Historique/ Joueur plus titree

Hvaniel Sirin dans la légende

Il n’est même pas le meilleur passeur de la saison, voire le meilleur buteur ou encore meilleur joueur de la saison, pourtant le buteur décisif de la finale de la série de clôture est entré dans la légende comme le joueur le plus titré du championnat national depuis la création de cette dernière en 1989. Jamais joueur n’a remporté autant de trophées que l’ailier polyvalent du FICA. Coup d’œil sur ce joueur qui pourtant n’est plus appelé en sélection depuis 2013.

Publié le 2017-01-11 | Le Nouvelliste

Sport -

Avec quatre titres de champion national avec le Tempête de Saint-Marc (2008, 2009, 2010, 2011), un avec l’AS Mirebalais (2013), deux avec le FICA (2015 et 2016), l’auteur du but décisif du FICA en finale retour de la série de clôture du championnat national haïtien, Hvaniel Sirin, est entré dans la légende du football haïtien depuis le 24 décembre 2016 comme le footballeur le plus titré de la compétition. Aucun autre footballeur haïtien, vivant ou mort, n’a fait mieux. Tout simplement phénoménal ! «Je suis heureux et fier d’avoir pu remporter ce 7e titre dans ma carrière. J’ai commencé à jouer en championnat national en 2005 sous les couleurs de l’Association Sportive de Mirebalais », se réjouit-il après le sacre de son club. Certes, le FICA a échoué dans sa course au titre de super champion mais cela ne l’empêche pas de rentrer dans la légende et d’être félicité à ce titre par le président de la FIFA en personne. Et Hvaniel aussi. Né à Delmas le 26 octobre 1989, le quatrième des 6 enfants de Marie-Thérèse Louis-Charles et de Ménès Sirin commence le football dans son quartier (Pont-Rouge), avant d’être retenu en 2000 pour représenter la commune de Delmas dans les compétitions d’Anafoot. L’apprentissage dure cinq ans, et en 2005, il fait ses débuts en championnat national de D1 dans les rangs de l’Association sportive de Mirebalais. Il n’a que 16 ans, mais le précoce latéral droit y évolue près de trois saisons avant d’intégrer les rangs du Tempête en 2008, à l’âge de 19 ans, se souvient-il. C’est dans les rangs du Tempête de Saint-Marc qu’il explose sous la conduite d’un certain Wilcuins Plaisir. Il y remporte quatre titres, certains avec Wilcuins sur le banc, d'autres avec Wilnot Saint-Juste, ancienne idole du club devenue entraîneur. « J’ai connu une période faste au sein du Tempête. Nous avons remporté le championnat national à quatre reprises (2008, 2009, 2010, 2011) et j’ai connu de bons moments là-bas ». En 2012, il revient au club de ses débuts, l’Association sportive de Mirebalais, avec lequel il remporte un nouveau titre de champion. « C’était comme une consécration, ce titre national avec la formation du Bas-Plateau », avance celui qui signa au FICA en 2014. Son club ayant décidé de ne pas jouer, il connaît une année sabbatique avant de revenir à la compétition une année plus tard pour remporter son 6e titre national, qui coïncide avec le 6e titre de son club. Polyvalent, il peut jouer à plusieurs postes et s’enorgueillit même, à 27 ans, d’être ainsi : « Je suis à l’aise pour évoluer au poste souhaité par mon entraîneur, sauf celui de portier. Je rêve un jour d’évoluer dans un club à l’étranger, car c’est très important dans la carrière d’un joueur.» Mais il regrette le fait que les mauvaises langues s’interrogent sur son âge : « Beaucoup de gens pensent plus de façon négative que de façon positive. Ils peuvent dire ce qu’ils pensent, mais ne peuvent prouver ce qui n’existe pas, puisque pour réduire mon âge, il faudrait que mes parents m’aient donné un nouvel acte de naissance et ce n’est pas le cas », répond-il quand on lui demande ce qu’il pense de ceux qui affirment qu’il serait plus vieux en réalité. Avant d’ajouter : «Les mauvaises langues en disent de même de certains joueurs plus réputés que moi. Ce n’est pas étonnant.» Marié à Olhuite Dorzin et père d’une fille, Leila Holvaneydjie Sirin, Hvaniel Sirin croit qu’il a encore de bonnes saisons dans les jambes et espère même intégrer le niveau professionnel dans un club étranger. Croyant dans le travail et la famille, il gère sa santé et sa fidélité à sa femme : « Même si j’apprécie énormément le sacrifice des fans masculins ou féminins du club capois pour supporter leur club, ce pourquoi je les remercie, je reste fidèle à la promesse que j’ai faite à ma femme le jour de mon mariage». Et quand on évoque son absence en sélection : « Je ne suis plus appelé en sélection depuis 2013, mais je ne m’en plains pas. Pour le moment, l’important, ce n’est pas de me plaindre mais surtout de travailler dur pour y retrouver ma place », un discours à la fois diplomatique et intelligent, un discours de footballeur. En une pirouette, Hvaniel Sirin évite d’ouvrir toute polémique. Il attend son heure. Auteur de quatre buts lors de la série de clôture, Hvaniel Sirin aura été décisif surtout lors des six derniers matchs de son club pour la série de clôture.

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