Le creusement du déficit commercial est-elle la cause de la dépréciation de la gourde ?

Publié le 2018-02-06 | Le Nouvelliste

Economie -

Une des conséquences du creusement du déficit commercial que connaît l’économie haïtienne durant le premier trimestre de l’exercice fiscal 2017-2018 est la dépréciation de la monnaie locale, souligne la Banque de la République d’Haïti (BRH) dans sa dernière note sur la politique monétaire, publié récemment sur son site Internet. La BRH a constaté la dépréciation de la gourde chiffrée autour de 1,6% lors du premier trimestre de cet exercice fiscal pour avancer l’aggravement du déficit commercial.

« Cette dépréciation de la monnaie locale a reflété le creusement du déficit commercial enregistré lors du premier trimestre de l’exercice passant de 2,23 milliards en 2016 à 2,68 milliards de dollars en 2018 », note la banque centrale. Sur ce point, la BRH a fait ressortir que la dépréciation de la gourde observée durant ces derniers temps est liée directement au creusement du déficit commercial. En effet, les importations du pays ont augmenté et ses exportations parallèlement ont diminué. Les exportations sont chiffrées à 980 millions de dollars contre plus de 3,5 milliards de dollars américains d’importation.

Le déficit budgétaire, financé par la BRH au cours du premier trimestre de cet exercice, n’a pas vraiment d’impact sur l’augmentation du taux de change selon les explications fournies dans la note. La progression de la base monétaire est maîtrisée par les autorités monétaires, précise la note. En ce qui concerne le financement du déficit budgétaire, il s’est élevé à 5,5 milliards de gourdes seulement pour le premier trimestre de cet exercice. Certains analystes économiques et financiers se posent des questions sur le protocole d’accord signé par la BRH et le ministère de l’Economie et des Finances concernant le cash management si bien que ces derniers expriment une certaine crainte.

La BRH note une évolution à la hausse de la base monétaire à cause du stock de crédit de la BRH accordé à l’Etat, estimé à plus de 4 milliards de gourdes. Malgré tout, les autorités monétaires paraissent optimistes et soutiennent qu’à travers les bons BRH, l’augmentation du coefficient de réserves obligatoires sur les passifs en monnaie étrangère et les interventions sur le marché des changes, elles procèdent à la reprise systématique des liquidités excédentaires dans le système. Outre l’utilisation des instruments de politique monétaire, la BRH a souligné avoir pris la mesure de régler en gourde toutes les transactions effectuées par carte de crédit afin de faire baisser la pression sur le dollar américain.

Sans le dire dans la note, la BRH montre qu’elle ne peut attaquer le problème de la fluctuation du taux de change au niveau de sa structure. Ce problème est plutôt dû au creusement du déficit commercial, comblé un peu par les transferts de la diaspora. La banque centrale a montré sa capacité à résoudre le problème de liquidité excédentaire. Augmenter la production locale, telle est la solution prônée par la BRH. Toutefois, celle-ci pratique une politique monétaire restrictive afin de maintenir l’offre de monnaie à un niveau idéal et contenir l’inflation. Cette politique risque toutefois d’avoir des impacts négatifs sur les activités économiques.

Ses derniers articles

Réagir à cet article