THESS, pour réduire la fuite des jeunes étudiants et des capitaux du pays

Publié le 2016-04-08 | Le Nouvelliste

Economie -

Réduire la fuite de devises dans le secteur éducatif et contribuer à renouveler une masse critique de compétences dans le pays, tels sont les principaux objectifs de la Technologie hybride pour l’éducation, la science et le savoir (THESS). Il s’agit d’une plateforme qui intègre à la fois l’enseignement en ligne, la gouvernance universitaire et la gestion pédagogique. Cette structure, si l’on en croit les concepteurs, est le résultat des efforts entrepris par plusieurs institutions locales avec l’appui de l’Agence universitaire de la francophonie et de l’ambassade de France. Elle vise, entre autres, à accroître l’employabilité des jeunes en leur facilitant l’accès à l’enseignement supérieur. Présentée le 6 avril dernier à l’hôtel Montana, THESS se propose de contribuer au renouvellement de la masse critique des compétences dans le pays. Elle souhaite répondre aux besoins croissants des apprenants ainsi que des structures de formation du secteur éducatif. À travers cette plateforme, les tenants comptent faciliter l’accès à l’enseignement supérieur sur l’ensemble du territoire tout en garantissant la transparence du processus avec les contenus en ligne, un tutorat dynamique, un système d’évaluation en présentiel et une gestion administrative centralisée. Les apprenants, selon Patrick Attié, directeur général de l’École supérieure d’infotronique d’Haïti (ESIH), pourront suivre leurs études en ligne grâce à un kit étudiant qui intègre une tablette numérique, une connexion Internet et un abonnement à la bibliothèque numérique Cyberlibris. THESS, explique-t-il, est un outil qui va permettre au pays de réduire non seulement le départ en masse des jeunes en quête de formation supérieure, mais également la fuite de capitaux et de cerveaux vers d’autres économies déjà plus performantes. Rien qu’en République dominicaine, avance-t-on, l’on dénombre plus de 20 000 haïtiens à l’université pour une somme avoisinant les 200 millions de dollars américains annuellement. Ce qui représente une fuite de devises énorme pour le pays. Cette plateforme est une réponse appropriée à la demande. Mais, plus que la disponibilité de l’offre, la qualité du service s’avère, selon la coordonnatrice générale de THESS, madame Marlène Sam, d’une importance capitale. Ainsi, plusieurs professeurs, de hauts cadres haïtiens et étrangers, promet-elle, seront à la disposition des apprenants. Pour un système hybride, les concepteurs ne veulent rien laisser au hasard. Développée par l’ESIH, cette plateforme sera ouverte dès l’automne prochain à toutes les universités membres de la Conférence des recteurs et des présidents des universités d’Haïti (CORPUHA). Dans l’optique d’être accessible à tous, les responsables développent des stratégies pour réduire le coût des packages autant que possible. Le défi pour l’instant, de l’avis de M. Attié, est d’identifier les contenus en ligne qui sont libres de droit et utilisables afin non seulement de jouer sur le coût, mais aussi dans le but de standardiser la formation. Le système éducatif haïtien reçoit de ses partenaires internationaux environ 200 millions de dollars annuellement en termes de subvention. De cette somme, rien que 4% est alloué à l’enseignement professionnel et 2% à la formation supérieure. Malgré la fuite de plusieurs milliers de postulants, selon les responsables, 30 à 40 000 jeunes sont à la recherche d’un espace universitaire pour se former. Le chef du Service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France en Haïti, Laurent Bonneau, croit que le pays a beaucoup à faire dans le domaine de l’éducation. Aussi promet-il l’apport de son pays dans l’éducation tel qu’il a été décidé lors de la visite de François Hollande en Haïti, il y a environ un an.

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