Distribution de semences de sorgho aux agriculteurs de la plaine du Cul-de-Sac

Plus d’une centaine d’agriculteurs de la plaine du Cul-de-Sac ont reçu des semences de la nouvelle variété de sorgho dénommée « Pa-Pè-Pichon». Cette distribution a eu lieu au Centre rural de développement durable de Bas-Boën, en présence du président de la République Jovenel Moïse, du ministre de l’Agriculture Carmel André Beliard, du sénateur de l’Ouest, Jean Renel Sénatus, de l’ambassadeur du Canada en Haïti, Paula Caldwell Saint Onge et de plusieurs autres hauts dignitaires nationaux et internationaux.

Publié le 2017-05-04 | Le Nouvelliste

Economie -

La pénurie de semences de sorgho résistant aux pucerons jaunes ne sera qu’un lointain souvenir à partir du mois de juillet. Le partenariat entre le ministère de l’Agriculture, l’ambassade du Canada et le laboratoire CHIBAS se révèle payant. Après la période de purification suivie de celle de multiplication, les autorités sont désormais dans la phase de distribution. À partir de cette campagne, une partie de la plaine du Cul-de-Sac sera déjà emblavée par cette culture si importante dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans le pays. Les premières distributions ont eu lieu aujourd’hui dans la commune de Ganthier. Ce geste symbolique représente gros. C’est un ouf de soulagement pour les producteurs de cette denrée qui peinaient à trouver des variétés résistant aux pucerons. Le traitement chimique étant trop cher et néfaste à l’environnement. Cette nouvelle variété est baptisée Pa-Pè-Picho. Elle est développée en Haïti par le laboratoire Chibas. Pa-Pè-Pichon, selon le responsable du laboratoire, Gaël Pressoir, est une mixtion de Pa-Pè-sèk, la variété produite traditionnellement en Haïti, et d'une autre provenant d'Éthiopie. Cette combinaison laisse entrevoir un brin d’espoir pour les producteurs des dix départements géographiques du pays. Le sorgho demeure l’une des denrées les plus importantes du pays. 33% des producteurs agricoles s’adonnent à cette culture. La situation provoquée par le puceron jaune constitue une perte énorme pour le pays. Le petit mil, comme on l’appelle couramment en Haïti, joue, selon le ministre de l’Agriculture, carmel André Béliard, un rôle important dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. Dans une année normale, cette production se réalise au niveau de 128 ha. Selon les prévisions du ministre, le rendement varie entre 0,8 et environ quatre tonnes. Il s’agit d’une denrée à usage multiple. En plus de son apport dans l’alimentation nationale, ce produit est en train, si l’on en croit M. Béliard, de devenir une culture très rentable. Elle est utilisée dans la fabrication du Malta H, de la bière et du clairin. Avant l’apparition de la maladie, la Brasserie nationale achetait des producteurs du département de l’Ouest plus de 5 000 tonnes de sorgho annuellement en remplacement de l’orge pour la fabrication de certaines boissons. Fort de ces considérations, le ministre de l’Agriculture croit qu’il valait la peine de supporter une telle production. D’où la raison qui explique le partenariat susmentionné. Ainsi, 1.5 million de dollars a été investi dans un programme de croisement visant à développer des variétés de sorgho résistant aux pucerons. C’est une réussite à tous les points de vue considérés. Le pays dispose désormais de 13 variétés, dont la grande majorité est faiblement sensible aux pucerons. Dès le mois de juillet prochain, plus de 100 tonnes de semences seront disponibles et tout le pays aura l’opportunité de s’adonner encore une fois à cette culture. Ainsi, le ministre Béliard estime qu’il s’agit d’une victoire pour le secteur agricole et pour la recherche universitaire. Dans ce cas, le chef de l’État promet de tout faire afin qu’il y ait des fonds disponibles pour la recherche dans le cadre du budget rectificatif. L’appui aux producteurs de sorgho, explique Jovenel Moïse, entre dans le cadre de la vision politique de son administration. Cette production, poursuit-il, est un choix stratégique dans la politique agricole dans le processus de développement du secteur, dans le sens qu’il génère des revenus importants pour la classe paysanne. Le sorgho est la seule céréale qui se récolte entre fin décembre et début janvier, donc en pleine saison sèche. Ce qui confère à cette denrée l’épithète de soudure par excellence, car c’est bien elle qui nourrit les zones sèches d’Haïti pendant la moitié de la saison sèche jusqu’à la première récolte de printemps. Tout pour dire que le sorgho joue un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire des zones semi-arides d’Haïti. Pour emblaver les 28 000 ha généralement destinés à cette production, le pays a besoin de 500 tonnes de semences. D’ici au mois de juillet, les responsables projettent de mettre environ 100 tonnes à la disposition des agriculteurs. Le président de la République demande aux responsables du laboratoire de s’efforcer afin de produire 600 tonnes dans les six prochains mois de telle sorte que tous les producteurs puissent avoir des semences insensibles aux pucerons en vue de la relance effective de la production du sorgho en Haïti.

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