Comment sauver l’école publique de l’appétit de ses fossoyeurs ?

Publié le 2018-03-01 | Le Nouvelliste

Editorial -

Encore une fois ce jeudi, des écoliers étaient dans les rues pour manifester. Ils réclament des professeurs. Des cours. Une vie scolaire normale.

Ce n’est pas la première fois que cela se produit. Cela est même devenu une habitude pour les écoles publiques de ne pas pouvoir offrir une année pleine aux enfants des plus pauvres qui fréquentent les établissements scolaires relevant de l’État.

Chaque année, la même rengaine : des arriérés de salaire, la réclamation de lettre de nomination. Tout pour les professeurs, jamais rien pour les élèves.

Jamais il n’y a eu grève pour réclamer plus de livres, les fournitures scolaires et la cantine gratuites, une bibliothèque, des laboratoires de langues, de sciences expérimentales, des terrains de sports, tout ce qui devrait être des préoccupations des uns et des autres dans une école.

Les écoles publiques comme le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle sont pris en otage par des gangs organisés qui soutirent sans fin les fonds publics sans dispenser en retour la meilleure des formations aux élèves dont ils ont la charge.

Dans une note rendue publique mercredi soir, le ministère de l’Éducation nationale a dénoncé certaines situations dans des lycées bien précis où moins de 5% des professeurs n’ont pas de lettre de nomination ou ne perçoivent pas leur salaire. Dans son communiqué, le ministère de l’Éducation nationale a condamné la pratique abusive et non éthique visant à utiliser les élèves, qui sont d’éternelles victimes de ces grèves en cascade dans les écoles publiques.

Et puis après? et puis rien.

Les grèves et les manifestations se poursuivent. Les autorités et les élus alimentent la machine à arriérés de salaire et les nominations sans lettre de travail. Sans fin, le ballon de la dette gonfle pendant que la tête des élèves se vide. Et autant on construit d’écoles, autant on nomme des professeurs, autant on augmente les difficultés pour le système.

Mercredi, la police a sévi contre les élèves. Ce jeudi, ils étaient encore dans les rues. Ces incidents s’ajoutent à ce qui est déjà une très mauvaise semaine pour les écoles publiques. Si les professeurs finissent toujours par recevoir leur dû et par obtenir satisfaction, ce n’est pas le cas pour les élèves, qui ne rattrapent jamais les cours perdus.

Frantz Duval
Auteur
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