Haiti-Health Hackathon : pour une meilleure prise en charge psychosociale des femmes enceintes

Afin de réfléchir sur la problématique de la prise en charge psychosociale des femmes enceintes dans le système de santé en Haïti, l’Association haïtienne des étudiants en médecine sociale (SMAH) a tenu, vendredi 10 novembre, une activité de rencontre avec des professionnels, des étudiants évoluant dans diverses disciplines de différents espaces universitaires du pays. L’idée consistait à attirer l’attention, mais surtout sensibiliser les jeunes à la nécessité de travailler ensemble en vue d’élaborer une approche efficace permettant de proposer des alternatives.

Publié le 2017-11-13 | Le Nouvelliste

National -

L’activité réalisée à l'amphithéâtre de la faculté de médecine, une entité de l’Université d’État d’Haïti, a permis aux responsables, au terme d’une séance de travail d'équipe avec les participants, de présenter un projet innovant, réalisable et faisable y relatif. Il s’agit d’un projet sélectionné qui consistera en la réalisation d’un dictionnaire médical numérique contenant entre autres différents dialectes locaux, visant l’amélioration de la communication entre les prestataires de soin et les patients, explique le responsable d’implémentation de projet de la SMAH, Youri Enceloti Louis, 5e année de médecine à l’Université de la fondation Aristide (UNIFA).

C’est une réalité. Haïti fait partie des pays de la région ayant un fort taux de mortalité maternelle par année. Les estimations qui remontent à 2005-2006 (EMMUSIV) font état de 630 décès pour 100 000 naissances vivantes, d’après les chiffres fournis par l’association. 63% des accouchements ont eu lieu à domicile et 36 % dans une institution de santé. Ce qui constitue de grands risques pour une femme qui accouche à domicile de perdre sa vie et celle de son enfant. En plus, à chaque minute, on dénombre 380 femmes qui tombent enceinte. 190 d’elles sont confrontées à une grossesse non planifiée ou non désirée, d'après une enquête de EMMUS III soulignée par les responsables de l’activité. Ces derniers, interpellés par le sujet, estiment plus qu’important d’impliquer les futurs professionnels afin qu’ils développent des attitudes et comportements plus responsables dans leur approche de l'aide et de la gestion de la situation, à en croire le président et cofondateur de SMAH, Alence

Théroné, étudiant en 5e année à UNIFA.

Il y a un déficit de formation de la part des professionnels de santé quant à la manière de procurer des soins aux différentes populations, constate la cofondatrice d’Equal Health, le Dr Michelle Morse, une interniste qui travaille aux États-Unis et Haïti, oeuvrant pour sa part dans l’éducation des professionnels de santé. Elle estime plus que nécessaire que les professionnels n’abordent pas seulement les problèmes de santé à un niveau purement biologique, puisque les attitudes et comportements sociaux sont tout aussi déterminants.

Comme d’autres participants à cette activité, l’étudiante en 4e à l’UNIFA, Oracius Garlie, a exprimé son enthousiasme à travailler de commun accord avec des étudiants des autres espaces universitaires sur un même projet. Pour elle, cette capacité de se mettre ensemble à réfléchir sur certains maux du système de santé haïtien constitue une bonne avancée dans la manière de parvenir à une issue. C’est aussi ce que pense Yamilé Perez, étudiante de la FMP, en internat à l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti. « J’ai beaucoup entendu et appris plein de choses sur le système sanitaire, mais surtout dans la manière de monter un projet innovant en un laps de temps pour le bien-être de la population en nécessité », soutient-elle, l’air satisfait.

Fondée depuis 2014, l’Association haïtienne des étudiants en médecine sociale (SMAH) a déjà réalisé des séminaires, des séances de dépistage sur la maladie du sida, des conférences relatives aux thématiques diverses liées à la médecine sociale. SMAH se donne pour mission de faire la plaidoirie, de poser des actions sociales, de participer à l’éducation des professionnels de santé et de la population, afin de favoriser l’éfficacité du système de santé, devant être capable d’assurer entre autres la prise en charge de chaque individu à un niveau biopsychosocial.

EqualHealth, Social Medicine, Consortium, FMP-UEH, Civic Hire sont les partenaires de cette activité.

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