Disparition/Vladjimir Legagneur

Michel-Ange Gédéon promet de « pacifier » Grand-Ravine

Si les chances de retrouver en vie le journaliste Vladjimir Legagneur sont extrêmement minces, le directeur général de la Police nationale promet, toutefois, de pacifier Grand-Ravine, la zone où le journaliste est porté disparu depuis environ deux semaines. Michel-Ange Gédéon soutient que l’enquête avance pour retrouver le journaliste tout en assurant que la police fera tout pour que la paix et la tranquillité reviennent dans ce quartier de Martissant.

Publié le 2018-03-27 | Le Nouvelliste

Située à la sortie sud de Port-au-Prince un peu à l'est, Grand-Ravine, qualifiée de zone dangereuse par certains et zone de non-droit par d'autres, est prise en otage depuis quelque temps par des bandits lourdement armés. Ils y font la loi et mettent certaines fois en déroute même les forces de l’ordre comme ce fut le cas le 13 novembre 2017, lors d’une opération au cours de laquelle deux policiers et huit civiles ont été tués.

Le 14 mars 2018 dans la matinée, Vladjimir Legagneur était parti en reportage dans ce quartier de Martissant pour ne plus en revenir.

Selon le chef de la police nationale, une fois qu’il a été informé de la disparition du journaliste par un autre journaliste photographe, la Direction centrale de la police judiciaire a été alertée de la situation. Michel-Ange Gédéon comprend les préoccupations exprimées ces derniers jours par différents secteurs de la société. Il assume que la police s’est gardée de communiquer sur le dossier parce qu’elle a priorisé la vie du journaliste en menant l’enquête avec discrétion.

La police commence à avoir des données précises sur la disparition du photojournaliste. Cependant, le patron de la PNH ne veut pas les divulguer pour le moment. Ce qui est sûr, la thèse de l’enlèvement a été écartée parce qu’il n’y pas eu de demande de rançon, a précisé M. Gédéon dans une interview accordée au Nouvelliste mardi soir.

Le directeur général de la Police nationale a souligné que toutes les informations recueillies par la PNH ne leur permettent pas d’écarter une issue fatale pour le journaliste. « Mais nous autres, étant donné que nous n’avons pas encore trouvé le corps du journaliste, on ne peut pas le confirmer », a-t-il dit. Le chef de la police a appelé la population à la prudence dans ses déclarations sur le dossier pour ne pas entraver la bonne marche de l’enquête.

Jusqu’à la découverte du corps de Vladjimir Legagneur, la police considère que le journaliste est encore en vie, malgré des informations pertinentes laissant croire le contraire.

Questionné pour savoir s'il existe encore une faible possibilité de retrouver le journaliste en vie, Michel-Ange Gédéon ne veut pas être affirmatif dans un sens ou dans un autre. L’enquête poursuit son cours jusqu’à la découverte du disparu, a-t-il soutenu.

Michel-Ange Gédéon ne veut pas affirmer clairement que Grand-Ravine est une zone de non-droit, comme elle paraît l’être ces derniers temps. Cependant, le chef de la police reconnaît qu’il y a certaines préoccupations dans ce quartier de Martissant situé à quelques minutes de la capitale.

Il a rappelé la mort de deux policiers dans cette zone l’année dernière lors d’une opération, et maintenant la disparition du journaliste dans cette même zone, il y a environ deux semaines.

« La seule garantie que je peux donner, aussi difficile que puisse être cette zone, au niveau de la police nationale, nous nous donnons comme obligation de pacifier ce quartier », a-t-il dit avec autorité.

Selon le chef de la police, aucun quartier ne devrait être un défi pour les forces de l’ordre. Une façon pour Michel-Ange Gédéon de dire qu’il n’existe aucune zone dans laquelle la police ne peut intervenir. Pour cause, actuellement, des éléments de la PNH sont à Grand-Ravine dans le cadre de l’enquête sur la disparition du journaliste, a-t-il affirmé.

Pour arriver à faire revenir la paix et la tranquillité à Grand-Ravine, Michel-Ange Gédéon sollicite la collaboration de la population, notamment les habitants de Grand-Ravine. Selon lui, les résidents de cette zone ne doivent pas se faire complices de quelques délinquants qui prennent leur quartier en otage.

En attendant, l’épouse de Vladjimir Legagneur, l’Association des médias indépendants d’Haïti (AMIH), l'Association nationale des médias haïtiens (ANMH), l’Association des journalistes haïtiens (AJH), entre autres, et la corporation dans son ensemble continuent d’exiger de la police de retrouver le journaliste.

Une marche pacifique et silencieuse sera organisée ce mercredi 28 mars par plusieurs associations de journalistes à Port-au-Prince pour continuer d’exiger de la police de retrouver Vladjimir Legagneur.

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