L’artisanat, vecteur d’inclusion pour les personnes souffrant de troubles du développement

Artisanat en fête Psychologues de formation, Pascale Fanini-Lemoine et Pascal Néry Jean-Charles ont mis sur pied en 2016 La petite chenille, centre de thérapie qui prend en charge les enfants, adolescents et adultes souffrant d’un trouble de développement. Des œuvres artisanales produites par ces derniers seront exposées à la onzième édition de Artisanat en fête les 21 et 22 octobre au parc historique de la Canne à Sucre. Une façon de sensibiliser la société à cette problématique, de promouvoir l’inclusion des personnes souffrant de déficience mais aussi de prouver que ces dernières ont aussi d’énormes potentialités en dépit des difficultés auxquelles elles sont confrontés.

Publié le 2017-10-12 | Le Nouvelliste

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Jusqu’à présent, les personnes souffrant de troubles mentaux sont souvent laissées pour compte, discriminées et placées en marge de cette société qui est peu inclusive. Pourtant, avec un accompagnement et des soins appropriés à leur cas, elles peuvent se développer, s’épanouir et accomplir de grandes choses. C’est ce que croit fermement Pascale Fanini-Lemoine et Pascal Néry Jean-Charles, cofondateurs de La petite chenille centre de thérapie.

Né et élevé en Haïti, Pascal Nery a fait ses études secondaires au Collège de l’Étoile, puis est parti faire une licence en psychologie au Pontificia Universidad Católica Madre y Maestra en République dominicaine et détient aussi une maîtrise en psychologie clinique et de la santé et une autre en psychologie de l’éducation de l’Université autonome de Madrid, en Espagne. Pascale Fanini-Lemoine, de son côté, ancienne élève du Collège Frantz Paillère, a effectué une licence en psychologie au Pontificia Universidad Católica Madre y Maestra en République dominicaine, puis a réalisé des études de master à distance en psychologie de l’enfance et de l’adolescence avec l’ITEAC en Espagne.

En 2016, ensemble, les deux amis de longue date, qui ont étudié ensemble en République dominicaine décident de mettre sur pied La petite chenille centre de thérapie, un centre d’éducation spécialisé dédié à l’accompagnement des enfants, adolescents et adultes présentant des troubles de développement. « Je travaille avec les enfants autistes depuis environ sept ans. J’avais toujours rêvé d'ouvrir un centre qui leur serait dédié pour les encadrer et les aider à s’épanouir. Avec Pascal, on a décidé d’élargir nos champs d’opération et de prendre en charge tous les troubles du développement », explique Pascale Fanini-Lemoine. En effet, son collègue précise que La petite Chenille centre de thérapie s’occupe d’enfants, d’adolescents et d’adultes qui souffrent d’autisme, de déficience intellectuelle, du syndrome de Down, du syndrome de l'X fragile (FXS) pour citer que ceux- là. Depuis leur ouverture, près de trente-cinq enfants et adultes bénéficient de leur accompagnement et thérapie. « C’est important qu’il existe en Haïti des centres spécialisés qui puissent prendre en charge ces types de cas qui sont plus fréquents que l'on ne croit en Haïti et que tout le monde le sache. Car, le plus tôt qu’on détecte ces problèmes et qu'on encadre ces gens, mieux c’est », explique Pascal Jean-Charles qui prône l’inclusion de cette catégorie spéciale dans la société.

En effet, à l’heure où nous parlons, beaucoup ignorent qu’il existe des centres du genre destinés aux troubles du développement. Par ignorance ou faute d’information, certains préfèrent encore cacher les personnes qui présentent ce genre de déficience, d’autant plus que, beaucoup attribuent une origine surnaturelle à ces cas.

L’artisanat comme vecteur d’inclusion

Dans leur processus thérapeutique, les deux complices choisissent d’initier les enfants aux activités manuelles, notamment l’artisanat. Sur demande des parents et de proches d’adultes fréquentant le centre, ils ont élargi ces activités à cette catégorie. Sous la houlette de ces thérapeutes, ces derniers sont arrivés à produire des œuvres diverses avec différents matériaux. Ils ont pu fabriquer des poteries à base d’argile, de ciment ou de mosaïques ; des sous-plats, sous-verres avec du macramé ou en crochet, des tableaux, des bougeoirs, des masques en papier mâché etc. Ces œuvres seront exposées à Artisannat en fête pour montrer que ces jeunes en dépit de leurs difficultés possèdent beaucoup de potentialités.

Mais, confie Pascal, ceci n’a pas de but lucratif. « Les articles ne seront pas vendus. Certains de ceux qui les ont réalisés seront aussi présents. Ce sera une façon de montrer que, lors même que des gens souffrent de troubles du développement, ils peuvent toujours faire autre chose. Ils peuvent développer une certaine autonomie et réaliser des choses utiles qui contribuent à leur épanouissement. Ce sera aussi une façon de sensibiliser le public à cette problématique ». Cependant, les visiteurs pourront toujours faire des dons à l’institution ou à des parents dont les enfants présentent ce type de problème à cette occasion.

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