Plaidorie pour la sauvegarde de notre écosystème

Publié le 2017-11-13 | Le Nouvelliste

Idées & Opinions -

Le bien-être de l'homme dépend en majeure partie de son milieu ambiant. Si la vie est apparue il y a environ 3.5 milliards d'années, un ensemble d'éléments ont amorcé ce processus vital pour que les êtres vivants, particulièrement l'homo sapiens, puissent exister -. Nous clamons haut et fort avoir la supériorité sur les autres êtres dans la nature. Notre évolution n'est-elle pas une entrave à l'écosystème ? Puisque, avec l'industrialisation effrénée comportant des effets perturbateurs sur les espèces provoquant des altérations environnementales... se présente une menace imminente. Un fait indéniable, notre planète connaît ces derniers temps des bouleversements écologiques sévères : Cyclones violents, fonte glaciaire, disparition de certaines espèces... tout cela ne nous interpelle pas. Au contraire, nous continuons à investir dans la fabrication d'armes nucléaires et chimiques... Quelle déraison !

Imaginez un instant l'augmentation de la température à 100 degrés Celsius. Imaginez la montée rageuse de la mer à 50 mètres. Imaginez l'air que nous respirons devenir totalement toxique au point qu'une bouffée nous empoisonne mortellement... Nous développons un comportement autodestructeur contre la nature, puis nous cherchons à coller les morceaux sans réfléchir au préalable aux conséquences de nos mauvaises pratiques. - Nous jouons avec le feu et nous le savons pertinemment -. Mais nous préférons suivre notre bas instinct que d'écouter la raison. Envisager d'aller vivre ailleurs n'est pas certain. Comment vit-on sur une planète ( la seule vivable présentement ) et ne pas prendre soin d'elle ? Il est tout à fait souhaitable d'explorer pour trouver d'autres endroits habitables, toutefois l'argent dépensé dans les grandes explorations pourrait être utilisé dans la protection de nos faune et flore.

Le pouvoir et l'argent ne peuvent servir de bouclier pour se protéger contre les catastrophes naturelles. Depuis quelque temps la terre vit sur ses réserves. Les pays du Sud en grande partie subissent de plein fouet les conséquences de l'augmentation des gaz à effet de serre sans être à proprement parler les véritables pollueurs. Que se passe-t-il dans la tête des hommes et femmes puissants de ce monde, notamment les politiques adoptant une attitude sceptique face aux effets du changement climatique ? Une épée de Damoclès plane au-dessus de l'humanité. Prendre des engagements et ne pas les respecter traduit le désintérêt caractérisé par l'exploitation à outrance des ressources, des guerres par-ci par-là, des pratiques de braconnage, etc. Faut-il bien retourner à l'état naturel pour apercevoir et comprendre le degré de notre bêtise ! Albert Einstein a raison de dire : « Deux choses sont infinies : l'univers et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l'univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue. »

Les forêts tropicales ne peuvent plus absorber le gaz carbonique... Des accords signés pour diminuer l'émission de ce gaz dans l'atmosphère ne sont pas respectés. Trop d'intérêts économiques sont entrés en ligne de compte. De ce fait, l'application stricte de ces traités reste sur papier. Le monde est au beau milieu d'un désastre écologique : pollution des océans bouleversant la vie des animaux marins - de temps à autre des maladies surgissent et tuent certaines espèces - des rivières desséchées, la rareté de l'eau se fait sentir de plus en plus. L'enchaînement écologique ipso facto brisé peut causer d'énormes dégâts puisque notre galaxie est régie par des lois physiques. Cela ne nous surprend pas puisque nous nous sentons confortables dans notre château. Songer à notre position naine dans l'univers en citant Blaise Pascal : « L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature; mais c'est un roseau pensant. » C'est dire qu'il est fragile ; cependant, doué de raison, il recèle les éléments adéquats lui permettant de corriger ses erreurs.

La recherche du profit semble aveugler notre vision écologique, car notre esprit digère mal le fait d'aborder les problèmes environnementaux d'une importance capitale pour notre survie. Or, après avoir tout gagné, où allons-nous jouir des richesses amassées ? Nous envisageons d'aller habiter Mars; nous risquons de commettre la pire erreur de l'humanité. Pensons-nous à la génération future ? De lui léguer une planète exempte de guerre, de crises politiques répétées, de catastrophes humanitaires telles que : La faim, les épidémies, la migration forcée, etc. Ne pas s'en occuper et bouder les aléas de la conjoncture peuvent aggraver la situation actuelle en mettant en péril le système mondial monté au service d'un groupuscule que certains pensent contrôler. Alors que le moindre dérapage peut s'avérer fatal. Que voulons-nous au juste ? Décimer subtilement une bonne partie de la population mondiale ? L'asservir jusqu'à ce qu'elle rende son dernier souffle ? La distraire pour qu'elle n'ait plus la volonté d'agir ?

Tôt ou tard elle s'en rendra compte.

Tout citoyen a sa part de responsabilité dans la protection de son environnement immédiat. On ne peut pas rester les bras croisés dans l'attente d'un miracle. Vivre pour soi-même sans se soucier de son entourage ne garantit pas sa sécurité. L'égocentrisme conduit à l'individualisme et celui-ci au cynisme. - L'implication de chacun dans la prise des décisions pro-environnementales pour cesser d'être un sujet de persécution pour la biocénose sera bénéfique pour notre planète. Cela requiert un changement de comportement vis-à-vis de la nature. Sachant que tout acte posé a des répercussions sur notre champ d'action. Quelqu'un fume une cigarette, sans se rendre compte inhale non seulement un poison mais émet dans la nature du CO2. L'achat immodéré des « accessoires superflus » pour la maison favorise l'empilement des déchets après leur usage. C'est dire que tous sont responsables de la dégradation planétaire.

Le concept de justice climatique doit être appliqué en faveur des pays du Sud touchés sévèrement par le changement du climat. Leur récolte, leur logement, leurs moyens de subsistance perdus. Sans qu'ils ne soient responsables des pratiques exercées par les États puissants sur la planète entraînant toute sorte de calamités. Victimes, ils doivent être dédommagés. Ils doivent se regrouper pour contraindre les pays industrialisés à ne plus exploiter des ressources dans leur sous-sol. Ils doivent organiser leur territoire et prendre des mesures pour la protection des aires maritimes (aquatiques), des forêts, des espèces menacées de disparition... sensibiliser les populations aux enjeux climatiques.

Face aux aléas des problèmes environnementaux, nous sommes tous concernés et exposés. Poser des actions concrètes en investissant dans l'économie verte. Une transition assez coûteuse mais bénéfique pour notre planète. Soyons des écoloscitoyens.

Jean David Destinville, Étudiant en Histoire à l'Universite d'État d'Haïti Auteur

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