Jovenel Moïse exhorte les nouveaux cadres de l’administration publique à s’abstenir de la corruption qui gangrène l’État

Le président Jovenel Moïse a accueilli, ce jeudi au Palais national, les cinquante nouveaux cadres, sélectionnés sur concours, qui s’apprêtent à intégrer l’administration publique. Pour le chef de l’État, il s’agit d’un événement particulier et historique marquant la rupture avec des pratiques de mauvaise gouvernance qui, dit-il, plombe le fonctionnement de l’État. Il les invite donc à travailler avec l'éthique du bien commun et l’esprit de servir le pays avec désintérêt.

Publié le 2017-11-23 | Le Nouvelliste

National -

« Ma lutte contre la corruption n’est ni une propagande ni un discours vide de contenu. C’est une lutte acharnée, un combat permanent contre les mauvaises pratiques dans l’administration haïtienne. La corruption est un crime contre le développement, un crime contre le bien-être de la population haïtienne, un crime contre Haïti tout court…». C’est en ces termes que Jovenel Moïse s’est adressé aux cinquante lauréats qui vont servir dans l’administration publique. Le chef de l’État, qui salue leurs efforts conseille aux lauréats d’ouvrir grands leurs yeux pour ne pas se laisser soudoyer ni développer les mauvaises pratiques qui gangrènent l’administration publique et affaiblissent les institutions de l’État. La corruption qu’il présente comme « un mal absolu » doit être combattue, si l’on doit aboutir au relèvement et à la rédemption du pays, estime le président, rassurant les nouveaux cadres de l’encadrement de l’appareil étatique.

Ces nouveaux cadres retenus sur concours vont former le corps d’administrateurs civils d’État. La création de ce corps est une décision prise par les autorités pour combler le déficit de cadres de haut niveau dans la fonction publique, d’après Jovenel Moïse. Elle favorise du même coup l’accès et l’intégration des jeunes sur une base méritocratique. « Je ne veux pas savoir de quel secteur vous êtes venus. Je ne veux pas savoir de quel parti politique vous venez…», a précisé le premier mandataire de la nation avant d’encourager les nouveaux cadres à servir le pays en fonction de leurs compétences. Il a également tenu à leur rappeler la logique de la rude compétition qui existe entre les États dans le monde. Ce qui devrait attirer davantage des investissements dans le pays, créer des emplois, promouvoir la croissance, canaliser le développement durable afin de satisfaire les besoins de la population. Et, parce que l’État haïtien ne doit pas louper le train en marche, le président de la République croit que l’administration publique doit se doter d’une « masse critique de ressources humaines compétentes pouvant élaborer, mettre en œuvre et évaluer les politiques publiques ».

Le président de la République a rappelé la vision de son administration qui veut placer Haïti sur la carte des pays émergents à l’horizon 2030. Pour y parvenir, Jovenel Moïse croit qu’il faut un « État fort et une administration publique moderne et performante capable de mettre en valeur les potentialités du pays, mais aussi de propulser le développement du pays en créant les conditions propices à l’investissement ». En ce sens, le président affirme que l’État doit préparer des cadres compétents aptes à élaborer et à mettre en œuvre des politiques publiques qui promeuvent la croissance et qui favorisent le développement.

Les cadres ont été recrutés par voie de concours pour éviter le « népotisme et le favoritisme » dans l’administration publique, a garanti, pour sa part, Josué Pierre-Louis, coordonnateur de l’Office de management et des ressources humaines (OMRH). Le concours a été conduit de manière démocratique, transparente et sans aucune interférence. « C’est le premier exemple du genre réussi au niveau national », s'est-il vanté. Pour le coordonnateur, cette manière de procéder démontre la volonté du pouvoir exécutif de divorcer d'avec des pratiques rétrogrades et de gérer autrement la République.

Ce concours, qui place le mérite dans la fonction publique, est un signal fort envoyé aux autres pays et au reste du monde par le chef de l’État, estime le jeune cadre Fleurant Cenes, intervenant au nom de ses collègues. Pour lui, c’est un changement d’ouverture qui se fait dans l’administration publique. Il croit que l’intégration de cette cohorte de cadres constitue le début de la lutte devant faciliter l’éradication des mauvaises pratiques enregistrées dans l’administration publique. Il pense aussi que cela constitue un espoir et un encouragement pour les jeunes avertis, formés en Haïti ou ailleurs à venir s’engager dans le développement du pays.

Ces cadres, qui sont dotés de formation diverses et variées, vont parfaire leur savoir à l’École nationale d’administration et de politiques publiques (ENAPP). Toutes les dispositions sont déjà prises pour garantir une meilleure formation au sein de cette institution publique, promet Josué Pierre-Louis. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs membres de l’administration en place, dont le Premier ministre Jack Guy Lafontant accompagné de certains autres ministres.

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