Livres en folie

La nostalgie d’un paria ou le revers de la médaille

Publié le 2018-05-16 | Le Nouvelliste

Culture -

Estimphil Rood Beurry Angelitho, jeune auteur, laisse déjà ses empreintes dans la littérature contemporaine. Il confirme son leadership en montrant aux jeunes le chemin à prendre. Après son premier roman intitulé : « L’Ado, à la croisée des chemins », il nous propose cette année « La nostalgie d’un paria », un texte bien épicé. Un roman qui appelle les jeunes à se rendre à l’évidence. Qui les interpelle tous sur leur choix présent.

Paru au début de cette année, à l’Imprimerie DESTIMAT, ce livre d’une cinquantaine de pages tient en haleine. L’auteur nous plonge encore une fois dans son univers « Ado ». Avec son mot à lui. Son lexique « brejenn » pour raconter sans détours les conséquences des mauvaises habitudes. Le revers de la médaille.

L’histoire

Junior, très jeune, ne se soucie pas trop de l’école. Invente, presque tous les jours, une histoire, à sa mère, pour ne pas se rendre à l’école. S’Il s’y rend, toutefois, soit pour lui plaire, soit pour tuer le temps avec des camarades de classe. Des filles on ne peut plus séduisantes et intrigantes. Ces fleurs aux mille beautés. Qui ornent son jardin. Ces nanas, ces lumena, comme il les appelle. Il est issu d’une famille aisée. Tout est à sa disposition. Son chauffeur pour l’amener à l’école, au sport. Enfant unique, il jouit d’un certain laisser-aller de son grand-père maternel. Un père qui le chérit. Qui le dorlote. Ses désirs sont comme des ordres. Il a son emprise dans la salle de classe. A l’école. C’est un protégé de la direction. Du maître Garry, un préfet de discipline indiscipliné. Son complice de toujours. Donc, Junior se soucie peu de son avenir. Il le résume plutôt aux plaisirs sexuels, aux voyages, aux « rabòday », pour reprendre le mot de l’auteur. Se faisant maître de l’école buissonnière, il passe rarement la journée entière en classe. Il clame toujours haut et fort son origine sociale qui l’autorise à faire ce qu’il veut. Il est fier de parler de ses conquêtes, de ses nanas. De ses bêtises. Des policiers qu’il corrompt. De son directeur d’école qui se fait enfant devant son grand-père. Mais, en voyage pour des études aux Etats-Unis, le jeune Junior tomba par la faute des mauvaises habitudes « Les vieilles habitudes ont la vie dure », dit-on. Il laissa l’université pour devenir un baron d’un cartel de la drogue. Capturé, il a été déporté en Haïti. Là, il connaît toutes les misères du monde. Exclu et méprisé par la société, il se voit comme un paria. Il devient nostalgique. Il se rend finalement compte de sa mauvaise conception de la vie.

La leçon

L’histoire que nous raconte l’auteur n’est pas nouvelle. Elle paraît familière, sans doute. Mais ce qu’elle relate, de façon succincte, est nouveau. Les non-dits. Ses dessous. Celle-ci évoque certaines tares propres à la société haïtienne. Des tares de chez nous. Des ayants droit. Des familles aux richesses douteuses. Des noms plénipotentiaires dans ce petit pays. Dimitri, le grand-père de Junior. Un nom, à qui respect est dû. Qui que vous soyez. Aussi, ce livre met en garde les jeunes. Leur invite, à nouveau, à réfléchir sur leur avenir. A prendre leurs études au sérieux et à contrôler leurs désirs malsains. A fuir la drogue. L’argent facile. A fuir les mauvaises habitudes.

Tachez de vous faire signer, ce livre, en premier, à la 24e édition de livres en folie les 31 mai et 1er juin prochains dans les jardins de MUPANAH.

Elien Pierre Elienpierre69@yahoo.com Auteur
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