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Rose-Adèle Joachim signe « Quand mon cœur bat si fort »

Publié le 2017-11-09 | Le Nouvelliste

Culture -

Pendant combien de temps peut-on vivre dans le déni de la réalité ? La capacité fictionnelle des êtres humains est prodigieuse. Mais quand la biologie vous rattrape, quand l’enveloppe matérielle – à la base du potentiel cognitif – se dégénère, autour de vous, on vous rappelle spontanément que le réel existe bel et bien et qu’il faut le regarder en face sans l’imaginer. La réalité est dure. Ce que raconte ici Rose-Adèle Joachim dans son premier livre qu’elle signe le samedi 11 novembre de 1 h à 4h p.m., au restaurant Aioli, à Pétion-Ville, n’est pas une fiction.

« À mon retour, j’ai trouvé maman dans sa chambre, en train de faire et de défaire ses bagages. Presque chaque jour, elle fait et défait ses bagages quand elle n’a rien d’autre à faire. Elle se prépare à rentrer chez elle, à Arcachon 32, dit-elle. Je suis allée la saluer tout en lui demandant de ses nouvelles. Elle m’a expliqué combien elle était contente de me voir après un si long temps. Elle n’arrêtait pas de m’embrasser. On dirait que j’étais absente depuis une éternité. Puis, elle m’a demandé si je n’avais pas vu Adoue.

- Où est Adoue ?

- C’est moi Adoue maman, ta fille chérie…

Sa question m’a surprise autant que ma réponse l’a perturbée. Elle était vraiment étonnée d’apprendre que c’était moi Adoue. Pour elle, ce n’était pas moi Adoue. Elle était devenue hagarde. Elle n’arrivait plus à s’exprimer. Tout semblait s’embrouiller dans sa tête. Puis, elle se mit à parler. On dirait que tout ce qui lui passait à l’esprit, elle le disait sans pouvoir vraiment sortir une phrase cohérente. Était-ce des symptômes d’une maladie grave qui se manifestaient chez ma mère? » (sic)

Cet extrait du livre « Quand mon cœur bat si fort » de Rose-Adèle Joachim (RAJ) est une tranche de vie de l’auteure du livre. Quand on a une mère souffrant de l’alzheimer, pathologie neurodégénérative du système nerveux qui affecte progressivement la mémoire, le cœur des proches souffre. Cri du cœur, cri de douleur. Le père de RAJ souffre, de son côté, de parkinson, maladie neurologique qui provoque chez lui un tremblement, une lenteur. Il n’arrive pas à supporter cette grande souffrance. « Papa est complètement affaissé de voir maman dans ces conditions. Il n’arrive toujours pas à admettre qu’elle souffre de l’alzheimer, d’autant que par moments elle est incapable de l’identifier et oublie son nom. Il vit la maladie de maman dans le déni, il lui parle comme si elle était lucide. »

Rose-Adèle Joachim assiste au déclin irréversible de ses êtres chers qui n’ont plus de prise sur le monde qui les entoure. « Marie-Rose ne veut plus m’aider à faire quoi que ce soit. Elle me déteste. Elle est agressive envers moi parfois et elle m’injurie », lance le père de l’auteure du livre.

Ce mal qui ronge ses parents bouleverse son âme. Mais Rose-Adèle ne ruminera pas cette situation difficile comme certaines personnes demeurées chaos debout. Aussi a-t-elle choisi de raconter sa vie. Elle a laissé monter le récit en elle. Et, comme une graine, il a produit des fruits toniques pour le corps et l’esprit.

Au restaurant Aioli, 39 angle rue Métellus et Ogé, à Pétion-Ville, le samedi 11 novembre de 1 h à 4 h. p.m., le public découvrira une Rose-Adèle vibrante qui signe un essai, « Quand mon cœur bat si fort ».

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