Ayiti Mizik/ Présentation de la cartographie musicale haïtienne

« Le droit d’auteur en Haïti, un manque à gagner dans le secteur musical haïtien »

Haïti possède désormais une base de données qui répertorie et dresse des informations sur le fonctionnement et l’évolution de son industrie musicale. Menée sur une période allant d'avril 2016 à juin 2017, cette étude a été réalisée à l’initiative de « Ayiti Mizik » et présente des données susceptibles de redresser la barre.

Publié le 2017-09-15 | Le Nouvelliste

National -

La question du droit d’auteur est largement abordée dans ce rapport qui trace la cartographie de l’industrie haïtienne de la musique, laquelle industrie « ne permet pas à la majorité des artistes de faire valoir leur talent et de gagner leur vie. Il y a très peu d’opportunités économiques. Le Bureau haïtien du droit d’auteur n’est reconnu d’aucune institution de droit d’auteur internationale », a souligné Milena Sandler, une des responsables de l’Association haïtienne des professionnels de la musique, lors de la conférence de presse donnée ce mercredi 13 septembre, pour présenter au grand public le rapport sur la cartographie de l’industrie haïtienne de la musique.

C’est à initiative de « Ayiti Mizik », qui bénéficie du support de plusieurs institutions culturelles nationales et internationales, dont l'Unesco, que cette étude a été menée.

Sur les 1 520 personnes qui ont participé à l’enquête, souligne le document, 603 se retrouvent parmi celles qui prétendent avoir des droits d’auteur parce qu’ils sont créateurs. Seulement 87 d’entre elles sont enregistrées dans une société de droit d’auteur. Parmi ces 87 personnes, 32 précisent le nom de la société. Après deux autres structures internationales du secteur, le Bureau haïtien du droit d’auteur arrive en troisième position. En 2015, parmi les 87 personnes enquêtées, poursuit le rapport, seules 18 personnes ont touché les royalties de leur droit d’auteur. Ce qui ne représente même pas 3%.

«C’est un manque à gagner énorme. Il faut faire quelque chose au niveau du droit d’auteur en Haïti. Ce système inefficace et inexistant constitue un véritable manque à gagner pour les créateurs des secteurs culturels haïtiens », a ajouté Milena Sandler.

Outre cela, note le document, « la majeure partie des revenus des professionnels de la musique ne provient pas de leurs productions ni de leurs créations. Les métiers de la musique ne sont pas inscrits dans le code du travail. Cependant, la Direction générale des impôts exerce une pression croissante et impose des taxes sur la production musicale dans le pays. De ce fait, avance Mme Sandler, on est obligé d’avoir recours à l’importation dans le secteur.

Fort de ce constat, « Ayiti Mizik », à travers ce document dressant la cartographie haïtienne de la musique, croit qu’il est important d’« opérationnaliser le BHDA ; de maintenir le caractère d’organisme de gestion collective du type mixte du BHDA et d’établir une cohabitation avec d’autres sociétés nationales et/ou internationales de gestion collective spécialisée (….), tout en différenciant son rôle de régulateur et d’arbitre. En dernier lieu, il paraît impérieux de susciter un débat collectif sur le droit d’auteur. Une série de recommandations qui, dans une certaine mesure, contribueront à une meilleure gestion et prise en charge de la création et de la production musicale dans le pays.

Joe Antoine Jn Baptiste jjoeantoine2013@gmail.com Auteur
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