Les livres qui ont marqué Luckner Garraud

PUBLIÉ 2018-05-15
J’ai lu une publication sur une page et je me suis dit que cela illustrerait parfaitement la liste que je vais vous dévoiler aujourd’hui. « Lekti se yon zak rebelyon kont inyorans, degaje w mouri rebèl », ce que Luckner Garraud, journaliste à Radio Télé Métropole, a compris. Son histoire avec la lecture a débuté par obligation avant que celle-ci ne devienne une passion. Allez, faisons un tour des livres qui ont marqué ce taquin au superlatif.


Luckner Garraud n’a pas toujours été ce féru de livres qu’il est maintenant. « Je dois, d’entrée de jeu, avouer que je ne suis pas un grand lecteur comme mon confrère à Métropole Georges Allen (sourire) ou tant d’autres encore. Les livres et moi, nous avons eu une histoire ‘’d’obligation’’. Tout a commencé au secondaire lorsque, pour participer au débat d’après classe, il fallait pouvoir discuter d’un livre qu’on a lu. C’est ainsi que j’ai dû prendre la route de la Bibliothèque nationale. Et depuis, les obligations se sont multipliées et ceci pour mon plus grand bonheur, car certaines œuvres ont été déterminantes dans le cheminement de ma vie », confie celui que Daniel Marcelin avait surnommé le boute-en-train de la Radio Métropole.

« L’Alchimiste » de Paulo Coelho

Ce livre a joué un rôle fondamental dans ma carrière, car il m’a appris à donner de l’importance aux signes. Dans cet ouvrage qui est devenu un best-seller, l’écrivain brésilien nous fait comprendre qu’il faut écouter son cœur et apprécier les détails. Le berger, parti en quête d’un trésor au pied des Pyramides d’Egypte, n’aurait pas pu survivre s’il n’avait pas interprété chaque signe comme il le fallait. Avec L’Alchimiste, j’ai confirmé que dans la vie, il n’y a pas de hasard ni de coïncidences. Tout ce qui arrive a une raison et il faut la trouver pour avancer.

« Père riche, père pauvre » de Robert T. Kiyosaki

Pendant longtemps, j’avais cru que la formule pour être à l’abri du besoin était de trouver un bon emploi, gagner son salaire, épargner une partie, et au diable les soucis. Jusqu’à ce que je tombe sur ce livre, et j’ai été désenchanté. Cet auteur américain m’a appris qu’il ne faut pas travailler pour l’argent mais de préférence faire travailler notre argent. Robert Kiyosaki nous montre, dans un style clair et simple, qu’il ne faut pas attendre que l’argent vienne à nous. Il faut aller le chercher, en créant. Il ne faut pas se contenter d’un salaire, il nous faut diversifier notre revenu. Notre éducation financière n’est pas assurée dans les écoles. « Père riche, père pauvre » m’a ouvert les yeux.

« Sur la télévision » de Pierre Bourdieu

Comme je l’avais mentionné au début, entre les livres et moi, c’était une histoire « d’obligation ». J’ai lu cet ouvrage parce que je suis journaliste, et il a changé ma façon de voir mon secteur d’activité.

« Sur la télévision » nous rappelle la réalité de notre métier, ses faiblesses et ses impacts sur le reste des domaines. L’auteur nous explique comment l’aspect commercial dérange le côté pur du journalisme, car on devient dépendant de l’audimat. Et parce que tout le monde veut avoir de l’écoute, tout le monde fait la même chose : la station qui peut mobiliser l’auditoire ; et le travail devient homogène. Dans ce métier que je fais, une autoévaluation est toujours importante, et je l’ai faite à travers ce livre.

« De l’égalité des races humaines » d’Anténor Firmin

Ce livre a fouetté mon orgueil de Noir. En lisant cette œuvre de Firmin, j’ai retrouvé la fierté d’être Haïtien. Surtout quand je sais qu’il n’a pas écrit ce livre après un beau rêve mais plutôt pour tenir tête à Arthur de Gobineau qui lui avait présenté l’essai intitulé « De l’inégalité des races humaines ».

Alors que le Français s’est appuyé sur une question de couleur et de race pour parler de l’intelligence, Anténor Firmin, lui, a réfuté cette thèse en venant avec des critères scientifiques. Lire ce livre m’a fait prendre conscience de notre importance dans l’univers et du respect qu’on doit exiger, qu’on doit nous témoigner.

« Hadriana dans tous mes rêves » de René Depestre

Bon, là, c’est une fierté personnelle, un peu de chauvinisme, car ce livre traite de ma ville natale, Jacmel. L’auteur qui est aussi Jacmélien a su jouer avec les mots, avec les noms dans un français atypique et adapté. Mais ce qui m’a fasciné le plus, c’est la référence à la zombification, qui pendant longtemps était un sujet tabou chez nous. La sensualité du personnage exprimée dans un environnement de douleur, de peur et de doute fait de ce roman une œuvre exceptionnelle. Et parce que j’ai toujours été intrigué par le syncrétisme religieux (mariage Vaudou-Catholique), j’ai pris plaisir à lire ce texte de Depestre.

Si la lecture faisait grossir, il y a des personnes qui au moment où vous vous êtes arrêté pour vous envoyer ce numéro de « Des livres qui ont marqué », seraient obèses. Imaginez les romans comme du sucre, les poésies servant de gras, les essais seraient des produits laitiers, les nouvelles, de la farine : vous imaginez le dilemme des fervents lecteurs ? Notre cher Luckner n’est pas loin d’envoyer au diable le régime pour s’adonner intensément à la lecture. Il le confirme d’ailleurs en ces termes : « Chacun de ces livres a contribué à faire de moi la personne que je suis aujourd’hui. Je ne compte pas maintenant arrêter de façonner ma réalité, mon existence. Du coup, je ne vais pas arrêter de lire ».

Et vous, quels livres vous ont marqué ?

Madjolah Pierre madjoh90@yahoo.fr



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