Fabien Vorbe brille au pays de Gandhi

PUBLIÉ 2018-02-16


Footballeur haïtien, polyvalent, beau, talentueux, le jeune Fabien Vorbe brillait quelques années de cela en sélection nationale U17. Véritable renard des surfaces, sa dextérité avec le ballon rond conduit cette équipe en 2007, en phase finale de la coupe du monde des moins de 17 ans, Corée du Sud 2007. En 2010, le cousin de Sébastien Vorbe rejoint l’équipe sénior pour disputer diverses compétitions internationales dont la toute dernière était la Gold Cup. Par ailleurs, l’ancien joueur du Violette Athletic Club a depuis roulé sa bosse aux USA, au Pérou, avant de s’établir au pays de Gandhi où il excelle depuis l’été dernier en première division indienne.

Fabien Vorbe ne joue plus comme attaquant. Mais, rassurez-vous, son talent est resté intact. En milieu de terrain, il assure le jeu, s’érige en sentinelle, délivre des passes décisives. Ce qui fait de lui un pion important dans chacune des victoires de la Neroca FC. « J’ai toujours cette capacité de marquer des buts. La seule différence, je ne suis plus un attaquant, donc, ce n’est plus mon principal objectif », rapporte le milieu de terrain à 89% de passes réussies. « Mon équipe est en forme, on est en deuxième position, à 1 point du premier. On se bat pour gagner, on est en bonne position pour remporter le championnat », poursuit-il.

Avec son dossard 7, l’ex-défenseur central de l’Edmonton FC fait fréquemment la couverture de la presse sportive indienne et bénéficie de la confiance totale de son entraîneur. « Dans les médias indiens, je fais la une assez souvent. Je suis l’un des meilleurs footballeurs étrangers de la ligue. Titulaire indiscutable, j’ai joué tous les matchs. Je m’y plais, tout se passe vraiment bien pour moi. Le feedback est positif, d’autres clubs établissent des contacts avec mon agent. Donc, je suis très apprécié, je pense rester quelques saisons de plus », raconte l’actuel joueur de la Hero I-League.

Néanmoins, malgré son succès en club, le latéral gauche n’a pas disputé les derniers matchs de la sélection nationale sénior . Une situation récurrente en Haïti, constate-t-il. « C’est un gros problème, je dirais même que c’est compliqué. Dans tous les autres pays, les sélectionneurs suivent l’évolution des joueurs dans leurs clubs respectifs afin de faire appel à eux en équipe nationale. Sauf en Haïti. Par moments, on te sollicite, dans le cas contraire, on t’ignore totalement sans aucune raison valable », déplore le footballeur de 28 ans, qui dit malgré tout se focaliser sur son travail. « Qu’il m'appelle ou pas, je me contente de bien faire mon travail».

Communément appelée Hero-I-League, la première division indienne comporte au total 20 clubs de football, réparties en 2 conférences. Comme en basketball, ces 20 équipes jouent la saison régulière et les 6 premières discutent la phase finale appelée la Super coupe. « C’est un championnat très compétitif, une ligue vraiment professionnelle et sérieuse ; au sein de laquelle on a retrouvé des joueurs tels que Dimitar Berbatov, Diego Forlán, Robbie Keane, etc. Souvent on prend les Indiens pour des fans invétérés de cricket, néanmoins, ils adorent le football. Ainsi, ils investissent pour que ce championnat puisse rivaliser avec les compétitions européennes. »

Fabien Vorbe, un comeback en sélection nationale ?

« Un retour est envisageable, mais je ne garde pas vraiment espoir vu mon passé avec l’actuel entraîneur. M pa twò boule avè l. Cependant, s’il fait appel à moi, je me présenterai volontiers. D’ailleurs, comme j’aime à le dire assez souvent, c’est toujours un honneur de défendre les couleurs de mon pays », affirme le fils de Yamilee Vorbe qui, issu d’une famille réputée de footballeurs, ne s’assied pas pour autant sur ses lauriers. « M pa jwe foutbòl ak non fanmi m. Je le fais pour moi et parce que j’ai la capacité nécessaire.»

M.Vorbe encourage donc les jeunes à se focaliser sur leurs rêves en dépit des difficultés quotidiennes. « Que vous pensiez à devenir footballeur ou non, tenez bon. Faites fi des propos pouvant vous décourager. Parce que moi, j’y suis parvenu grâce à ma persévérance, » conseille FV, tout en invitant ses compatriotes à supporter le football, les joueurs haïtiens, et à le suivre sur les réseaux sociaux.



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