Adieu Emerante de Pradines !

PUBLIÉ 2018-01-08
Chanteuse, danseuse, folkloriste, chorégraphe, actrice de théâtre et anthropologue, Émerante de Pradines Morse est décédée le jeudi 4 janvier à l’hôpital Saint-Esprit, à la rue Capois. La dépouille de la dame qui aurait fêté ses 100 ans le 24 septembre prochain a été incinérée le samedi 6 janvier après une cérémonie à laquelle seule les proches de la défunte ont pris part.


Émerante de Pradines Morse est morte. La nouvelle s’est répandue suite à une publication de Richard Morse sur le compte Twitter @ramhaiti le samedi 6 janvier, à 9h 29 p.m. « My mother Emerante de Pradines Morse has passed away RIP 1918-2018 #Haiti #USA », pouvait-on y lire. À ce moment, Émerante de Pradines, monument incontournable de la chanson haïtienne, était morte depuis plus de 24 heures et son corps avait été incinéré le samedi même.

Sans vouloir s’attarder sur les états de santé de sa grand-mère, Richard William Morse, fils de Richard Auguste Morse, met le décès de madame Morse sur le compte de la vieillesse et de la fatigue. « Elle était très âgée. Son corps était épuisé », insiste le jeune homme qui précise que la nonagénaire s’était remise de la maladie qui l’avait secouée l’été dernier. Émerante de Pradines était pourtant hospitalisée à l’hôpital Saint-Esprit depuis quelques jours avant de finalement s’éteindre le 6 janvier 2018, avant d’avoir fêté son centième anniversaire.

La famille a, selon les déclarations de William, préféré garder la nouvelle privée et s’est consacrée à la réalisation de funérailles rapides, puis à l’incinération de la dépouille de la défunte, s’assurant ce faisant de respecter les dernières volontés de celle-ci. Y aura-t-il quand même une grande cérémonie ouverte au public ? « C’est dans l’ordre du possible. Mais nous n’avons encore rien de concret en prévision », nous a fait savoir William Morse qui reconnaît toutefois que sa grand-mère a touché la vie de plus d’un et que ce serait tout à fait justifié que certaines personnes veulent lui rendre un dernier hommage. « Nou pral chache yon okazyon pou ba yo opòtinite sa a », a-t-il fait savoir.

Parallèlement, le 27 décembre 2017, Richard Morse annonçait, toujours sur le compte Twitter du groupe RAM, que, durant l’année 2018, ils célébreraient les 100 ans d’Émerante de Pradines. Et d’après les dires de son fils, ces plans pour la célébration du centenaire de cette grande dame de la culture haïtienne tiennent toujours. « On va s’assurer d’y inclure la danse, la chanson, l’art en général… toutes ces choses qui étaient importantes pour elle », a-t-il promis.

Née à Port-au-Prince le 24 septembre 1918, Émerante de Pradines était la fille du chanteur-compositeur haïtien Auguste de Pradines, Ti-Candio, qui a chanté pour la première fois « La Dessalinienne ». Émerante, qui a grandi à Martissant, dans une atmosphère artistique, a fait ses débuts dans la poésie, avant de se tourner vers le chant, puis le théâtre et la danse. Cette icône formée en Haïti, à l’École Sainte-Rose de Lima (primaires et secondaires), à l’École Normale Supérieure et à l’étranger, à l'Université Columbia, a marqué plus d’une génération d’Haïtiens, d’une part à travers son art, mais aussi et surtout par son patriotisme et son amour du folklore haïtien. En effet, à une époque où le vodou était mal vu et marginalisé, elle n’a cessé de vulgariser nos chants et rythmes traditionnels et s’est assurée de les emmener avec elle toutes les fois qu’elle a eu à se produire à l’extérieur.

Mère de 3 enfants, Jean-Max Sam décédé à la fin des années 90, Richard Auguste Morse, leader du très populaire groupe musical « racine » RAM, et Marise Morse Mahos, photographe, la veuve de l’historien Richard McGee Morse était aussi la tante de l’ancien président Michel Joseph Martelly. Ticket salue le départ de cette grande dame de la chanson haïtienne et présente ses condoléances à sa famille et à tous ceux qui sont affectés par ce deuil.



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