Soupçons de gestion chaotique au Sénat : le questeur se lave les mains

Publié le 2018-01-22 | Le Nouvelliste

National -

Il aura fallu ce tweet de Garry Pierre Paul Charles sur des équipements qui auraient été achetés par l’ancien bureau du Sénat et non livrés pour que Ricard Pierre, l’ancien questeur, sorte de son mutisme, lui qui s’est imposé une implacable diète médiatique en 2017. Des matériels achetés non livrés ? « Il n’y a pas de matériels achetés et non livrés au Sénat », précise le sénateur. Ricard Pierre n’était pas le seul ordonnateur de deniers publics du Grand corps. Il y a eu aussi Youri Latortue qui fait sien le combat contre la corruption après avoir été chargé d’enquêter sur l’argent du PetroCaribe. Ils devraient être deux pour cette conférence de presse. « Pourquoi Youri Latortue n’est pas là ? Je ne sais pas. On a planifié la conférence ensemble. Je l’ai appelé sans succès tout à l’heure. Je ne sais pas s’il a un problème ou non ! »

Sans documents, sans preuves à exhiber aux journalistes, Ricard Pierre, qui se sent blessé dans sa réputation, a clamé sa bonne gestion à la tête de la questure du Sénat. « Lajan Sena pa gen zèl. Kòman l ta fè vole, kòman l ta fè disparèt ? », s’est-il demandé, les yeux rougis, dans la salle des commissions du Sénat. « Dans l’exercice précédent notre exercice, il y a quatre génératrices achetées par l’ancien bureau. J’ai appris cela en mai de l’année dernière. Ces génératrices ont été achetées pour les six bureaux départementaux que le Sénat est en train de construire. Depuis mon arrivée à la questure, la construction de ces bureaux s'est interrompue parce que la firme qui en a la charge a effectué un travail qui ne correspond pas à la somme d’argent débloquée », explique Ricard Pierre, ex-député, deux fois sénateur.

Le parlementaire a indiqué que, jusqu’à cette date, « aucun de ces bureaux n’est encore prêt ». « Les quatre génératrices sont là. On a contacté l’entreprise. On s’est demandé où mettre les génératrices parce que les bureaux ne sont pas en mesure de les recevoir. En décembre, à l’approche de la fin de notre mandat, nous les avions demandées à l’entreprise. Trois génératrices sont au Bicentenaire et l’autre est dans le Sud-Est au bureau départemental en construction », enchaîne Ricard Pierre face à des journalistes qui en redemandaient plus. « Des inverters achetés et non livrés ? Non, on n’en a pas acheté sous mon administration. Nous n’avons non plus acheté ni de bureaux ni de génératrices non livrés », déroule Ricard Pierre, outré par ce qu’il appelle des « rumeurs ».

« Après trois mandats, je vis encore dans le loyer »

Le sénateur du Sud-Est, qui croit dur comme fer n’avoir rien à se reprocher, explique qu’il y a de longs bras derrière la propagation de ce qu’il appelle « rumeurs ». Il souligne que les gens épinglés dans l’enquête PetroCaribe sont derrière tout ça pour nuire à Youri Latortue qui serait candidat à la présidentielle. Lui, sénateur en opposition ouverte au pouvoir Tèt kale, veut sauvegarder sa réputation qui est, selon lui, sa « seule richesse ». Le parlementaire met le pays en défi de lui attribuer des biens cachés. « Après trois mandats, je vis encore dans le loyer », dit-il, comme gage de sa bonne foi. « Mon nom n’est lié – et ne le sera jamais – ni de près ni de loin à la corruption. Je veux donner cette garantie à mes mandants », poursuit-il, soulignant que ceux qui « fabriquent ces rumeurs » cherchent à salir l’image des élus de l’opposition.

Ses derniers articles

Réagir à cet article