Notes de témoignage et de remerciement

Publié le 2017-10-04 | Le Nouvelliste

Société -

Par Ing. Déjean Bélizaire

Le 26 août 2017, Nicole, ma compagne de 57 ans, depuis ce jour de l’année 1960, en pleine grève de protestation des étudiants contre l’arrestation de l’étudiant Joseph Roney et de lycéens, où elle me fit parvenir son journal en réponse à un billet doux que je lui adressai de ma cachette au pied du morne L’hôpital, elle est partie pour l’au-delà. Son départ a donné lieu à de grandes manifestations de sympathie envers les familles Bélizaire, Hyacinthe et alliés. À Pétion-Ville, l’église St-Pierre, où les funérailles ont été chantées, pouvait à peine contenir les participants. À Petite-Rivière de l’Artibonite, elle a été accueillie à Pont- Bourg par le maire de la commune, Monsieur Rodriguez Démosthène, et le coordonnateur du MNP-28 de la ville, le professeur Harry Delva, qui l’ont tous deux honorée de discours de belle facture. Au Canada, le départ de Nicole fut salué par un texte magistral du professeur Henry Piquion dont les filles jumelles ont été soignées par elle à un moment difficile de la santé de ses enfants. À New York, des ingénieurs, des parents, des amis, sous des formes diverses et variées, ont témoigné de leurs agissantes sympathies. D’un autre côté, la presse, en particulier Le Nouvelliste, Radio Kiskeya, Radio Métropole, Radio Caraïbes, etc., n’ont rien négligé pour informer du départ vers l’au-delà d’un excellent médecin, le Dr Nicole Hyacinthe Bélizaire, une femme de conviction, une mère de famille courageuse et intègre.

Après un tel débordement de sympathies, les mots justes et appropriés manquent pour témoigner de la gratitude à l’égard de toutes celles et de tous ceux qui ont apporté un tribut d’hommage au Dr. Nicole Hyacinthe Bélizaire.

Les familles Bélizaire, Hyacinthe, Samedi, Chavannes, Fleury, Mera, Moïse, Morissau et alliés de tout cœur, disent merci à toutes les personnes : parents, amis et connaissances qui par leur présence et leurs divers témoignages les ont réconfortés à l’occasion de ce douloureux évènement, elles disent aussi un spécial merci au staff de médecins et le personnel de l’Hôpital du Canapé-Vert qui se sont précipités avec un grand esprit de solidarité professionnelle au chevet du Dr Nicole Hyacinthe Bélizaire et ont tout fait pour la rétablir dans sa santé.

De nombreuses personnes qui nous font l’honneur de lire ces quelques lignes de témoignage et de remerciement peuvent se demander qui est ce médecin dont la mort a attiré tant de sympathies.

Pour une juste appréciation de cette personne qui a connu la douloureuse épreuve d’être assaillie, en plein jour, de coups de bâton fait de tuyau galvanisé, le 10 octobre1994, à son bureau de chef de service de pédiatrie à l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti pour le seul fait d’avoir dénoncé à travers CNN l’impact négatif et cruel de l’embargo sur la santé des enfants qui ne pouvaient plus recevoir de l’OMS leur dose de vaccin contre la poliomyélite, je soumets ci-après un bref résumé de la vie de ma très chère et inestimable épouse Nicole à qui je dédie ces mots d’Alphonse de Lamartine, ce grand poète français, dont tous les deux, nous avons étudié les méditations poétiques en classe de rétho.

« De colline en colline, en vain portant ma vue,

Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant,

Je parcours tous les points de l’immense étendue,

Et je dis’’nulle part, le bonheur ne m’attend’’.

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,

Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?

Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ! »

Bref résumé de la vie du Dr Nicole Hyacinthe Bélizaire- Née le 19 janvier 1937 des époux Antonio Hyacinthe et Anne Samedy.

-Fit ses études primaires à l’école nationale République du Vénézuela et ses études secondaires au lycée du Tri cinquantenaire (lycée de jeunes filles, rue Capois).

-Entra à la Faculté de médecine en octobre 1960 qu’elle quitta en septembre 1965 pour rejoindre son fiancé à Paris pour son mariage civil à l’ambassade d’Haïti le 15 septembre 1965 et son mariage religieux le 16 septembre 1965 en l’église catholique de la cité universitaire. Deux jours plus tard, elle partit pour Alger avec son mari, l’ingénieur Déjean Bélizaire, qui y travaillait au ministère de l’Agriculture et de la Réforme agraire. Elle s’inscrivit à la Faculté mixte de médecine et de pharmacie où elle a été admise à faire les deux années d’internat obligatoires et présenter, en mars 1968, sa thèse intitulée « Contribution à l'étude clinique et biologie des ictères viraux craves en algérie »

À ce moment, elle était déjà mère de son premier garçon Jean-Garnier et elle portait son second baptisé Clément Nichol (Kéké). En avril 1968, elle arriva à New York avec son mari et en janvier1969, elle passa avec succès l’examen bien connu de matching (équivalence) .Elle intégra Coney Island Hospital où elle y devint « Chief Resident» dans le service de pédiatrie. En aoùt 1972, elle obtint la licence de pratique médicale à New York, en juillet 1974, elle décrocha le diplôme de American Board of Pediatrics et, en avril 1977, elle fut élue «Fellow of the American Academy of Pediatrics».

À partir de 1976, elle revint en Haïti se mettre au service des enfants haïtiens. Elle ouvrit sa pratique privée. D’octobre 1988 à décembre 1994, elle servit comme professeur de pédiatrie à la Faculté de médecine de l’Université d’État d’Haïti et, de novembre 1991 à décembre 1994, elle a été chef de service en pédiatrie à l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti. Elle a démissionné de cette fonction pour avoir été agressée en pleine activité de service. De retour aux USA en 1994 après 28 ans, elle a été employée par Jamaica Hospital jusqu’à son retour de nouveau en Haïti en 2005.

MERCI DE VOTRE ATTENTION!

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