Revitalisons la justice

Publié le 2017-08-24 | Le Nouvelliste

Editorial -

La rentrée des tribunaux est pour la première semaine d'octobre. Cette année, avec la grève des greffiers, la justice, comme les écoles publiques, a connu un exercice mouvementé. Hachuré. Tronqué. Il y a eu des jours perdus. Des procès non tenus. Des justiciables pénalisés. Déjà que l'appareil judiciaire est défaillant, cette grève a mis des abcès sur nos clous.

Mis à part les arrêts de travail, il faut dire que la bonne tenue de la justice ne préoccupe pas grand monde. Cela fait des années que la plus haute instance du pouvoir judiciaire, la Cour de cassation, est édentée. Il y a des sièges de juges qui ne sont pas pourvus. Le Parlement, d'une législature à l'autre, déjà trois présidents de la République, personne ne se presse pour remédier à la situation.

De haut en bas de la machine judiciaire, il y a des pièces manquantes, des obligations oubliées, des justiciables qui pâtissent du laisser-aller des responsables politiques.

Voilà qu'est mise sur le tapis la question budgétaire. Des voix s'élèvent pour que l'enveloppe allouée à la justice soit multipliée par quatre pour qu'elle passe d'un milliard et quelques millions de gourdes à plus de quatre milliards. Ce ne serait que justice.

Dans un autre registre, la police, indispensable auxiliaire de la justice, espère, elle aussi, des fonds plus consistants pour qu'elle puisse mieux remplir ses missions. "Élémentaire, mon cher Watson", diraient les avertis.

En un mot comme en mille, pour des questions budgétaires comme devant le constat des failles organisationnelles, on peut déjà dire que la tâche ne sera pas aisée pour nos juges, nos commissaires du gouvernement, nos greffiers, nos huissiers et pour les justiciables dans les mois qui viennent si la situation reste en l'état.

Ce mercredi, quand une nouvelle promotion de soixante-sept nouveaux magistrats issus de la 6e promotion de l’École de la magistrature (EMA) a prêté serment ou reçu leur commission présidentielle les habilitant à prendre charge, la question était autant de savoir s'ils auront les moyens pour travailler que s'ils auront la force de rendre justice.

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