Port-au-Prince a besoin de moyens et de techniques pour sortir du piège des fatras

Publié le 2018-05-24 | Le Nouvelliste

Editorial -

Dans l’édition du Nouvelliste du jeudi 24 mai 2018, deux articles font la une : « Port-au-Prince aura 5 millions d'habitants en 2030 » et « Un arrêté communal pour faire face au problème des déchets à Port-au-Prince ». Les deux sujets traitent de la ville capitale, de la ville République, de notre Port-au-Prince qui épuise les superlatifs quand certains parlent de sa déchéance comme quand d’autres évoquent sa transformation.

Le premier article égrène des statistiques. La ville a besoin de 20 000 nouveaux logements par an pour accueillir les cinq millions d’habitants - 40% de la population haïtienne - qui l’habiteront d’ici 2030.

2030 c’est dans 12 ans, cela veut dire, à l’échelle d’une ville, dans quelques jours.

L’article d’Edrid St-Juste nous apprend aussi que les nouvelles délimitations de la région métropolitaine se répartissent ainsi : l’arrondissement de Port-au-Prince en entier, Kenscoff, Croix-des-Bouquets, Thomazeau, Ganthier, Arcahaie, Cabaret, Léogàne et Gressier. Est-il besoin de préciser que Carrefour, Delmas, Tabarre, Pétion-Ville, Cité-Soleil et latriye font aussi partie de la grande région métropolitaine et que l’on dort dans les villes satellites mais qu'on travaille ou tient commerce à Port-au-Prince ?

Le panel de 27 experts qui a réalisé l’étude citée souligne que depuis 1970, le produit intérieur brut (PIB) d’Haïti diminue de 0.8% par année. Il a diminué de 35% sur la période. En un mot, la population augmente, la richesse à partager diminue. Comprenez aussi que la gouvernance de la cité diminue, elle aussi.

Le deuxième article présente un arrêté communal sur la question des fatras. La mairie veut pénaliser ceux qui se débarrassent n’importe comment de leurs ordures. A le lire, on ne peut que se poser des questions : que va faire vraiment la mairie, que peut faire vraiment la mairie pour prendre sa part dans l’une de ses responsabilités qui est l’assainissement de la ville ?

Ces questions, on peut les poser à tous les services publics : que vont faire la Dinepa, l’EDH, les Travaux publics, le ministère de l’Education nationale, etc., etc., pour garantir une existence vivable à cinq millions de Port-au-Princiens alors qu’ils ne peuvent pas desservir 2.5 - 3 millions d’usagers ?

Que vont faire les autorités pour résoudre des problèmes concrets de nos villes avec des moyens et de la technique au lieu de chercher à le faire avec des lois et des imprécations ?

2030 c’est dans douze ans. Nous serons cinq millions. A Port-au-Prince. Pensez-y vous aussi. Vous qui avez le rêve de vivre ici, dans notre ville-capitale.

Frantz Duval
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