Haïti, patrimoine immatériel : une spécialité qui se distingue

Dans le cadre de la semaine du patrimoine, le Réseau culturel franco-haïtien et la FOKAL ont organisé le jeudi 26 octobre, à l'Institut français en Haïti (IFH), une conférence sur le thème «Patrimoine immatériel en Haïti ». L'objectif est de présenter des spécialités haïtiennes en matière de la musique et de la gastronomie.

Publié le 2017-11-10 | Le Nouvelliste

Culture -

Le musicien de jazz et chercheur en musicologie, Claude Carré, et le professeur d'anthropologie culturelle à la Faculté d'ethnologie (FE) et à l'Institut national d'administration, de gestion et des hautes études internationales (INAGHEI), Walex Pierre, ont traité du patrimoine immatériel haïtien.

Plusieurs points concernant la musique et la gastronomie haïtiennes ont été débattus. Ces derniers, selon les intervenants, influent sur l’économie nationale car elles peuvent l'affecter aussi bien positivement que négativement. Ils ont décrit les différentes activités desdits secteurs, tout en évoquant leur processus de création, de production et de transmission.

Le musicologue Claude Carré a fait savoir que le secteur musical haïtienjouent plusieurs rôles. Il a souligné des facteurs traduisant la spécificité haïtienne en matière de musique, notamment les fêtes patronales et rara, la musique racine, les musiques urbaines (rap, reggae, rabòday), chansons populaires, troubadours... Selon lui, la musique haïtienne a subi des transformations au cours de son évolution. « L’industrie haïtienne de la musique évolue dans un contexte politique instable, où musique et politique sont de plus en plus imbriquées », a-t-il déclaré. Le musicien de jazz a indiqué l'influence de la technologie de la musique américaine sur la musique traditionnelle haïtienne. D'après lui, la musique est quelque chose de vivant car elle évolue avec le temps. Il a mis en exergue des facteurs influençant la production musicale, spécialement les changements sociaux.

Pour sa part, l’anthropologue et philosophe Walex Pierre a mis l'accent sur la cuisine haïtienne. Selon lui, l'anthropologie alimentaire et vestimentaire n'est pas encore explorée en Haïti. « Nourriture, cuisine, gastronomie, alimentation reflètent les conditions historiques et économiques ainsi que des valeurs sociales et culturelles de chaque société », a-t-il dit, ajoutant que chaque société dispose d'un système culinaire qui lui est propre. Il a énuméré les marqueurs culturels qui, selon lui, sont propres à chaque société, comme les manières de table, de manger, etc. « Les pratiques culinaires et alimentaires résultent de la stratégie d'appartenance à son groupe social et de différenciation par rapport aux autres », a-t-il rappelé.

Par ailleurs, Walex Pierre a évoqué les éléments révélant les richesses de la gastronomie haïtienne, son origine, ses spécificités et ses caractéristiques. Il souligne la dimension symbolique du lien qui existe entre l'organisation sociale et les pratiques alimentaires. « La gastronomie haïtienne est un élément de la culture haïtienne, c'est un marqueur identitaire haïtien. Elle résulte du mélange de saveur tropicale et d'influence des premiers peuples qui ont habité notre terre », a-t-il martelé.

Ainsi, la musique et la gastronomie haïtiennes sont des éléments de la culture haïtienne. Elles révèlent les us et coutumes de l'Haïtien. Elles ont des dimensions religieuses et culturelles véhiculant des messages qui relèvent tant du biologique que du spirituel, tant du profane que du sacré. « Ces spécialités déterminent l’haïtien en tant que tel au point qu'il existe un lien entre la musique, l'alimentation et l'identité », ont avancé les intervenants tout en évoquant les influences de mouvances sociales et politiques sur la production musicale et la gastronomie haïtienne.

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