Un financement pour renforcer les partis politiques ?

Publié le 2018-01-22 | Le Nouvelliste

Editorial -

Jovenel Moïse a tenu une première promesse : il a distribué de l’argent aux partis politiques ayant des élus lors des dernières élections. Le parti Fanmi Lavalas et Pitit Dessalines, qui réclament le départ du chef de l’État, annoncent qu’ils n’accepteront pas leurs chèques. Allouer du financement public aux partis politiques n’est pas une mauvaise chose en soi dans la mesure où il contribuera à leur modernisation. Rien ne laisse croire que les premiers chèques remis ce lundi aux partis politiques vont répondre à cette exigence. Jamais, nos partis politiques, à quelques rares exceptions, n’ont eu une gestion transparente. Combien d’entre eux renouvellent périodiquement leur staff dirigeant ? Combien d’entre eux ont réellement des membres actifs en dehors des périodes électorales ? La liste des questions sans réponses sur nos partis politiques est très longue. Peut-être que l’argent reçu, le peu qu’il soit, va leur permettre de répondre à certaines de ces questions.

Des chefs de partis politiques doivent se frotter les mains. En plus des postes ministériels et des directions générales que certains d’entre eux gèrent dans l’opacité, ils reçoivent des chèques du Trésor public.

Le montant reçu par chaque parti dépend du nombre d’élus dont ils disposent. On sait chez nous que les partis n’ont pas toujours de contact avec leurs élus une fois installés au Parlement. Ce financement que les partis recevront sur une base mensuelle peut-il aider à résoudre ce problème ? Ce serait dans l’intérêt de notre démocratie en gestation.

Les partis politiques, qui, depuis la chute des Duvalier, pullulent à travers le pays, n’ont pas bonne presse. L’argent reçu du Trésor public dans un contexte de précarité économique ne va pas faire taire les critiques contre eux, sauf s’ils en font une gestion transparente. Ce sera une grande première quand on sait que chez nous partis politiques et bonne gestion font rarement bon ménage. Combien de partis politiques, comme le souligne la loi électorale, ont remis leur rapport financier aux institutions concernées à l’issue des élections ? Combien de nos partis politiques sont dirigés comme de véritables institutions ?

La classe politique est souvent critiquée, à tort ou à raison, pour son incapacité à se moderniser pour relever les défis auxquels le pays fait face. Nos partis politiques doivent savoir que l’argent reçu du Trésor public va les mettre davantage sous les feux des projecteurs. Ces fonds décaissés peuvent constituer un premier pas vers la modernisation des partis politiques. Ils peuvent aussi contribuer à créer plus de distance entre les partis politiques et leurs élus.

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