Des grèves et des crises, Haïti tourne au ralenti

Echo de l’éco

Publié le 2018-03-09 | Le Nouvelliste

Economie -

La grève des douaniers, la dernière en date, dérange. La douane, porte d’entrée de marchandises au pays, est en grève depuis cinq jours, depuis le vendredi 2 mars. Même si le pays « perd » entre 150 et 200 millions de gourdes par jour, cela ne suffit pour faire entendre raison aux protagonistes. Chaque partie campe sur ses positions. Le ministre de l’Economie et des Finances, paraît-il, tend à persuader quiconque que lui et son équipe détiennent la vérité et est dans le droit chemin.

De leur côté, les douaniers croient dur comme fer que leur ministre de tutelle ne fait pas preuve de bonne volonté. Ils cherchent par tous les moyens la publication du statut particulier des douaniers. Si cette grève doit encore durer une semaine, les conséquences seront irréparables. Pourquoi ces velléités extrémistes quand il s’agit de traiter les affaires de la mère patrie ? En réalité, ou en sommes-nous ?

C'est une situation qui ne devrait plus durer tant elle pose problème à des entreprises qui opèrent en Haïti. Si le mouvement persiste, malheureusement le pays va en payer de lourdes conséquences, en témoignent huit entreprises de la sous-traitance qui ont dû fermer leurs portes. L’appel de l’Association des industries d’Haïti (ADIH) lancé aux autorités et aux douaniers afin de trouver un consensus est resté lettre morte. Jusque dans la soirée du vendredi aucune solution n’a été trouvée. Le pays s’enfonce dans une nouvelle crise avec la menace de fermeture du Parc industriel de Caracol.

Le ministre Jude Alix Patrick Salomon ne cesse d’appeler les douaniers à entendre raison. Si par hasard, dit le ministre de l’Economie et des Finances, ils auraient des suspicions que l’accord ne rentrerait pas en application au début du prochain exercice, ils auraient proposé un comité de surveillance qui aurait pour mission de veiller au grain. Le ministre dit privilégier le dialogue et laisser toutes les options ouvertes, mais ne convainc pas grand monde. Le ministre de l’Economie et des Finances estime que les douaniers- dans l’état actuel des finances publiques- sont des privilégiés.

Entendez par là que la moindre décision en faveur des douaniers va entraîner une hausse de salaire dans toute l’administration. Si l’on tient compte des conséquences de l’augmentation de la masse salariale conjuguées avec quelques autres écarts comme le déficit budgétaire de 9 milliards de gourdes pour les cinq premiers mois de l’année, on est en droit de redouter le pire.

Les douaniers, qui reprennent du poil de la bête par le biais de leur porte-parole, Michelson Nelson, affirment que le document accordant le statut particulier aux douaniers croupit dans les tiroirs de l’Etat depuis sept ans. Il estime, sur les ondes de radio Vision 2000, ce vendredi, que le document est l’un des mieux charpentés dont dispose le pays. Aussi, pour le bien de la nation, menace-t-il de faire publier dans la presse ledit document. Entre-temps, la crise n’est pas résolue, les commerçants, les hommes d’affaires, les pauvres consommateurs risquent d'en faire les frais. Ni plus ni moins, l’image du pays auprès des investisseurs et bailleurs, des partenaires commerciaux ne se retrouveront pas améliorée après ces fous démêlés interhaïtiens.

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