Les finalistes haïtiens du grand concours littéraire de l'IRAM

Publié le 2018-04-13 | Le Nouvelliste

Culture -

La liste des finalistes du concours international de nouvelles littéraires sur les thèmes de l'altérité et de la construction identitaire de l'IRAM-bureau d'études associatif siégeant en France et évoluant dans le domaine de la coopération internationale a été rendue publique avec, dans le lot, deux jeunes auteurs haïtiens.

Seulement 14 candidatures venant d'Haïti, mais deux compatriotes parmi les douze finalistes de la catégorie des moins de 30 ans. Ils s'appellent Carl-Henry Pierre, Joël Salien et, bien évidemment, ils ne sont pas peu fiers. Le premier, Carl-Henri, tout juste 24 ans, journaliste culturel ayant laissé sa marque dans des quotidiens tels que Le Nouvelliste a aussi contribué à des revues haïtiennes reconnues comme Legs & Littérature et Trois/Cent/Soixante degrés. On sent cette fougue propre à la jeunesse chez ce natif de Petit-Goâve, qui cumule les lectures tout comme les études. Concernant ces dernières, on le retrouve dans des domaines variés que sont les lettres, l'histoire de l'art et le droit.

Ce qui lui a inspiré «L'autre soi», sa nouvelle finaliste racontant le parcours et la révolte de Sôr Zinga, Africaine déportée et réduite en esclavage en Amérique? La mer, à la fois belle et porteuse de malheur. «La mer m’était devenue le symbole du malheur. (...) Elle me paraissait aussi le symbole le plus abouti de l’enfermement à un moment où je refléchissais un peu sur la Littérature du Tout-monde. Je voulais, sans pour autant dédouaner ceux qui ont cautionné et planifié l’esclavage de leur responsabilité historique et morale, ouvrir une fenêtre sur une nette réconciliation...». Carl-Henry affirme avoir été mis au courant du concours par un ami, écrivain en herbe comme lui, mais il a surtout écrit ce texte à cause de la voix de Sôr Zinga qui, de son aveu, nous promet encore d'autres histoires.

Joël Salien, 26 ans, est quant à lui travailleur social de formation. Avec un goût marqué pour la littérature, le jeune Port-au-Princien est aussi mémorand en droit. Sa nouvelle, «Baby», relate les confessions d'un jeune détenu à une étudiante en psychologie. Le milieu carcéral, chez Joël, est objet d'intérêt tant littéraire qu'académique. En effet, son mémoire de licence en travail social, à la Faculté des sciences humaines, portait déjà sur les mineurs en conflit avec la loi, et il en sera de même pour celui devant boucler ses études de licence en droit.

La construction identitaire est par ailleurs un thème qui tient Joël à cœur. Il a l'écriture dans la peau, nous avoue cependant avoir déjà voulu se débarrasser de cette maîtresse exigeante. Sans succès. «L'écriture est une passion qui me poursuit depuis l'adolescence», nous confie-t-il.

Lancé au début de l'année 2017 pour fêter les 60 ans, en juin prochain, de l'Institut de recherche et d'application des méthodes de développement (IRAM), ce concours de nouvelles littéraires sur les thèmes de l'altérité et de la construction identitaire - «Rencontrer l'autre, devenir soi» - inspirés du roman «L'aventure ambiguë» de Cheikh Hamidou Kane, président du Jury, a entraîné 379 candidatures originaires d'une trentaine de pays tels que l'Algérie, l'Italie, le Congo, le Brésil ou encore le Cameroun. La publication officielle des résultats des délibérations finales se fera bientôt.

Laroc Phew Auteur
Ses derniers articles

Réagir à cet article