Haitian Labor Day Festival: on a dansé sous la pluie!

La plus grande crainte de Richard Urbain, organisateur du Haitian Labor Day Festival, s’est matérialisée : la pluie s’est invitée à la fête le 2 septembre ! Du temps fermé qui a accompagné les toutes premières prestations, à la fine pluie qui s’est abattue sur le Einsenhower Park, puis l’averse qui s’en est suivie… Le mauvais temps a été une constante de ce grand festival dédié à la musique compas. Néanmoins, le public, bien qu’en quantité réduite, a répondu à l’appel et les groupes musicaux, chacun à sa façon, ont tâché de tirer le maximum des 20 minutes qui leur étaient accordées.

Publié le 2017-09-04 | Le Nouvelliste

Ticket Mag -

9 formations musicales Vayb, Kaï, Kreyòl La, Klass, Harmonik, T-Vice, Gabel, Djakout #1, Sweet Micky et un artiste solo, Roody Roodboy, étaient en lice pour remporter la prime de 10 000 USD promise par Venus International Productions. Charly Black, artiste jamaïcain inscrit dans le line-up, a été disqualifié du concours pour s'être, notamment produit plusieurs fois dans la ville de New York sans l’accord du promoteur Richard Urbain qui l’avait pourtant fait venir de Jamaïque.

Du spectacle, c’est ce à quoi on s’attendait ce samedi. Et certains groupes ont fait des efforts pour en offrir, malgré les caprices du temps qui ont changé bien des plans. Pas d’entrées spectaculaires. Vayb qui a ouvert le festival, sans provoquer d’euphorie, a offert une belle prestation. On espère bien cependant que c’est la dernière fois que le groupe de Mickael Guirand prend part à une activité de cette envergure sans un répertoire qui lui est propre. Roody Roodboy, seul artiste solo haïtien du line-up, ne s’est pas donné la peine de préparer un show non plus. Même les danseurs qu’on a pu voir à ses côtés lors de certaines de ses prestations au terroir sont absents. Seul DJ Roger accompagne sur scène le jeune artiste qui n’arrive pas à renouveler au Einsehower Park son exploit au carnaval de Port-au-Prince en février dernier.

L’arrivée de Richard Cavé, hissé sur une nacelle élévatrice en plein jour, ne fait pas grand effet. La performance de son groupe, accompagné bien entendu par Mikaben, a pu toutefois compenser. Les costumes ne sortent pas non plus de l’ordinaire, mais la plupart des groupes ont tenu à présenter une certaine uniformité dans leur tenue. Les messieurs de Vayb en blanc, ceux de Kaï et de Kreyòl La en noir et blanc, Harmonik en noir, combinaisons noires pour Gabel, T-shirts frappés des armes de la République pour T-Vice et T-Shirts et pantalons bariolés de peinture pour Djakout #1.

Mais, bien sûr, toutes fioritures mises à part, l’essentiel, dans des activités de ce genre, réside dans la qualité de la prestation et l’effet que celle-ci a sur le public. Et des groupes comme Kreyòl La, Harmonik, T-Vice et Gabel ont assuré. Il fait encore jour et la pluie commence à peine à tomber quand Kreyòl La investit la scène. Pas de véritable spectacle, mais le groupe compense avec une prestation impeccable. Sans donner dans l’excès de rabòday que certains lui ont récemment reproché, la bande à T-Jo Zenny a véritablement animé la foule pendant le temps qui lui était imparti.

Harmonik qui est au meilleur de sa forme ces temps-ci a démarré sa prestation par un show de danse, comme il l’a fait en Haïti, à certaines occasions cet été. Une jolie jeune femme a retrouvé les musiciens lors de l’interprétation de « Incroyable », et une autre, les a rejoints sur scène pour « Cheri benyen m », aspergeant Mac D d’eau au passage. La réponse du public a été des plus positives.

On ne doute plus que T-Vice a la formule des festivals. Alliant nouveaux hits – Moving on – et anciens succès – l’incontournable Elikoptè – le mèt beton a fait ce qu’il fait mieux : créer l’animation. Des danseuses ont aussi accompagné le groupe au cours de sa prestation, offrant un minimum de spectacle.

À chaque groupe son arme ! Et pour Gabel, c’est tout simplement Flav. Chanteur de charme, adulé par les dames, l’artiste est apparu torse nu, tout en muscles, enveloppé dans une serviette. Il a chanté en distribuant des fleurs dans l’assistance avant de laisser tomber la serviette sous laquelle il portait un pantalon. Dommage pour celles qui ont espéré voir autre chose ! Gabel, qui s’est assuré de rester dans les temps, a arraché des applaudissements spontanés au public.

D’autres groupes comme Klass et Djakout #1 sont carrément passés à côté de leur prestation. Le show de Klass est du déjà-vu. Le groupe connu pour ses longues intros, qui atterrissent d’ailleurs rarement, n’en a fait aucun, mais n’a quand même pas eu le temps de boucler sa prestation. Pas d’efforts non plus au niveau de l’habillement. Klass n’avait visiblement misé que sur son compas pour remporter le pactole. Et cela n’a pas suffi.

Vivement que le prochain album de Djakout soit dans les bacs ! Car ce répertoire que le groupe sort à chaque grand rendez-vous depuis un certain temps ne marche plus. Pire, le micro de Pouchon a refusé de collaborer tandis que le chronomètre était toujours en marche. Shabba a dû sortir de derrière ses tambours pour tenter d’éviter le nauffrage.

Le chronomètre n’a pas été mis en marche pour la prestation de Sweet Micky. De toute façon, le temps du festival était presque écoulé et de plus, le président du compas avait déclaré qu’il ne prenait pas part à la compétition. Pas de spectacle, non plus. Le show, c’est lui, ses mimiques… tout simplement. C’est aussi un Micky au langage châtié, enfin presque, qui a créé l’animation et clôturé sur une note positive le Haitian Labor Day Festival.

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