Faisons mieux en 2018

Publié le 2017-12-29 | Le Nouvelliste

Editorial -

2017 s’en va, 2018 s’en vient. Mais qu’elle fut mouvementée, cette année qui marque le début du quinquennat de Jovenel Moïse au pouvoir ! L’année du retour à l’ordre constitutionnel avec un Parlement presque au complet (acquis à la cause du chef de l’État) et des conseils municpaux élus en poste. L’année où les Forces armées d'Haïti ont été théoriquement remobilisées, pour le meilleur ou pour le pire. L’année où il faut environ 65 gourdes pour un dollar. L’année du tollé sur la loi de finances 2017-2018. L’année de la « Caravane du changement » mise en place par le président de la République… Des efforts ont certes été consentis à certains niveaux mais le chantier pour atteindre les objectifs visés, combler les attentes d’une population sans repères reste immense.

Outre le mouvement migratoire en Europe, 2017 aura été l’année au cours de laquelle le flux de migrants haïtiens vers des pays d’Amérique latine, d’Amérique du Sud, des Caraïbes a considérablement augmenté. 2017, c’était l’année où des milliers de jeunes se sont rendus compte que la meilleure décision était de viser d’autres horizons. Le Brésil, l’Équateur et le Chili ont ouvert leurs portes, et ces derniers ont saisi l’opportunité. On n’a pas su durant ces dernières années créer les conditions pour empêcher nos jeunes de partir à tout prix.

En campagne électorale déjà et à travers sa « Caravane du changement », le chef de l’État promettait monts et merveilles (en réalité des services de base mais les moyens financiers sont tellement limités). Jovenel Moïse veut réussir là où ses prédécesseurs ont échoué. Il promet de l’électrcité 24 sur 24, des centaines de kilomètres de route à travers le pays, la relance agricole… Le président vend de l’espoir et continue de jurer qu’il tiendra ses promesses. Il dit vouloir se rapprocher de la population et doter les communautés des services de base qui leur font cruellement défaut depuis toujours. On vante les bienfaits de la caravane dans l’Artibonite (agriculture), dans le Nord-Ouest, les Nippes, le Sud (infrastructures)… N’empêche que des observateurs y voient du gaspillage, un manque de transparence dans la gestion de ces ressources. La caravane passe et elle va s’étendre sur tout le pays à partir de février 2018 comme l’a annoncé le chef de l’État.

Il n’est pas trop tard pour corriger, améliorer ou cesser les mauvaises pratiques. Corruption aurait pu être le « mot de l’année » tellement il est sur toutes les lèvres depuis le début de l’année. Le président de la République, à grand renfort d’anecdotes, ne rate jamais l’occasion de dire que la corruption était le principal problème du pays. Un fléau qu’il promet d’« attaquer frontalement ». On le prend au mot, des partenaires internationaux aussi. Toutes les institutions devront, elles aussi, jouer leur rôle, se rattrapper en 2018. Des pas devraient être franchis dans la lutte contre la corruption, notamment dans la reddition de comptes sur la gestion des fonds PetroCaribe. Que 2018 soit nettement meilleure que 2017! Que les mêmes erreurs ne soient pas commises, que l’on arrête de faire du sur-place! Que l’on grandisse !

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