L’Institution Mère Délia : discipline et travail assidu comme clés de la réussite

Publié le 2017-12-01 | Le Nouvelliste

National -

Perchée sur une petite colline à Delmas 19 (route de l’aéroport), l’Institution Mère Délia (IMD), une école peu connue, a plus d’un trophée à accrocher aux murs. Celui qui brille le plus c’est le taux de réussite aux examens officiels qu’elle affiche chaque année depuis sa fondation en 2002, date qui ramenait le centenaire de la présence de la congrégation des sœurs missionnaires de l'Immaculée Conception en Haïti, responsable de cette école qui accueille près de 2 000 filles. De la 13e à la philo.

Pour l’année académique 2016-2017, elles étaient 20 en philo. EIles ont toutes réussi dès la session ordinaire du bac. Ce score de 100% est la règle dans cette école qui n’accueille que des filles. Les sœurs comptent deux années où deux filles n’ont pas réussi au cours de la session ordinaire. Mais elles avaient rattrapé le train, la même année, en session extraordinaire. Dans le passé, les classes de philo ont eu entre 35 et 41 élèves. « Jamais l’école n’a connu d’échec au cours de ces épreuves », ont avancé les sœurs. Ce qui est en fait leur fierté. « C’est une école de qualité à moindre coût », a dit la sœur Marie Mona Henry, membre du conseil d’administration, pour faire un petit quid de l’IMD.

Les secrets de la réussite au niveau de cet établissement sont présentés comme une « formule efficace ». Les élèves, les professeurs et les sœurs n’expliquent le succès rencontré ces dernières années que par l’application de la « discipline, la rigueur et l’assiduité au travail ». Chaque élève est invitée à donner le meilleur d'elle-même sur le plan académique et en respectant le code de conduite établi par la direction. Les filles subissent cinq épreuves par année. Une de plus que les quatre prévues par le ministère de l’Education nationale. Une moyenne générale de sept sur dix est acceptée pour les premier et deuxième cycles du fondamental. Mais, pour le troisième cycle et le nouveau secondaire, elle est fixée à six.

Les professeurs qui y travaillent sont tous des normaliens. La direction organise des séances de formation continue en leur faveur régulièrement, pour s’assurer de leur efficacité. Les élèves participent à des activités extra-scolaires comme visite des lieux historiques chaque année. Obligatoirement, les filles doivent se rendre à la bibliothèque une fois par semaine et à différents laboratoires d'informatique, de chimie et de sciences. Plus d’une centaine de récits imaginés et rédigés par des élèves de huitième année fondamentale sont gardés dans les rayons de la bibliothèque. Elles ont droit, entre autres, à des cours d’arts plastiques, de macramé, de broderie, etc.

Pour motiver les enfants à étudier et se surpasser, les sœurs décernent parfois des primes d’excellence à celles qui ont au moins une moyenne de huit en secondaire ou neuf en primaire. Elles sont autorisées pendant seulement une journée à porter d’autres vêtements que l’uniforme et sont appelées superstars de l’école. Trois de ces filles, en nouveau secondaire III, qui ont une moyenne de huit, admettent qu’elles sont parfois poussées à bout pour être au top. « Il y a beaucoup de leçons et de devoirs mais avec le goût et la volonté pour les études, on peut réussir », a confié Marie Rebecca Goyeau.

Jean Sorel, prof de math à l’IMD, croit qu’il n’y a pas de mystère entourant le niveau d’excellence de l’école. Un staff dynamique qui œuvre pour la progression des élèves avec rigueur est, selon lui, l’explication rationnelle à ce résultat. Pour sa part, Lafontant Frantz, professeur d’espagnol, parle d’un travail de longue haleine que les professeurs et la direction font pour effectuer une sélection, au niveau des classes inférieures, des filles brillantes et disciplinées.

Les responsables, de leur côté, mettent tout en œuvre pour que les élèves se sentent à l’aise et disposées à apprendre. Les salles ne sont pas surchargées. Chaque fille dispose d’un espace d’au moins un mètre carré. L’institution a aussi un cadre très agréable. La protection de l’environnement fait partie du cursus. Une fille peut être expulsée de l’école si elle abandonne des bouteilles ou des sachets d’eau en plastique dans la cour de l’école, après trois avertissements. Les sœurs, les membres du conseil d’administration, les enseignants et leurs protégées en sont fiers, en témoigne l'ambiance qui règne dans la cour de l'établissement.

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