L'ANATRAF : une foire agro alimentaire pour ses quinze ans

L’Association nationale des transformateurs de fruits (ANATRAF) a vu le jour le 2 juin 2002. Cela fait donc quinze années depuis que cette organisation œuvre dans le secteur. Pour bien marquer ce quinzième anniversaire, les responsables ont voulu présenter les progrès réalisés dans ce secteur depuis leur arrivée et également dénoncer les difficultés auxquelles ils sont confrontés

Publié le 2017-08-08 | Le Nouvelliste

Economie -

Le samedi 5 août 2017, à la ruelle Villemenay, au Bois-Verna, l’ANATRAF, de concert avec Radio Kiskeya, a organisé sa première foire agroalimentaire sur le thème « Ann kore ANATRAF! Ann fè fwi yo tounen kòb pou devlopman peyi a ! » Plus d’une dizaine d'exposants y ont pris part. C'était l'occasion toute trouvée par les responsables pour s’entretenir avec le public sur le bilan de l’association tout en faisant la vulgarisation de leurs nombreux produits et services.

« Avec la création de l’ANATRAF en 2002, les artisans ont pu surmonter leur plus grand obstacle qui était l’approvisionnement en bocaux et en bouteilles. Le central d’achat mis sur pied par notre staff a permis aux artisans de résoudre ce problème », a déclaré fièrement Yvon Y. Faustin, coordonnateur de l’ANATRAF. Ce qui était un pas important pour ces professionnels qui ont pu ainsi améliorer leurs conditions de travail jugées auparavant très précaires. Ils sont parvenus ainsi à s’équiper de matériel de contrôle comme le barcode qui leur donne accès au marché formel, a insisté le coordonnateur.

Un bon nombre de personnes ont fait le déplacement pour cette première édition de foire agroalimentaire qui a réuni divers exposants : confiture, mamba, crémas, café, chocolat, cassave, dous makos, poudre d’olive, miel, des produits agricoles comme melon, pois et d’autres produits à caractère local. Des séances de dégustation et d’animation culturelle ont égayé cette journée où les artisans ont réalisé beaucoup de ventes.

Yvon Faustin en a profité pour faire l’inventaire des nombreuses actions menées par l’association durant ces quinze ans. Formation, commercialisation, partenariat technique avec des universités sont autant de réalisations de cette association pionnière. « Pour notre 13e anniversaire, on avait lancé la marque ''Goutana'' qui nous a valu notre entrée sur le marché formel », a fait remarquer le responsable. Toutes ces actions ont contribué au développement du secteur qui périclitait. L’ANATRAF a réussi à redynamiser le secteur et s’estime fière de son parcours jusqu’ici, raconte le coordonnateur Faustin.

Toutefois, il a dénoncé certains problèmes qui minent le secteur. À ce sujet, Yvon Faustin cite une maladie qui empoisonne les citrus depuis plusieurs années et appelle les autorités à trouver l’origine de ce mal afin d’y apporter une solution.

« La question de production locale ne peut pas être un slogan », a déploré le coordonnateur qui a indiqué qu’aucun plan de crédit, ou de mesures d’accompagnement n’est mis en place en faveur de ces artisans. Il affirme que les producteurs sont trop submergés par le prix des intrants qu’ils importent. Ce qui explique la cherté des produits locaux, selon lui. En conséquence, il recommande à l'État, au Parlement et à la BRH de mettre une ligne budgétaire à la disposition de ces producteurs qui favorisent en majeure partie le développement de l'économie familiale au sein de la société, assure Yvon Faustin.

Pour leur part, les exposants n’ont fait que se réjouir de cette journée qui a offert une vitrine à leurs produits. Toute leur reconnaissance va aux responsables de l’Anatraf qui les ont grandement aidés dans leurs entreprises. Néanmoins, ils reprochent l’accueil des gens du supermarché à leur égard.

Selon Étienne Paulna Pierre Paul, P.D.G. de Himalaya produits naturels, les responsables des supermarchés les traitent mal.Soit ils relèguent leurs produits dans un coin ou du moins ils refusent de les payer alors que ces produits se vendent tant bien que mal, affirmant être constamment des victimes de ces gens

L’ANATRAF regroupe un total de 80 ateliers d’artisans à travers le pays, évoluant non seulement dans la transformation de fruits, mais aussi dans la production du cacao, de la cassave, des liqueurs et autres produits locaux. L’association travaille également avec d’autres ateliers qui ne sont pas forcément membres de l’Anatraf, a souligné Yvon Faustin.

Martine Isaac

mirtane07@yahoo.fr

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