Comment changer le destin d’Haïti en l’année 2018 ?

Publié le 2017-12-27 | Le Nouvelliste

Editorial -

Les données fournies à la fin de cette année, par la plupart des firmes et institutions internationales qui ont observé l’évolution générale du pays pour cette année, montrent que la gouvernance du pays par l’équipe au pouvoir depuis le 7 février 2017 n’a pas permis une augmentation du niveau de vie de la population. Le Produit intérieur brut (PIB) est considéré comme la plaque tournante dans le calcul de l’indice de développement, celui d'Haïti pour cette année est resté dans le sillage de 8 milliards de dollars et fraction comme il en a été pendant les cinq dernières années. Le taux de croissance de 1,2 % de l’économie haïtienne justifie l’absence de création de biens et services au cours de cette année marquée par l’accroissement de turbulences politiques et de grèves générales dans le secteur de la sous-traitance et dans l’administration publique. L’absence de l’investissement direct étranger et l’incapacité des agents économiques à œuvrer à l’augmentation de la création de richesses expliquent la performance exécrable de l’économie haïtienne cette année.

Contre toute attente, la production rizicole a connu cette année, dans la vallée de l’Artibonite, une augmentation significative. Les travaux de curage des canaux, de construction de routes agricoles, de distribution d’engrais et d’autres intrants initiés par le président de la République, en mai dernier, participent des activités de la Caravane du changement. Ce qui explique que si la Caravane peut être lancée dans deux autres départements générateurs de biens agricoles indispensables à la consommation des ménages, le taux de croissance de l’économie pourra connaître une augmentation significative. Il demeure entendu que les autres secteurs de l’économie n’avaient pas connu cette année de réelle augmentation susceptible de contribuer à l’amélioration du taux de croissance de l’économie.

Comment le président Jovenel Moïse peut-il changer la donne en l’année 2018 ? En essayant de sensibiliser différents secteurs de la société civile en vue de réaliser les états généraux sectoriels, le président de la République va tenter d’aboutir à la paix civile. Il a déjà trouvé le chemin qui conduit au contrôle d’un bon nombre de partis politiques. Cependant, il ne peut pas compter sur les partis politiques de l’opposition hostiles à sa gouvernance. Selon toute vraisemblance, la réussite de l’année 2018 dépend beaucoup plus de la façon dont Jovenel Moïse compte assurer la gestion du pays que de l’opposition traditionnelle qui ne dispose d’aucun projet national.

Le président Jovenel Moïse a-t-il appris les leçons de l’année 2017 ? Va-t-il continuer à intervenir en présence de la presse comme un porte-parole de la présidence ou prendra-t-il la parole comme un chef d’Etat quand le besoin se fait sentir ? Aura-t-il le courage de se débarrasser enfin des membres de son entourage qui avaient détourné 100 millions de gourdes le 1er mai dernier sous le fallacieux prétexte de fonds destinés à la sécurité du président, dans le cadre du lancement de la Caravane du changement, dans la vallée de l’Artibonite ? La pression de certains groupes parlementaires avait obligé Jovenel Moïse à nommer dans des postes de grande responsabilité certains ministres sans tenir compte de leur compétence. Pourra-t-il continuer à laisser fonctionner un gouvernement improductif qui ne peut pas lui permettre d’atteindre les objectifs qu’il s’était fixés ?

Comprendra-t-il que la relance de l’agriculture est importante, mais pas suffisante pour obtenir un taux de croissance annuel supérieur à 5% si l'on doit tenir compte du poids de l'agro-industrie, de l'industrie légère et de la technologie dans l'économie moderne ?

Lemoine Bonneau

lbonneau@lenouvelliste.com

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