Les sœurs Jean-Louis participent à Lol fest

Lol Fest Dans le cadre du Lol fest, Cynthia et Garihanna Jean-Louis se produiront au moins 2 fois. Le 9 au Marriott, Garihanna assure la première partie de « Cynthia refait son show ». Le 12 , les deux seront au « Ladies night » à El rancho. Les deux sœurs comiques souhaitent que le public se joigne à elles au Lol fest.

Publié le 2017-09-08 | Le Nouvelliste

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Se considérant comme les sœurs Williams de l’humour, Cynthia et Garihanna Jean-Louis s’accrochent pour de bon dans cet univers laissant jusque-là peu de place au talent féminin. Leur capsule où l’aînée joue au « gran fanm » devant la caméra, a fait du buzz sur la toile. Elles ont enregistré leur entreprise au Canada sous la dénomination de « Les Sœurs Jean-Louis inc. ». Via cette entreprise, elles feront la promotion de leurs carrières, et ouvriront le cadre à d’autres talents également.

Cynthia présente son humour comme étant engagé. «Les thématiques que j’explore doivent porter à réfléchir. Je me questionne, par exemple, sur l’importance du mariage, sur le « pourquoi de l’enfantement». C’est orienté sur la femme mais je ne me présente pas comme une féministe pure laine », dit-elle. Cet engagement a pour base son vécu, ses observations, son environnement immédiat. Dans l’un de ses sketchs, elle met à découvert les dépenses parfois inutiles qu’implique le décès d’un proche. Dans un autre, le désordre qui règne à l’aéroport international Toussaint Louverture.

L’humour de Garihanna est aussi engagé mais fait la part belle à l’absurdité des fois. « L’angle est engagé mais la façon d’en parler renvoie à l’absurdité parfois. Contrairement à Cynthia je peux parler d’une femme battue qui assume volontiers cette violence dont elle fait l’objet. C’est un humour au second degré peut-être pas potable au premier jet. », confie-t-elle. Il lui arrive aussi de parler de la dépression et de ses conséquences, sujets presque tabous dans le milieu haïtien. « Je suis féministe et je fais l’apologie de la diversité » confie-t-elle. Ce sont des engagements qu’elle assume ayant vécu au Canada. « Ne vous méprenez pas, dit-elle, en Occident, l’humour est encore la chasse gardée des « blancs ». Ce n’est pas tout à fait gagné pour les artistes issus de la diversité ».

Pour accorder leurs violons, les deux artistes, qui comptent quelques divergences, jouent la carte de la complémentarité. Cynthia fait remarquer que c’est tout à fait naturel que malgré les liens du sang, elles voient les choses différemment. Entre elles, il y a un écart de 10 ans, la plus jeune a vécu plus longuement à l’étranger que l’aînée… Elles finissent heureusement par trouver un terrain d’entente.

L’humour de Garihanna n’est pas canadien en dépit du fait qu’elle soit diplômée de l’école de l’humour du Québec. « Ma formation, dit-elle, ne saurait changer mon haïtianité. Je suis née et j’ai vécu en Haïti. Mes parents sont Haïtiens. Mon humour est orientée « créole ». C’est plus difficile pour moi d’adapter mon sketch pour qu’il soit potable pour des étrangers que l’inverse. Les mots certes sont peut-être étrangers mais l’approche est locale. »

Quid de la place de la femme dans le monde du stand-up ?

« C’est pareil partout ! », lance tout de go Garihanna. Il ne faut pas, selon elle, s’imaginer que l’herbe est plus verte chez les voisins. Même au Canada, la doxa peine encore à accepter une femme qui fait de l’humour. Ce métier rime encore dans la tête des gens avec homme. Elle croit que la stratégie qui s’impose pour renverser ces croyances qui ont la vie dure, c’est d’être le plus authentique, le plus original possible. Authenticité veut dire dans ce cas-là ne pas avoir peur de montrer ses émotions, sa façon de voir les choses en tant que femme. Ce sont des armes qui n’ont pas été encore utilisées jusque-là, de son aveu, dans l’ensemble des sphères. Cynthia qui est l’une des rares femmes à prendre son envol chez nous dans ce domaine, estime que sa sœur et elle ont eu beaucoup de chance compte tenu des difficultés qu’elles ont dû affronter. Par solidarité féminine, elles comptent ouvrir la porte aux autres. Cela ne veut pas dire qu’elles excluent les hommes. Reste qu’à compétence égale une femme sera priorisée.

L’aînée avoue qu’au début, bien des gens, à travers leurs commentaires, soulignaient la soi-disant crudité de ses propos. « Au début, ça choquait mais au final ce n’est pas les soi-disant grossièretés qui choquent, c’est plutôt parce qu’elles proviennent de la bouche d’une femme. Si c’était un homme qui les prononçaient elles passeraient pour banales. Avec le temps, ils finissent par m’accepter ainsi», juge-t-elle. Garihanna ajoute que persister à défaire ces clichés est important. « C’est une révolution tranquille et très drôle qui se déclenche », déclare-t-elle.

Au-delà de Lol fest, elles continueront à nous gâter avec les capsules, elles mettront sur pied une web-série qui a pour cadre une toilette. Cet espace dans la maison est le lieu privilégié chez les Jean-Louis pour régler les conflits, raconter les « zen », tenir les réunions familiales…

Lol fest, se la pou ou la

« Venez en grand nombre, vous ne serez pas déçus. Dans le stand-up on ne revoit jamais le même spectacle. En plus, avec sa sœur, c’est la communion de deux énergies. Ça s’annonce très chaud ! » lance Cynthia à l’endroit de ceux qui viendront la voir au Lol fest Garihanna ajoute que l’encouragement du public est essentiel au succès d’un spectacle du rire. « En plus, conclut-elle, le Lol fest est un festival international qu’héberge Haïti. Ça vaut le coup de l’encourager ».

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