Indigné, Jean Renel Sénatus alerte le chef de l’Etat sur la problématique de la jeunesse qui fuit le pays

Publié le 2018-03-12 | Le Nouvelliste

National -

Indigné par le fait que « nos jeunes compatriotes haïtiens s’envolent vers des pays de l’Amérique latine, particulièrement le Chili, ce en quête d’un mieux-être », le sénateur Jean Renel Sénatus, vice-président de la commission des Affaires sociales et des droits de la famille, s’est fendu d’une lettre ouverte au chef de l’Etat pour attirer son attention sur cette situation. Le Parlementaire, s’arc-boutant à ces informations, explique que les « Haïtiens ne sont plus les bienvenus tant en République dominicaine qu’au Chili, sans préjudicier les grands pays occidentaux ».

Le président de la commission Justice du Sénat indique qu’il vient d’apprendre qu’une initiative de loi vient d’être déposée au Parlement de la république voisine, histoire de stopper nos compatriotes illégaux. « Nous sommes humiliés partout », s’indigne Jean Renel Sénatus, soulignant, comme pour illustrer, qu’il y a des « affiches anti-haïtiennes en circulation dans divers quartiers d’un pays de l’Amérique latine alors que, d’un autre côté, des cas d’agressions physiques sur certains de nos concitoyennes et concitoyens auraient été déjà enregistrés ».

« La plupart des jeunes qui fuient Haïti, à l’instar d’un pays en guerre, sont formés aux frais de la République dans nos universités et nos écoles professionnelles et sont détenteurs de diplômes. Pour ne pas pouvoir mettre à profit leur science au service du développement de la patrie commune, ils ont décidé malheureusement de la quitter, quel que soit le prix. Notre passivité, notre laxisme les contraignent à s’orienter vers d’autres rives », étale Jean Renel Sénatus, comme pour sensibiliser le président de la République, Jovenel Moïse, à la gravité du mal auquel est confronté la jeunesse du pays.

« On n’a pas besoin d’être savant pour décoder que nous dirigeons, depuis des décennies, le pays avec une certaine nonchalance et une désinvolture acerbe qui font de nous des amateurs qui procèdent par tâtonnement », enchaîne l’élu de l’Ouest, qui fait état des causes poussant les jeunes à fuir Haïti, à savoir, entre autres, l’absence de politique publique en matière de jeunesse et de politique d’intégration de la jeunesse. Dans cette lettre au ton dur mais à la fois triste, Jean Renel Sénatus croit qu’il est impérieux d’engager un dialogue en vue d’aborder la problématique liée au désespoir de la jeunesse.

Le parlementaire, qui croit que « notre dignité de peuple libre est mise à grande épreuve », soutient que nos « compatriotes sont victimes des conséquences de la mauvaise gouvernance chronique, empreinte d’amateurisme politique, d’irresponsabilité et de manque de vision de nos dirigeants […] » Cette hémorragie, aucune mesure visant à la stopper n’est encore adoptée, se désole Jean Renel Sénatus, qui se dit inquiet de ce laxisme.

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