Emeute de Lafferronay : trêve observée, libération de l’héritière d’un terrain convoité par la mairie de Gressier

Publié le 2017-08-11 | Le Nouvelliste

National -

La circulation était encore difficile le jeudi 10 août, à hauteur de Lafferronay (Léogâne). C’était dû aux camions de sable renversés sur la route la veille. Car une trêve a été observée par les initiateurs des mouvements de protestation entamés, depuis mardi dernier, pour dénoncer l’entreprise du maire assesseur de Gressier, Ricot Chéry, qui, disent-ils, profitait du problème de délimitation pour voler des terrains aux habitants de la zone. Deux héritières, l’une disant avoir été frappée par des policiers et l’autre arrêtée puis libérée mercredi soir au cours d’une intervention du maire, se sont adressées au journal.

Josette Beauvoir dit être citoyenne française. Elle est venue, accompagnée de ses trois enfants, passer l’été en Haïti, son pays d’origine. Elle nous raconte que le maire Ricot Chéry convoite un terrain possédé par sa grand-mère depuis plus de 60 ans pour «soi-disant» construire une école. Ce dernier, toujours selon ses dires, a débarqué, lundi soir, accompagné de cinq policiers sur la portion de terre. Ne voulant pas obtempérer, elle a été frappée par quatre des policiers avec une arme, lui causant une fracture dans la cheville gauche.

La sœur Marie Altagrâce Jeannot dénonce quant à elle son arrestation qu’elle juge arbitraire. La citoyenne américaine était accusée d’avoir giflé l’un des policiers. Des accusations niées par la concernée. Elle raconte que les policiers l’ont emmenée au commissariat de Gressier pour que les autorités puissent faire pression sur sa famille afin de leur céder le terrain. Ils l’ont même obligée de faire ses besoins toute habillée dans sa cellule, selon elle.

Les deux sœurs disent avoir peur. Car elles se sentent menacées. Mais elles ne comptent pas baisser les bras. Si un projet sérieux doit être réalisé par des autorités compétentes sur leur terrain, elles croient être favorables à des pourparlers en ce sens.

Un citoyen, requérant l’anonymat, ne croit pas qu’une école soit le besoin le plus pressant de la zone. Il se réfère à un bâtiment récemment construit, non fonctionnel faute de moyens. «Il n’y a pas assez d’enfants pour deux écoles nationales. On devrait permettre à celle qu’on a de desservir la population», avance-t-il.

La zone de Lafferronay reste un espace sensible en raison du problème de délimitation entre Léogâne et Gressier. Elle est reconnue officiellement comme faisant partie de Petite-Rivière (deuxième section communale de Léogâne). Pourtant, certains des habitants déclarent les naissances à la mairie de Gressier, obtiennent leurs cartes d’identification et votent dans cette commune, pour cause de proximité et de concentration des services au centre-ville de Léogâne.

Diery Marcelin dierymarcelin@yahoo.fr Auteur

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