Journée nationale de greffe d'organes

Le centre haïtien de greffe cherche à rendre accessible la greffe des reins

A l’initiative du Centre haïtien de greffe, une cérémonie a été organisée jeudi, à l’hôtel Montana. A cette occasion, le directeur du centre, Jacques Maurice Jeudy, a confié que le centre haïtien de greffe développe un partenariat avec le département de greffe de l’Université de Miami, afin de permettre aux patients d’avoir accès au greffe des reins en Haïti.

Publié le 2017-11-30 | Le Nouvelliste

National -

C’est dans une ambiance conviviale partagée entre une trentaine de personnalités d’horizons divers, pour la plupart des médecins notoires, ainsi que des invités de marque, dont le président de la République, Jovenel Moïse, de la ministre de la Santé publique et de la Population, le Dr Marie Gréta Roy Clément, le ministre de la Culture et de la Communication, Limond Toussaint que le Dr Jacques Maurice Jeudy, spécialiste de la transplantation d’organes [humains], a organisé cette cérémonie. Il a, entre autres, fait l’histoire des IRC, présenté les statiques, les enjeux et les perspectives.

Selon le Dr Jacques Maurice Jeudy, il y a entre 15 000 et 20 000 Haïtiens qui souffrent d’insuffisance rénale dans le pays. L’hypertension, le diabète, les boissons énergisantes et les médicaments anti-inflammatoires sont, d’après lui, les principales causes de cette maladie.

Le directeur du centre haïtien de greffe, informe que huit transplantations rénales ont déjà été effectuées dans le pays. «Au moins huit greffes rénales ont été effectuées dans le pays de 2009 à 2017, dit le chirurgien, qui, le 30 novembre 2009, a effectué la première transplantation rénale en Haïti. Deux autres sont prévues pour ce mois de décembre.»

Plus loin, le Dr Jacques Maurice Jeudy affirme qu’il existe un nombre très élevé de patients en état clinique d’insuffisance rénale dans le pays. Pour fournir ce soin au maximum de patients possible, il souligne que le Centre haïtien de greffe, en partenariat avec le département de greffe de l’Université de Miami, permettra aux patients d’avoir accès à la greffe des reins.

Calculée en fonction de l’argent dépensé pour la dialyse pendant une année, le Dr Jeudy a fait savoir qu’une greffe peut coûter jusqu’à 35 000 dollars. Ce qui représente beaucoup pour la grande majorité des Haïtiens souffrant de cette maladie. « La greffe assure une survie de 98% du greffon après un an et 92% après cinq ans. 98% de bénéficiaires de greffe retournent au travail en comparaison de 30% pour le patient en dialyse. Avec la dialyse comme traitement on ne peut pas boire plus de deux verres d’eau par jour ; il y a insuffisance sexuelle pour les hommes et les femmes perdent leurs menstruations. Ce qui n’est pas le cas pour la greffe où la personne reprend sa vie normale une fois l’opération terminée», poursuit le Dr Jeudy.

Toutefois, le Dr Jacques Maurice Jeudy a annoncé qu’un avant-projet de loi sur la transplantation rénale en Haïti était en cours d’élaboration et serait transmis sous peu au gouvernement qui le soumettra au Parlement pour les suites utiles sans oublier le lancement de la construction prochaine de huit autres centres de greffe à partir du mois de décembre 2017.

Prenant la parole à son tour, le président de la République, Jovenel Moïse n'a pas tari d’éloges envers cette initiative prise par le Dr Jacques Maurice Jeudy qui, en dépit d`une remarquable expérience en matière de transplantation d’organes aux Etats-Unis d’Amérique, se dévoue corps et âme depuis le 30 novembre 2009, pour apporter sa contribution en introduisant cette branche de traitement tout à fait inexistante dans le milieu thérapeutique en Haïti.

« Je suis très content d’avoir inauguré trois centres de dialyse dans le pays en vue de venir en aide aux personnes souffrant d’insuffisance rénale», a indiqué le chef de l’État avec fierté.

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