Une soirée pour découvrir Dickens Princivil

Ce samedi sur les coups de 7h p.m, le public est convié à une soirée au Royal Oasis où l’écrivain Michel Soukar dévoilera son nouveau livre dédié à Dickens Princivil, chanteur, professeur, chercheur, compositeur, arrangeur, chef d’orchestre… On pourra aussi apprécier un concert qui sera donné par le grand compositeur lui-même.

Publié le 2017-12-01 | Le Nouvelliste

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Avant d’être une passion, la musique est un héritage génétique pour Dickens Princivil. L’illustre compositeur compte dans son arbre généalogique un grand-père clarinettiste de la fanfare du Palais national, un père et une mère qui ont fait partie de chorales cotées de la communauté épiscopale en Haïti. Tout le reste de sa fratrie, dont il est le deuxième enfant, pratique la musique.

Il n’a pas attendu l’adolescence pour décider de ce qu’il devait faire de sa vie. Dès ses 7 ou 8 ans, une religieuse du nom de Sœur Anne-Marie, affectée à l’École Sainte-Trinité que fréquentait sa sœur à l’époque, lui conseille de suivre, après ses cours à Jean-Marie Guilloux, les répétitions de la célèbre chorale de cette école. Dickens a été également scout, membre de la chorale « Les petits chanteurs », enfant de chœur…

Il a d’abord voulu être contrebassiste mais finalement c’est le violoncelle qui aura gagné son cœur. La contrebasse s’avérait selon lui trop volumineuse pour être maintenu par le petit garçon qu’il était à l’époque. Pourtant, vers les 15 ans, il y reviendra.

Il ne se souvient pas avoir manqué même une seule fois durant le secondaire, une édition du camp annuel de musique qui se tenait à Léogâne. Il n’a pas raté non plus les voyages de l’orchestre Sainte-Trinité pour les formations intensives avec sa paire de Boston, bien qu’il ait étudié l’architecture et travaillé pendant quinze ans au sein de la Teleco. Aujourd’hui encore, ce passionné de musique s’acharne au travail. Il peut parfois consacrer jusqu'à 4 heures à son entraînement, même s’il n’a pas de contrat en vue. Pas question pour lui de se reposer sur ses lauriers.

Sa carrière de musicien est marquée par de fructueuses collaborations avec de grands noms dont Ansy Dérose. C’est lui, de son aveu, qui a suggéré au feu chanteur d’ajouter un peu plus d’instruments à cordes et à vent dans son orchestre. Grâce à lui, Emeline Michel et Maguy Jean-Louis sont devenues choristes pendant quelque temps. Il a contribué en quelque sorte à mettre en lumière d’autres grands noms dont James Germain.

Dickens s’est tourné vers la composition dans le but de démocratiser la musique classique en Haïti. « Pour moi cette musique n’a pas de préjugés, N'importe qui peut en jouer s’il le veut », confie-t-il. Une autre exigence qu’il s’est faite, c’était de d'élever la musique du terroir au standard admis partout, dans la lignée d’Issa El Saïeh, d’Ansy Dérose, de Guy Durosier pour qui il a une grande estime. « C’était important pour moi, dit-il, de soumettre la musique des paysans à des oreilles exigeantes. C'est la raison pour laquelle j’ai écrit des partitions. Je continue à voyager à l’étranger pour en faire la promotion et à donner des cours», explique le musicien.

Depuis 1984, monsieur Princivil dirige le Centre culturel Musiphotart, sorte d’incubateur de talents dans lequel il promeut des jeunes éprouvant des difficultés financières dans des domaines comme la musique, la photographie, l’art… Il se réjouit qu’aujourd’hui plusieurs des bénéficiaires ont pu continuer leur route à l’étranger.

Le livre intitulé « Dickens Princivil, de la musique avant tout » a été, selon lui, suggéré à Michel Soukar par un tiers qui admire son parcours depuis longtemps. Il a fallu une année tout au moins à l’historien pour préparer le bouquin retraçant le parcours de l’artiste ayant plusieurs cordes à son arc. « Ce livre a la vocation de conjurer le déficit de la transmission du savoir entre les générations en Haïti. C’est regrettable que chez nous on n’apprenne pas aux jeunes à connaître les valeurs desquelles ils peuvent s’inspirer», estime Dickens.

Selon lui, c’est un honneur, un privilège que l’auteur ait pensé à lui consacrer un livre accompagné de deux CDs. En dépit du fait qu’il a à son actif 300 compositions, c’est la première fois que quelqu’un a pensé à réunir quelques-unes d'entre elles sur un disque.

A ceux qui viendront à la soirée prévue pour ce samedi à 7h p.m au Royal Oasis, il dit merci d’avance. C’est une façon idéale, selon lui, de garder un souvenir de lui-même. Il en profitera pour lancer en quelque sorte un club par le biais duquel ceux qui viendront seront mis au courant de ses activités à venir. Car, Dickens ambitionne aujourd’hui d'être acteur d’une révolution dont l’objectif est de lancer une vraie industrie musicale qui permettra aux artistes de vivre décemment de leur talent en Haïti.

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