Comment aider Jovenel Moïse à bien tenir sa promesse de 15 000 salles de classe ?

Publié le 2018-02-06 | Le Nouvelliste

Editorial -

En conférence de presse mardi à l’occasion du premier anniversaire de son arrivée au pouvoir, le président Jovenel Moïse a pris le temps de parler des réalisations de son administration, particulièrement celles dans lesquelles il s’implique personnellement. Il a aussi réitéré plusieurs de ses promesses.

Parmi les nombreux engagements renouvelés ou annoncés par le président, ceux de construire d’ici 2022 quinze mille salles de classe et de porter l’État haïtien à doter les nouvelles écoles publiques d’une section préscolaire rentrent dans le cadre de ce qui renforcera la femme et l’homme haïtiens de demain.

Plus que les routes ou l’électricité, la construction de l’humain est essentielle. Les salles de classe pour le préscolaire constitueront une vraie révolution. Ce secteur est totalement privatisé. Oublié par le ministère de l’Éducation nationale qui feint de s’y intéresser ; c’est un véritable casse-tête pour les parents dans certaines régions du pays ; l’éducation dès la petite enfance est un privilège réservé aux urbains.

Plus que les salles de classe, il faut dès demain commencer à former les jardinières d’enfant, les professeurs et veiller à ce que les élus et autres chefs ne s’emparent pas des emplois pour caser des malotrus qui vont déformer l’esprit des enfants dès le plus bas âge.

Le président veut que l’État rentre au préscolaire ; évitons une nouvelle catastrophe en mettant des balises et en offrant les services, tous les services nécessaires pour former le personnel, écrire les manuels, adopter les méthodes pour les enfants de demain.

La même préoccupation doit nous habiter pour les autres salles de classe. Il y a trop d’établissements publics avec de mauvais professeurs. Trop qui sont sans un nombre suffisant d’enseignants. Plus de salles de classe peut très vite devenir plus de problèmes pour des écoles déjà fragiles et des enfants livrés à eux-mêmes.

Le président veut marquer la différence dans l’éducation, il faut lui rappeler que l’école ce n’est pas les quatre murs et un toit sur la tête des enfants, des élèves ou des étudiants, mais bien ce qu’on entre dans leur tête et comment on s’y prend pour le faire.

Haïti a de gros retards, une population jeune, une école à plusieurs vitesses qui bégaie, répète les échecs année après année ; la pire chose qui puisse nous arriver serait de nourrir le monstre en croyant le dompter.

Le président Moïse a une bonne idée. Aidons-le à ne pas échouer. L’avenir de nos enfants en dépend.

Frantz Duval
Auteur
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