Je veux me laver les mains…*

Publié le 2017-11-10 | Le Nouvelliste

Société -

Bien que recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), comme la mesure d’hygiène la plus importante pour prévenir la transmission des infections, le lavage des mains est un geste simple qui n’est pas encore totalement et systématiquement adopté par les populations même dans les pays un peu plus avancés que nous. Une récente enquête sur une soixantaine de pays donnant le pourcentage de gens qui se lavent les mains après la toilette organisée par BVA Opinion (société française de marché et d’opinion) place la France en 50ème avec 62% et l’Espagne en 52ème. La palme serait à l’Arabie saoudite avec 97% et certains l’expliquent par l’exigence de la religion musulmane; pratique culte chez les juifs également.

Alors qu’en Haïti les maladies chroniques augmentent d’incidence actuellement, il ne faut pas oublier que les maladies infectieuses sont encore bel et bien présentes dans notre réalité. Avec près de 4.5% du budget national alloué à la santé, s’impliquer dans la prévention massive par la systématisation du lavage des mains serait plus que stratégique considérant surtout le fait que 80% des microbes se transmettent par les mains selon l’INPES (Institut National de Prévention et d’Éducation pour la Santé).

Les chiffres parlent d’eux-mêmes, selon le dernier EMMUS officiel (Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation de services) commandité par les MSPP (Ministère de la Santé Publique) où l’accent a été mis sur la disponibilité du lieu de lavage des mains, 62 % des ménages au niveau national, deux tiers dans le milieu urbain et près de six ménages sur dix en milieu rural ont montré aux enquêteurs un endroit où se laver les mains. Parmi ces derniers, 35 % disposaient de l’eau et du savon et 20 % de l’eau seulement au moment du passage de l’enquêteur. A titre de rappel il est nécessaire que cette eau soit coulante.

Encore selon l’EMMUS V (Tableau 2.6) largement plus d’un tiers de la population (41%) des ménages du pays n’avait pas de savon et eau disponibles au moment du passage des enquêteurs. Se pose alors un problème de disponibilité de moyens de lavage des mains. Est donné une idée claire de la frange de la population qui pourrait se laver régulièrement les mains si elle le voulait, sans prétendre que les autres se laveraient s’ils le pouvaient.

L’éducation de la population par un geste si simple et si important qui parait banale pourrait constituer une réponse de taille dans la démarche de lutte contre les maladies infectieuses car si le 4/5 des maladies infectieuses se transmettent par contact de mains, voyez par vous-même les maladies et dépenses qui peuvent être aisément évités en encourageant la population en général à pratiquer le geste d’hygiène le plus important. A la population de se rendre compte que le premier garant de sa santé est soi-même.

Raema Mimrod JEAN

Etudiant en médecine à l’UEH

Président du secteur sante de REVIAESOH

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