Lancement officiel de l’Atelier de révision du plan de réponse humanitaire 2017-2018

Le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), de concert avec le gouvernement haïtien, a organisé, le mercredi 8 novembre, à l’hôtel El Rancho, un atelier de révision du plan de réponse humanitaire pour l'année 2017-2018. L'objectif est d'établir les principaux changements du contexte humanitaire, d'adapter les stratégies de réponse et les budgets sectoriels en dépit des difficultés socio-économiques auxquelles Haïti est confrontée.

Publié le 2017-11-10 | Le Nouvelliste

Economie -

Cet atelier de révision a été l'occasion pour le gouvernement haïtien et les acteurs humanitaires d’actualiser les données sur les personnes qui sont dans le besoin d'assistance humanitaire. Cette session de travail a mis l'emphase sur bon nombre de secteurs à travers lesquels passe l'action humanitaire, notamment la sécurité alimentaire, la protection, la nutrition, l'éducation, la santé, le relèvement, entre autres. Selon les organisateurs, la sécurité alimentaire reste préoccupante avec 1,32 million de personnes qui sont en insécurité alimentaire « aiguë sévère », et 1 million dans le besoin d'assistance humanitaire, tout en soulignant que 2,1 millions de personnes affectées par l'ouragan Matthew sont encore à risque de désastres naturels.

Le coordonnateur humanitaire, le Dr Mamadou Diallo, a fait le point sur le renforcement des liens entre action humanitaire et développement. Selon lui, l'action humanitaire se focalise sur un processus de planification humanitaire et une stratégie de réponse bisannuelle, basée sur l'analyse de besoins et les plans de réponse sectoriels annuels. Il invite les partenaires humanitaires à continuer à appuyer les efforts des institutions étatiques afin de réévaluer les besoins humanitaires les plus critiques et de réfléchir à la manière de renforcer la résilience des personnes rendues vulnérables par les différents facteurs de risques humanitaires. « La réponse humanitaire est une action qui vise à empêcher que des personnes perdent la vie ou les moyens de survie parce qu'il y a une catastrophe naturelle », a-t-il déclaré.

Le représentant spécial adjoint de la Mission des Nations unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH) avance par ailleurs que l'équipe humanitaire dont il est le coordonnateur avait estimé que 2,7 millions de personnes ont besoin d'une assistance humanitaire, de protection ou de relèvement, dont 2,4 millions ont été ciblées pour être assistées à travers la mise en œuvre de différents projets dans tout le pays. Il dit qu'il est de son devoir de répondre à d'importants besoins humanitaires auxquels Haïti continue malheureusement de faire face dans le but d'apporter une réponse humanitaire cohérente et bien ciblée.

Pour sa part, le Ministre de la Planification et de la Coopération externe (MPCE), Me Aviol Fleurant, qui représentait l’État haïtien à cet atelier, soutient que les risques de catastrophe en Haïti sont importants, les plus fréquents étant les sécheresses, les tremblements de terre, les ouragans, les inondations ainsi que les glissements de terrain. Il rappelle que Haïti reste affectée par une convergence des crises humanitaires, encore ravagées, par l'ouragan Matthew qui l'a frappée en octobre 2016, signalant que l'assistance humanitaire d'urgence doit se faire en complémentarité avec le relèvement et le développement. « Nous faisons face à une crise humanitaire dont les conséquences sur les populations ne sont plus à démontrer. Avec plus de 98% des Haïtiens exposés à deux ou plusieurs types de catastrophes, l'impact est particulièrement sévère, compte tenu de la vulnérabilité et des disparités socio-économiques et environnementales déjà existantes.»

Le titulaire du MPCE estime capital de trouver des passerelles entre les activités d'urgence et ceux du développement. « Haïti doit sortir de l'assistance humanitaire pour aller vers le développement durable en passant par le relèvement », a-t-il martelé ajoutant que les résultats de ce consensus permettront d'harmoniser les orientations stratégiques et de répondre efficacement aux besoins prioritaires dans le cadre de l'action humanitaire.

Dans la même veine, le chef de bureau, a.i. des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), Vedaste Kalima, a confié que le budget alloué au financement de ce programme était de 291,5 millions de dollars. Ce dernier, a-t-il poursuivi, a été revu à la baisse à hauteur de 191,5 millions de dollars, soit 36,2% après avoir pris en compte les différentes contraintes liées aux contextes économiques actuels. Car il existe des secteurs qui restent encore sous-financés, principalement le relèvement, le reboisement et la reconstruction. « C'est donc un sous-financement », a-t-il fait savoir.

Vedaste Kalima a évoqué des priorités qui, selon lui, préoccupent le plus comme l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, l'épidémie de choléra, les désastres naturels, la vulnérabilité des personnes placées dans 26 camps depuis 2010 ainsi que la fragilité des personnes venant de la République dominicaine qui se sont installées dans le pays jusqu'au 18 octobre 2017.

Plusieurs personnalités tant étatiques que non gouvernementales ont pris part à cette session de travail : des donateurs, des représentants des ministères, des représentants des institutions étatiques, des représentants du corps diplomatique, les chefs de mission et représentants des agences du système des Nations unies et les chefs de délégation du mouvement de la Croix-Rouge.

Ainsi, les organisateurs entendent valider les trois chiffres de planification pour l'année 2018 : « Nombre de personnes dans le besoin, nombre de personnes à assister et le budget ».

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