L’apocalypse et puis le rien, des visions eschatologiques de Frankétienne

PUBLIÉ 2018-01-11
Un mois après la vente-signature de « L’apocalypse et puis le rien » à l’habitation Turpin, Frankétienne a rencontré le public de l’Institut français ce 10 janvier 2018. L’écrivain a longuement entretenu l’assistance sur son dernier ouvrage qui présente de manière poétique sa vision du malaise du monde d’aujourd’hui.


Frankétienne, au début de la causerie tenue le mercredi 10 janvier 2018, précise que « L’apocalypse et puis le rien », son tout dernier ouvrage, n’est ni un traité religieux ni philosophique. « Du haut de mes 82 ans on ne saurait me suspecter d’un sursaut intellectuel ou religieux même si je n’ai pas de jugement défavorable sur de telles qualifications », confie-t-il.

L’auteur a donc rappelé qu’il est poète et qu’en tant que tel il est traversé par de multiples sensations. Un poète selon lui n’est pas censé être coupé de sa réalité. Tout au long de sa carrière il rappelle avoir produit justement des œuvres bien ancrées dans la réalité nationale. « Mûr à crever a été jugé subversif par François Duvalier, dit-il, d’ailleurs il l’a censuré. Dezafi traitait de zonbification sous Jean Claude Duvalier. Pèlen Tèt, l’œuvre théâtrale, a été interdite par le régime ».

Aujourd’hui à 82 ans, l’écrivain ne saurait de son aveu produire un ouvrage sur la dictature, ou d’autres évènements qui ont marqué notre histoire récente. « Aujourd’hui, avoue-t-il, je suis interpellé par le délabrement de la planète ». Ce sont de telles réflexions qu’on retrouve dans ‘ L’apocalypse et puis le rien ».

Frankétienne estime que le capitalisme ne peut plus évoluer à l’heure qu’il est. Sans être misérabiliste, ni communiste nostalgique, l’auteur dénonce le fait que la plus grande motivation d’aujourd’hui soit une course effrénée vers le gain. « On est prêt à gaspiller les ressources primaires de la planète pour satisfaire la consommation de ceux qui ont le pouvoir de payer », regrette-t-il.

L’homme riche en jour dit sentir venir une fin imminente pour l’humanité avec l’avènement au pouvoir récemment de dirigeants belliqueux qui se menacent avec des bombes atomiques. « Je crains le pire, dit-il. Mais je suis sûr d’une chose, chaque fin cède la place à un commencement. Les dinosaures ont été anéantis par une comète. Aujourd’hui les nations se chamaillent pour les énergies fossiles qui émanent des cadavres de ces animaux. »

Dans le livre peu volumineux, par rapport aux autres publications de l'auteur, on a noté pour vous un extrait qui en dit long sur le contenu. « Le spectre horrible de la Troisième Guerre mondiale au souffle nucléaire apocalyptique plane déjà au-dessus des continents frappés de stupeur. La monstrueuse peur aux milles ventouses a envahi les âmes ». L’apocalypse et puis le rien est disponible dans plusieurs librairies depuis décembre 2017.



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