CENTRE-VILLE - PROTESTATION - BUDGET 2017-2018

Le centre-ville paralysé pour protester contre les nouvelles taxes

Publié le 2017-09-12 | Le Nouvelliste

National -

La grand’rue a eu un visage différent ce mardi 12 septembre. Pour le moins surprenant, les carcasses de voitures ont fait place aux pneus enflammés. Ce fut un immense brasier. L’ardeur du feu et la colère des gens massés des deux côtés de la route surchauffaient la chaussée. Ils étaient vent debout contre l’administration Moïse/Lafontant pour exprimer leur ras-le-bol quant aux nouvelles taxes prévues dans la loi de finances 2017-2018.

Il n’y avait pas de mouvement de foule. La manifestation était très loin mais ils voulaient faire entendre leur voix. De la rue Joseph Janvier à la rue Pavée, chaque carrefour avait des tas de pneus enflammés formant une fournaise ardente et obstruant le passage même aux piétons. Les pneus enflammés érigés comme barricades ont brûlé jusqu’à noircir le macadam. De grosses pierres étaient aussi déposées sur la chaussée. Hommes, femmes, habitués de la zone commentent. Ils jugent proportionnelle la réaction face aux torts, disent-ils, que le budget pour le prochain exercice fiscal va causer à la population.

Certains n’ont pas hésité à accuser le président de la République et les parlementaires de vouloir enfoncer davantage le peuple dans la misère. « Déjà sept mois que le président est au pouvoir, cela équivaut pour nous à sept mois de misère », crache un mécanicien. Son congénère, dans les parages, rétorque : « En sept mois, il ne nous a apporté que la hausse des prix du carburant et ces taxes exorbitantes en lieu et place de la banane. »

Pour eux, le pouvoir en place et les parlementaires qui ont voté le budget 2017-2018 agissent par mesquinerie. Ils dépensent sans contrainte l’argent du peuple, et ils n’ont aucune gêne à continuer à le dépouiller, a fait remarquer un autre.

Dans une note de réaction, le bureau du secrétaire d’État à la Sécurité publique a dit « condamner avec la plus grande rigueur les actes de violence et de vandalisme perpétrés durant la manifestation qui s’est déroulée ce mardi 12 septembre dans la zone métropolitaine. » Le secrétaire d’État Léon Ronsard Saint-Cyr, qui a signé la note, « assure à la population que des dispositions seront prises par les autorités établies » pour « […] que les dégradations volontaires commises fassent l’objet de poursuites judiciaires avec condamnation de leurs auteurs. »

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