaires des plantules à s’assurer du suivi du projet en continuant à prendre toujours soin des plantes.

Par rapport au 2e volet du programme 59 membres de l’AICA ont été formés sur la gestion des systèmes d’irrigation et 51 autres en construction et entretien des seuils en pierre sèches et en gabion. Au terme de ce projet plusieurs grandes avancées ont été faites. L’AICA s’est vu doter d’un bureau et l’autonomie financière est assurée à partir des redevances que les usagers des captages d’eau auront à payer de l’ordre de 1000 gourdes pour un carreau et 500 gourdes pour un demi-carreau. Une première selon l’agronome.

De son côté, le président de l’AICA, Emile Wilhem, a souligné que la faisabilité et le succès du projet «Wouze pou demen Miyò » a surtout reposé sur la nécessité dont souffraient les nombreux habitants de la zone. « Nous avons apprécié particulièrement la façon dont a été exécuté ce projet qui a favorisé grandement l’implication de tous » a indiqué Emile Wilhem, saluant la formation de ces nombreux techniciens. « Dans 2 à 3 ans encore, plus question de s’approvisionner pour les citrus en République voisine », s’est exclamé le président à cette cérémonie de clôture réussissant la mairesse de la commune de Saint Marc, le représentant de l’USAID, le directeur des infrastructures du MARDNR, le directeur du Bureau communal agricole de Saint-Marc (BAC ).

L’AGCRDDM, fondée en mai 2014, est composée d’un total de 7 membres qui sont des représentants de la fondation agricole de Saint-Marc, de la mairie de Cabaret, de l'Arcahaie, de la faculté d’agronomie et de médecine vétérinaire, de l’AICA, du BAC de Saint-Marc et du représentant des autorités de la zone. L’association dispose d’environ 3 ha de terres offerts par la fondation Déluge pour une durée de 15 ans renouvelable.

Martine Isaac
Auteur
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