Carnaval 2018, le béaba des chars allégoriques

PUBLIÉ 2018-02-15
Char allégorique, un concept qui s’explique facilement : un char qui a pour vocation de traduire par des décorations, les costumes de ses occupants, le rêve, l’idéal du commanditaire. Comme les chars musicaux, ils sont, avec le temps, devenus indissociables du carnaval en Haïti.


Cette année ils étaient au nombre de 12. Tous réalisés à la solde d’institutions étatiques par des architectes dont Gilbert Chenet, Barbara Faubert, Cassandre Méhu, Yves Jason, Daniel Elie, Jean Claude Verdier…

Maëlle David, responsable artistique du carnaval 2018, nous a expliqué l’idée derrière quelques-uns. Sur celui de la BNC, on pouvait remarquer une fée armée d’une baguette magique, symbole, selon elle, d’une croissance économique qui pourrait mettre Haïti sur les rails du développement.

Les amateurs d’histoire, les admirateurs de femmes fortes devaient jeter leur dévolu sur celui du ministère à la Condition féminine et aux Droits de la femme partagé avec le ministère des Affaires sociales. Et pour cause, on pouvait admirer une restitution de la cour de la reine Anacaona, l’une des plus grandes femmes de notre histoire. Le Palais national était esquissé sur le char commandité par la Présidence.

Il a fallu 3 jours en moyenne pour la construction des chars selon Maëlle, qui félicite les architectes qui ont fait preuve de rapidité cette année. « Par le passé il fallait une à deux semaines. Cette année il faut dire que les architectes ont mis les bouchées doubles », a-t-elle confié.

Chaque char allégorique est censé être intercalé entre deux chars musicaux sur le parcours. Cependant, dans le cas où il y a succession de deux ténors du béton façon T-Vice /Sweet Micky, il faut en insérer deux. Les rois et les reines étaient habillés par des créateurs comme Maguy Durcé, Michel Chataigne, Phélicia Dell, Charlotte Tanis, Djénane Desrouleaux, Magda Nicolas, Miko Guillaume, Malou Cadet, Yvonne Prophète et Arnelle Laguerre.

Le roi des rois, Cadet Woosselt Eugène, portait une création griffée Malou Cadet et se trouvait sur le char de la mairie de Port-au-Prince. La reine des reines, Jérisane Mondélus, elle, portait une robe signée Phélicia Dell, et on pouvait l’admirer sur celui de la BNC.

Maëlle, qui collabore depuis des années dans l’organisation du carnaval, a dit regretter le fait que chaque mercredi des Cendres on se voit obligé de détruire ces œuvres (décor de chars) qui n’ont servi au final que 3 jours. « Je milite depuis longtemps pour un musée du carnaval, j’espère qu’il sera finalement construit cette année pour conserver ces œuvres et les faire découvrir à la postérité », conclut-elle.



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