« Une ville dans la ville » : Port-au-Prince n’est pas différent de son cimetière

L’exposition du photojournaliste Georges Harry Rouzier, prévue du 9 au 16 novembre 2017, a démarré le jeudi 9 novembre 2017 au Centre d’art, à la rue Roy. Elle dévoile différentes réalités du cimetière de Port-au-Prince dont certaines sont aussi observées dans la capitale haïtienne. Le vernissage de cette exposition intitulée « Une vie dans la ville » a débuté avec un échange autour du déclin de l’espace du cimetière pris comme patrimoine funéraire, présenté par Kesler Bien-Aimé.

Publié le 2017-11-10 | Le Nouvelliste

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Afin d’expliquer cette série de photos au cimetière de Port-au-Prince, le photographe à l’honneur, Georges Harry Rouzier, soutient qu’il s’est d’abord intéressé aux problèmes de la ville de Port-au-Prince, parce qu'à la base il est architecte. « J’ai d’abord choisi de travailler sur le cimetière mais, une fois à l’intérieur, j’ai vu de nombreuses similitudes entre la ville de Port-au-Prince et celui-ci. Du coup, mon travail n’a plus porté sur le cimetière de Port-au-Prince seulement, mais plutôt sur une sorte de parallèle entre le cimetière et la ville. Dans les différentes photos, j’ai choisi d'illustrer ce qu’on retrouve dans le quotidien de Port-au-Prince: le manque de tracés, l’urbanisation ou encore le drainage.

Les photos ont été disposées en cercle avec au centre une colonne qui représente la statue « Madan Kolo » de l’ancien Port-au-Prince. Une manière de recréer l’impression qu’on a quand on visite Port-au-Prince pour la première fois, souligne Rouzier : « On a l’impression de tourner en rond comme c’est le cas au cimetière de Port-au-Prince », ajoute-t-il.

Le lancement de l’exposition a été un franc succès, vu le public qui a répondu à l’appel. « On a l’impression que le schéma économique est bel et bien représenté au cimetière. D’un côté, des tombeaux démunis peuvent indiquer l’appartenance sociale de certains défunts, d’un autre, des caves et mausolées sont érigés, ne laissant aucun doute sur l’origine de certains autres », fait remarquer un des participants à cette exposition.

Quant à Kesler, il avait, dès le départ, souligné que non seulement le cimetière est un croisement de toutes les rencontres humaines, mais il abrite les dépouilles d’illustres figures de l’histoire sociale, politique et culturelle de la capitale comme Elie Lescot, Daniel Fignolé, François Duvalier, Frédéric Marcelin ou encore Roussan Camille. De plus, son aménagement est l’archétype même de la ville de Port-au-Prince. Quotidiennement animé, il témoigne également d’une histoire de plus de deux siècles d’interaction et de brassage culturel. Il a été fondé par Elizabeth Alonsa Yacinthe, en 1799, sur une surface de 9 carreaux et demi de terre.

Georges Harry Rouzier a commencé ce projet en l’année 2015. À noter que l’exposition continue jusqu’au 16 novembre prochain, au Centre d’Art. Les intéressés ont donc le temps d’y faire un saut.

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