Technologie/ Innovation

«Robot Dumax», un Haïtien qui veut se positionner dans le monde de la robotique

Passionné de la robotique, Jean Max Dumond est un jeune Haïtien qui a su profiter des avantages des nouvelles technologies. Âgé de 31 ans, il est le concepteur autodidacte du «Robot Dumax». Entre jeunesse et persévérance, retour sur le parcours d’un jeune « self-made-man », qui n’a pas voulu quitter le pays pour se rendre ailleurs, mais a voulu tenter d’innover avec une réalisation hors du commun.

Publié le 2017-10-10 | Le Nouvelliste

Economie -

Sans aucune étude académique dans le domaine de la robotique, en juillet 2017, Jean Max Dumond a commencé à faire des recherches sur Internet et s’est doté d’une grande rigueur, où il a appris à programmer en html, et un peu de java script, ce qui lui a permis de créer le «Robot Dumax», un robot qu’on peut programmer et lui donner une personnalité à sa guise. Cet engin peut être utilisé comme un outil éducatif ou de loisir. Par exemple : le programmer pour raconter des histoires, des blagues, réciter des prières ou faire des citations.

«À l’âge de 8 ans, j'ai créé des petites voitures motorisées et un jour une arme à aiguille, pour laquelle j’ai reçu une bonne raclée de la part de ma maman. À 12 ans seulement, j’avais déjà des connaissances en aéronautique et sur la façon dont on pouvait faire voler un avion. C’est-à-dire sur la poussée, la traînée, la portance et le poids de l’avion. Et à 14 ans, j’ai créé mon premier avion en aluminium», dit-il, soulignant avoir grandi avec l’envie de réparer et de comprendre le fonctionnement des machines. Il se posait toujours des questions sur la réalité de son pays par rapport à ce qu’il regardait dans les films à la télé et cherchait surtout des idées pour améliorer son quotidien.

Selon Jean Max Dumond, l’idée «Robot Dumax» est venue grâce à son garçon de deux ans qui avait des difficultés à parler mais qui, étrangement, réagissait parfaitement bien quand je lui posais des questions avec sa voix préenregistrée dans la magnéto de mon portable. Voilà comment est venue l’idée de créer une application androïde de reconnaissance vocale et de concevoir un robot conversationnel doté d’une mini-intelligence artificielle capable de parler et de répondre aux questions qu’on lui pose.

Contaminé très jeune par le virus des nouvelles technologies, autodidacte engagé, ce jeune homme affable, discret et rare est emporté par des émotions et des énergies créatrices qu’il essaie de dompter et d’adapter aux réalités du monde moderne et économique. Il confie que la robotique est en plein développement depuis quelques années dans le monde et ça prend une grande place dans notre quotidien.

«Au cours de ces différentes expériences, je me suis perfectionné dans le domaine de l’informatique. J’ai acquis de nombreuses compétences utiles via Internet me permettant de réaliser des gadgets super cools comme par exemple : Une lampe télécommandée, un inverter, un détecteur de proximité, un chargeur USB, une arme électrique, un émetteur radio et des sites Web», explique-t-il.

Un autodidacte et des projets d’avenir

Il est rare de trouver en Haïti des jeunes qui, au lieu d’aller chercher du travail, choisissent volontairement de développer leurs propres idées. Jean Max Dumond fait partie de cette infime catégorie. Pour en arriver là, il lui a fallu une forte dose de travail, de la persévérance et de la curiosité. Après ses études classiques au lycée Toussaint Louverture, il a passé 3 années à la Faculté de droit et des sciences économiques de Port-au-Prince pour étudier les sciences juridiques, étude qu’il a dû abandonner pour des problèmes de santé et économiques.

«Je voudrais utiliser ma créativité pour obtenir des résultats novateurs. Mon objectif est d’apprendre de nouvelles aptitudes du domaine de la robotique et percer dans une nouvelle industrie en Haïti. Mais je n’arriverais sûrement pas sans de l’aide. Surtout qu'on n’a pas d'écoles spécialisées dans la robotique dans notre pays», ajoute-t-il en invitant les jeunes Haïtiens à être toujours motivés même dans les moments de désespoir. Pour repéter Jean-Paul Sartre, «l'homme n'est point la somme de ce qu'il a, mais la totalité de ce qu'il n'a pas encore, de ce qu'il pourrait avoir». Tout pour dire aux jeunes Haïtiens qu’ils sont la totalité de ce qui n'existe pas encore dans ce coin de terre que nous ont légué nos ancêtres. Alors, réfléchissez monstrueusement, pensez pertinemment pour innover votre environnement. Vous êtes le seul maître de votre destin, alors faites travailler vos méninges.

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